La crise du COVID-19 a frappé le secteur de plein fouet : aux quatre coins du monde, la plupart des chaînes de production industrielle ont dû être mises à l’arrêt, entraînant de fait une forte baisse de la demande et un arrêt forcé de la production. La situation revient progressivement à la normale mais il faudra un certain temps avant que le secteur retrouve le niveau de production qui était le sien avant la pandémie. Les problèmes structurels de surcapacité qui persistent depuis de nombreuses années dans le secteur compliquent la reprise. De plus, l’industrie métallurgique dépend d’une poignée de marchés de destination en ce qui concerne ses produits, à l’instar du secteur automobile. Le rythme de redressement de ce secteur et des autres marchés stratégiques pour l’acier déterminera la vitesse de rebond de la production. Le principal enseignement à retenir est de définir la bonne stratégie de gestion de portefeuille, de développer des stratégies durables pour répondre à l’impératif de décarbonisation de la production métallurgique et d’exploiter pleinement les opportunités qu’offrent la numérisation des méthodes de travail et les concepts I4.0.

Il y a fort à parier que la crise mettra à rude épreuve principalement les fabricants les plus exposés. Le secteur est confronté à un problème endémique de surcapacité et devra procéder à une rationalisation des capacités de production. Il devra impérativement se concentrer sur la gestion des portefeuilles dans les prochaines années. Nous avons déjà constaté que certaines entreprises mal en point ont fini par faire faillite. Néanmoins, l’industrie métallurgique reste un secteur stratégique et pourvoit de nombreux emplois dans les pays développés et les pays émergents. Par conséquent, il ne serait pas surprenant de voir les gouvernements aider directement ce secteur. Les efforts entrepris pour réduire les dépenses d’investissement et les fonds de roulement opérationnel et pour gérer les effectifs resteront une priorité. La demande et la production en Chine et en Inde, et en provenance de ces deux pays, continueront également à déterminer les dynamiques de marché du secteur.

Enfin, la décarbonisation restera un enjeu d’importance majeure pour l’avenir du secteur.  Les industriels qui n’en font pas une priorité absolue auront bien du mal à attirer les investisseurs par la suite. Décarboniser le secteur requiert des changements radicaux tant en ce qui concerne les produits proposés que les modes de production. Le secteur devra également investir dans la création de nouvelles sources d’énergie car le charbon est voué à devenir de moins en moins viable avec le temps.