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Infrastructure Megatrends

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Les 10 tendances majeures appliquées au secteur des infrastructures en 2019.

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Nous avons conscience que nombre de faits politiques ont récemment ébranlé l’opinion mondiale. Divisions, sociétés fracturées, accords commerciaux remis en cause. Ce climat n’est toutefois pas un frein au développement du marché des infrastructures. De nombreux indicateurs contredisent les gros titres des journaux et prouvent que les grands projets se poursuivent en dessous du bruit de la politique internationale.

Xavier Fournet, Associé KPMG, Responsable Infrastructure et Construction, revient sur les tendances clés qui impacteront le secteur des infrastructures en 2019 sur le plan mondial.
 

La sphère publique tente de réaffirmer son rôle face à la technologie

Le rythme accéléré des innovations va bousculer le marché et pousser les autorités publiques à remettre en cause leurs stratégies. La réponse orchestrée depuis peu souligne une réaffirmation de la réglementation, une attention importante sur la gouvernance des projets ainsi que sur le périmètre et la qualité de la prestation de services. Les services de covoiturage ont par exemple perturbé les modèles de transport en commun, recomposé les habitudes, réorienté les investissements et élevé les préoccupations portant sur la congestion et la sécurité des passagers. Bien que les gouvernements souhaitent maintenir un certain niveau de régulation, la vitesse à laquelle les changements technologiques et sociaux avancent est supérieure à la capacité qu’à la puissance publique pour les organiser, voir de les maitriser.

La donnée : un vecteur de croissance de l’efficacité opérationnelle des infrastructures

Les données seront désormais exploitées pour développer l'efficacité opérationnelle des infrastructures. Elles permettront d’en augmenter la productivité, de prolonger la durée de vie des actifs, de réduire les coûts d'exploitation et de maintenance, de superviser les prestations de services et d’évaluer la valeur des investissements, autant de cas d’usage à venir de la data science dans le secteur. Dans ce contexte, la règle empirique cède la place au traitement de données et à l’analyse prédictive. Pour exemple, un opérateur en mesure de prévoir les pannes peut intervenir en avance, réaliser des économies sur les coûts opérationnels tout assurant un fonctionnement optimal de ses actifs. L’enjeu pour les acteurs privés et publics va être de standardiser le stockage de données et d’en formaliser la valeur sociétale afin de faire émerger un consensus autour de sa propriété, de son partage et de sa protection.

La renaissance des mégaprojets

Les mégaprojets prennent et vont prendre une ampleur et complexité sans précédent. Le nouveau pont reliant Hong Kong à Macao et Zhuhai, le corridor économique oriental de la Thaïlande et le parc solaire de Dubaï, illustrent cette tendance. Certains ont souffert de leur politisation. D’autres ont été annulés en lien avec des enjeux fiscaux ou de transparence. La question de la capacité technique est également critique car peu d’entreprises nationales sont en mesure de livrer des mégaprojets dans les budgets et temps impartis avec la qualité attendue. Les maitres d’ouvrage seront souvent contraints de choisir entre un consortium onéreux d'entreprises locales expérimentées, prendre un risque en acceptant des acteurs inexpérimentés ou faire appel à des concurrents étrangers : choix difficile.

Les marchés émergents : source d’opportunités corrélée à un accroissement des risques

La concurrence s’accroit dans les pays en voie de développement. Les acteurs de l’infrastructure s’y intéresseront de plus en plus à la recherche de meilleurs rendements et marges. Dans cet environnement, les agences multilatérales dont la Banque Mondiale et la BEI jouent un rôle clé en facilitant l’investissement et le recours à la finance mixte (fonds de développement, investissement privé et subventions publiques). Un regain de rigueur dans le montage des projets par une analyse de faisabilité technique et financière plus solide sera salutaire, d’autant qu’avec la croissance des flux financiers et des garanties, les entrants se multiplient et l’équilibre entre risque et rendement pourrait être fragilisé.

Davantage de rigueur dans la gestion des infrastructures grâce au Data Analytics

L’analyse de données permet aux autorités une planification opérationnelle et financière plus efficace. Cette dernière s’accompagne d’une reconnaissance accrue de la transparence et du consensus dans la prise de décision. Le Canada a récemment publié sa première enquête sur l'infrastructure publique, un inventaire complet fournissant un énoncé de l'état et de l'étendue des actifs. D’autres gouvernements souhaitent comprendre comment leurs décisions influencent l'environnement bâti. Singapour travaille actuellement sur son jumelage numérique et KPMG a collaboré avec les autorités pour créer un modèle en mesure de produire une représentation spatiale évolutive.

Le développement durable s’inscrira de plus en plus dans le courant dominant

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU sont largement reconnus dans le secteur privé et la société civile. L’évaluation des politiques publiques au travers des ODD va se généraliser, les conseils d’administration intègreront davantage la durabilité dans leur feuille de route, les investisseurs s’intéresseront de plus en plus aux projets durables. Ce mouvement est catalysé par l’acteur public en quête d’avenir durable. La durabilité n’est pas qu’une question d’impact environnemental, il s’agit aussi de la durabilité financière, opérationnelle et technologique. Les ODD agissent comme un outil d’analyse permettant aux opérateurs d’adopter une attitude critique à l'égard de leurs investissements.

Le progrès l'emportera sur la division

Les divisions politiques sont à la hausse, les sociétés se fracturent, les accords commerciaux multilatéraux s'ébranlent. Pourtant, même si les médias laissent entendre que les accords mondiaux sont fragilisés, des progrès ont été réalisés au-delà des gros titres. L'adoption du partenariat transpacifique remodelé montre qu’il est possible d'obtenir davantage de certitudes pour un commerce mondial stabilisé. Les collaborations multinationales se poursuivent également, qu’ils s’agissent par exemple des travaux sur le gazoduc Nord Stream, de l'achèvement de la voie rapide Europe occidentale - Chine occidentale. C'est en dessous du bruit de la politique internationale que les grands progrès se réalisent. Dans ce contexte, il faudra réévaluer les portefeuilles de projets d’infrastructure de transports, d’énergie mais aussi de télécommunications. Corolaire de cette démarche, il faudra aussi mieux répartir les risques entre les parties prenantes.

La concurrence par les nouvelles technologies s'intensifiera

Mondialement, la production d’énergie renouvelable est en pleine croissance, la chute du prix des panneaux solaires et des turbines éoliennes appuie cette tendance alors que la dé-carbonisation est et sera une priorité publique. Certains opérateurs ont parié sur les économies d’échelle pour baisser les coûts. Les gouvernements européens s’éloignent eux des tarifs d'achat au profit d'accords d'achat, réduisant ainsi les marges et rendements au profit d’un coût moindre pour le consommateur. En Asie, la concurrence ne fait que commencer. D'ici 2025, Taïwan espère porter la part des énergies renouvelables à 20 %. La plupart des pays en développement se positionnent également. A l'Ouest, les gouvernements bien que pénalisés par des réseaux d'infrastructures vieillissant, misent sur les énergies renouvelables même si l’acceptabilité par le consommateur du coût de cette transformation devra encore évoluer.

Le client devient roi

Les citoyens interagissent désormais avec l'infrastructure d'une manière nouvelle et inattendue. La popularité du covoiturage indique une préférence pour le trajet de point à point plutôt que d'utiliser un mode de transport à itinéraire fixe. L'évolution vers le travail à domicile et les achats en ligne suggère que l'accès aux renseignements en temps réel est une donnée majeure qui va de plus en plus guider les comportements et auxquels devront s’adapter les nouvelles infrastructures. Leurs connexions avec les usagers sera un enjeu crucial pour optimiser à la fois leurs performances et en faire accepter le coût tant la perception du service rendu sera supérieur au prix payé. Ainsi, par exemple, il est probable que demain la valeur d’une concession autoroutière sera davantage composée par son portefeuille clients plutôt que par la durée du contrat ou le coût de revient de l’ouvrage concédé.

L'interdépendance comme principal moteur de croissance

Pour multiplier sa rentabilité et son impact, tout acteur doit penser son intégration dans l’environnement. L’émergence des smart city est le témoignage de cette nécessité d’une programmation coordonnée des investissements pour, à partir des besoins des usagers, repenser, grâce à la technologie, des infrastructures efficientes, durable et acceptables par leur environnement.

Le secteur va continuer d’être bousculé par un grand nombre de facteurs technologiques, politiques et climatiques. La donnée transformera les manières de prévoir, penser et construire les infrastructures. Elle définira de façon plus en plus radicale les stratégies gagnantes. L’intégration technologique ne sera plus une option, elle se confondra avec le cœur de métier du secteur tout en ne demeurant qu’un moyen pour satisfaire les besoins des « clients ». L’usager doit être placé au centre de toute les réflexions, bien avant la technologie à peine d’édifier de nouveaux « Eléphants Blancs ». Ainsi, pour assurer une pérennité à la croissance du secteur des infrastructures, il parait nécessaire pour les acteurs d’intégrer ces différentes tendances dans leur stratégie de développement sur le long terme.
 

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Rizana Siddique
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