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L’épidémie de coronavirus fait craindre dans notre pays qu’un grand nombre de TPE et de PME subissent de plein fouet une contraction considérable d’activité que l’Insee estime déjà à une perte équivalente à 3 points de PIB pour l’économie française pour un seul mois de confinement.

Dans cet environnement incertain, les entreprises françaises de moins de 250 salariés pourraient être exposées à un risque de dégradation de leurs relations avec les grands donneurs d’ordres installés sur le territoire national.

C’est pourquoi l’association Pacte PME, dont la mission est de s’assurer d’un dialogue constructif et équilibré entre les grands comptes privés et publics d’une part et les PME d’autre part, a interrogé sous forme d’enquête entre le 27 et le 30 mars derniers ses adhérents sur leurs pratiques collaboratives s’agissant de leur relation contractuelle à l’occasion d’un acte d’achat avec les PME et les ETI françaises dans le contexte de la présente crise sanitaire. 

26 grands comptes et collectivités publiques représentant à eux seuls plus de 102 milliards d’euros d’achats annuels (dont plus d’un tiers est orienté vers les PME) ont accepté d’y répondre et de faire part des adaptations de leurs relations avec plus de 350 000 PME et ETI installées en France en période de pandémie covid-19 : 

Aéroports de Paris (ADP), Airbus, Air Liquide, Aix-Marseille Provence métropole, Alstom, Ariane Group, BNP Paribas, Bouygues Construction, CEVA, Direction des Achats de l’Etat (DAE), EDF, ENGIE, KPMG, Métropole de Lyon, MBDA, Naval Group, Randstad, RATP, RTE, Safran, Sanofi, Schneider Electric, Siemens France, SNCF, Société Générale et Thales.

Issue des secteurs public et privé et provenant d’une pluralité de filières de l’économie française, la quasi-totalité d’entre eux (88%) déclare avoir pris des initiatives pour limiter l’impact du choc économique créé par l’épidémie sur leurs PME fournisseurs ou être sur le point de le faire.

Tous ont déjà commencé à informer leurs PME fournisseurs de leurs initiatives.

Ces initiatives pour aider leurs PME fournisseurs à surmonter la crise concernent plus particulièrement la prévention de l’arrêt des livraisons de produits/prestations dû à la baisse significative de leurs capacités productives, la prévention des difficultés de facturation, la volonté de prévenir un allongement des délais de paiements, l’objectif d’éviter la suspension/annulation de commandes ou encore la prévention de l’application de pénalités de retard.

D’autres initiatives de leur part visent également et prioritairement à :

- allonger de plusieurs semaines des délais consentis pour les appels d’offres,

- envoyer des questionnaires aux fournisseurs pour identifier de potentielles ruptures dans la "Supply Chain" et à questionner d’éventuels besoins de soutien de leur part,

- enfin, communiquer sur la continuité des activités de traitement des factures.

La plupart des groupes et collectivités entendent aller plus loin dans les initiatives qu’ils prendront dans les jours à venir pour protéger les PME. Certains d’entre eux envisagent, par exemple, d’élargir les règles de dématérialisation des factures et paiements afin d’accélérer les règlements, d’informer les PME sur les possibilités de saisir les médiations en cas de litige ou encore d’écrire à leurs fournisseurs pour les informer de leur objectif de fluidification du traitement des factures.

Plus de la moitié des répondants n’ont pas encore, à ce stade, une vision claire de la criticité des risques économiques encourus par leur PME et ETI fournisseurs. Mais plusieurs ont déjà commencé à l’estimer sur le plan quantitatif, et recherchent déjà les voies les plus efficaces pour leur venir en aide.

C’est pourquoi Pacte PME, qui anime au quotidien le dialogue inter-entreprises, ne manquera pas de poursuivre son étude d’impact dans les prochaines semaines en associant ses adhérents grands comptes et collectivités publiques.