Grâce à la digitalisation qui accélère le recueil et le traitement des données comptables, l'expert peut s'investir de plus en plus dans son rôle de conseil et offrir à ses clients un accompagnement de qualité et de proximité.

Cette tendance n'est pas nouvelle. Mais l'actualité des derniers mois a précipité le besoin du cabinet à recruter de nouveaux profils et à former les collaborateurs. Témoignage de Denis Trautmann, Associé, membre du Comité exécutif, en charge du métier ESC (Expertise, Services et Conseil) pour KPMG France qui couvre les services d'expertise comptable, de conseil aux entrepreneurs, principalement à destination des TPE/PME.


L'actualité des derniers mois a été particulièrement riche : les experts-comptables et leurs collaborateurs ont été très sollicités. Qu'est-ce qui a changé chez KPMG ? L'actualité a-t-elle accentué certaines tendances ?

Avec l'actualité des derniers mois, de nombreux changements se sont opérés au sein de KPMG. Dans le cadre de la première phase de confinement, une grande capacité d'adaptation était nécessaire pour travailler à distance avec les équipes et les clients. Les infrastructures en place ont permis de faire face au télétravail et les équipes se sont adaptées avec succès, regrettant néanmoins le manque de contact relationnel direct avec les collègues et les clients.

Ces événements ont provoqué une véritable accélération de la digitalisation au sein de KPMG. La transformation a permis de s'orienter davantage vers ces outils digitaux.

Alors que les équipes ont trouvé leur rythme « de croisière » avec le télétravail, la relation avec nos clients s’est renforcée.

Contrairement aux « pure Player » du digital, nous nous orientons désormais vers une solution intermédiaire avec de vrais contacts humains et des collaborateurs à l'écoute pour répondre aux besoins de nos clients.

La tendance n'est pas à un retour à la situation d'avant crise sanitaire. Elle se trouve plutôt dans un partage entre le télétravail et la présence au bureau ou chez les clients. De nouvelles formes de travail vont sans doute émerger.

Alors que les technologies permettent de nombreux gains de productivité, peut-on dire que l'accompagnement des clients s'est renforcé ?

Il y a deux sujets ici. Le premier sujet est celui des outils digitaux dont la mise en place chez KPMG a commencé bien avant la Covid, dès les années 2010. Le second sujet, qui en découle, est celui de l'accompagnement des clients.

Ces outils permettent des gains de productivité à l'aide des processus de captation des factures ou d'intégration des flux bancaires par exemple. 

Initialement, cela a créé une inquiétude chez certains collaborateurs qui craignaient de voir leurs responsabilités disparaître. Il n'en est rien, car nous les avons accompagnés dans l’évolution de leur métier et formés aux nouveaux outils pour, par exemple, savoir retraiter des données comptables et savoir les analyser. Leur rôle est désormais plus gratifiant. 

C'est un changement fondamental qui concerne aussi bien le collaborateur chargé de la saisie que celui qui révise les comptes
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Tous entrent dans une logique d'accompagnement. Même en période de bilan.

Ils peuvent désormais extrapoler les données qui sortent des comptes, travailler sur les projets de développement de l'entreprise, accompagner le dirigeant chez son banquier, etc.

Avec la diminution et l'arrêt des aides liées à la crise sanitaire, cet accompagnement du dirigeant pourrait bien s'accentuer pour faire face à la reprise de l'activité. Les cabinets ne devraient pas être moins sollicités, bien au contraire.

L'accompagnement à la gestion de trésorerie et les négociations avec les banquiers pourraient devenir indispensables dans les mois et années à venir.

Ces outils permettent des gains de productivité à l'aide des processus de captation des factures ou d'intégration des flux bancaires par exemple.

Certains services de KPMG se spécialisent pour aider les entreprises à définir leurs stratégies. Une fois qu'elles sont clairement définies, l'expert-comptable ou plutôt l'expert-conseil chez KPMG va challenger le client sur la mise en œuvre de cette stratégie.

Il peut apporter un regard différent, celui du « médecin généraliste » qui a une vision transversale en finance, gestion, droit, comptabilité.

Cela se traduit par une rencontre régulière, mensuelle ou trimestrielle avec les clients pour faire le point sur le business plan et son avancement.

Et pour autant chez KPMG, ce rôle est dévolu très tôt dans les parcours de carrière aux collaborateurs et aux experts-comptables, avec des cycles de formations dédiés et réguliers. Au début, le collaborateur débutant sera en binôme avec un collaborateur plus expérimenté ou un expert-comptable pour se former.

Comment la transformation des métiers impacte-t-elle le recrutement et la formation des collaborateurs au sein de KPMG ? Quel avenir peut-on imaginer avec l'analyse des données ou les futures technologies ?

Les parcours au sein de KPMG peuvent désormais prendre deux voies, au choix des collaborateurs. Il s'agira de se tourner soit vers l'accompagnement et le conseil, soit vers le digital.

Le digital permet de faire appel à des compétences nouvelles : le futur collaborateur peut avoir effectué un parcours en comptabilité et gestion (y compris DCG ou DSCG) et être très à l'aise avec les outils digitaux innovants. Il pourra alors s’orienter vers la gestion de la data.

Le futur collaborateur peut aussi venir d'un cursus un peu différent, comme un parcours en école de commerce ou IAE, avec une spécialité business. Aujourd’hui, le futur collaborateur peut se spécialiser grâce à ces cursus dans l’analyse de données tout en se formant à la comptabilité.

Grâce à des formations spécifiques, pour le collaborateur, la finalité sera de maîtriser l’analyse de données pour les utiliser pour nos clients entrepreneurs et être leur partenaire de confiance.