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Etude Nos experts ont réalisé une étude prospective sur la filière automobile française à l’horizon 2040. Elle se donne pour objectif d’identifier les stratégies gagnantes pour renforcer la compétitivité internationale de la filière en tirant profit des nouvelles tendances du marché. L’étude menée s’est nourrie d’entretiens en Europe et en France.

 

 

La macroéconomie européenne

Pilier économique français regroupant la production amont traditionnelle et les segments avals directement adjacents, le secteur automobile concentre aujourd’hui une part significative des revenus et de l’emploi national.

458 Mds €

de revenus

1,2 M

d'emplois

2,3 M

de véhicules produits par an

Reconnue à l’étranger, la filière automobile française bénéficie d’un positionnement stratégique fort, soutenu par des ressources et infrastructures favorables, ainsi qu’une forte réactivité du privé et de l’Etat, en particulier sur les sujets d’innovation. Elle dispose notamment de ressources énergétiques favorables lui permettant de produire de l’électricité plus verte que la moyenne européenne (64 gCO2 rejetés par kWh, bien en dessous des émissions de CO2 d’une majorité de pays européens).

La filière automobile française voit néanmoins son développement ralenti par un manque significatif d’investissements et de coopération stratégique entre les acteurs, se traduisant in fine par un positionnement limité sur certaines technologies ou géographies.

Tendances futures et enjeux associés

Pour tirer pleinement profit des nouvelles tendances du marché, l’écosystème automobile français devra adresser l’ensemble des enjeux technologiques et économiques qui y sont associés. Au cours des 20 prochaines années, l’écosystème des mobilités français sera principalement impacté par 6 grandes tendances.

Renforcement des attentes Environnementales

Renforcement des comportements de consommation et des réglementations visant à promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement tout au long du cycle de vie des véhicules

Migration de la valeur dans les technologies

Part accrue de multiples briques technologiques parfois concurrentes dans la valeur des véhicules et dans la croissance de l’écosystème automobile au sens large.

Commoditisation de la mobilité

Proposition, par les acteurs du tourisme, d’offres de mobilité adjacentes à leurs activités cœurs pour capter davantage de valeur de leur clientèle.

Morcellement du paysage énergétique

Développement simultané d’une multitude de véhicules et prototypes basés sur des socles énergétiques variés : batterie électrique, pile à combustible, gaz naturels, etc.

Développement du Mobilityasa-Service

Développement d’une multitude d’offres captant progressivement les nouveaux besoins clients du produit vers le service, et de l’individuel vers le partagé.

Encadrement réglementaire des externalités

Affirmation du rôle des collectivités dans l’encadrement de la filière et la régulation des externalités, de manière proactive, stable dans le temps et homogène à tous niveaux.

Stratégie gagnante

Auto 2040 : Etude prospective sur la filière automobile française
Auto 2040 : Etude prospective sur la filière automobile française
Auto 2040 : Etude prospective sur la filière automobile française
  • Pour soutenir une innovation responsable, l’écosystème automobile européen devra s’aligner sur le développement prioritaire d’un nombre limité de systèmes de distribution énergétiques et groupes motopropulseurs ciblés.
  • Pour soutenir la pénétration de l’électrique, la filière amont devra sécuriser le développement de batteries recyclables moins chères, à l’autonomie accrue et au temps de recharge diminué. Les énergéticiens et acteurs du BTP devront quant à eux redimensionner le réseau électrique et soutenir l’installation massive de points de charge.
  • Pour garantir l’émergence de l’hydrogène, la filière amont devra encore travailler sur l’architecture des véhicules, tout en réduisant le coût des piles à combustible (notamment via les électrodes). Les énergéticiens devront par ailleurs industrialiser des méthodes de production plus vertes et plus rentables (e.g. électrolyse) tout en garantissant des modes de stockage et de distribution du carburant plus pérennes.
  • Pour faire face au challenge du véhicule autonome, la filière devra garantir l’interopérabilité de l’électronique embarquée avec les infrastructures dédiées (e.g. 5G, routes et signalisation intelligentes, etc.), ainsi qu’avec les véhicules manuels. L’Etat devra en outre adapter la réglementation (e.g. code de la route, partage des responsabilités), tout en aidant les constructeurs à convaincre les utilisateurs finaux encore réticents aujourd’hui.
  • Pour garantir l’émergence responsable du MaaS (Mobility-as-a-Service), un nombre réduit de plateformes, reposant sur des partenariats gagnant-gagnant entre l’ensemble des acteurs de l’écosystème, devront garantir une expérience utilisateur simple, multi-services et accessible àtous, de partout et à tout moment.

Nouveaux modèles d’activités gagnants

Pour réussir, la filière devra soutenir l’émergence de nouveaux modèles d’activité capables de surmonter les enjeux technologiques et économiques à venir. Les besoins de mobilité feront émerger plusieurs modèles gagnants le long de la chaîne de valeur, dominée par des plateformes multiservicielles. 

Des assistants de mobilité B2C proposant à l’échelle locale ou nationale l’ensemble des modes de transports et services de mobilité (e.g. réservation, paiement, etc.) via une tarification forfaitaire modulable.
Des agrégateurs de mobilité en marque blanche, jouant le rôle d’intermédiaires back-office entre opérateurs de flotte et distributeurs de mobilité commoditisés.
Des assistants de mobilité B2B offrant aux entreprises un monitoring complet des déplacements de leurs employés via les opérateurs de flotte partenaires. 
Des opérateurs de flotte publics ou privés (multi-) régionaux à taille critique référencés par les opérateurs MaaS et agrégateurs.
Des constructeurs automobiles étendant leur activité aux services de mobilité face à l’émergence des opérateurs de flotte pure-players. 
Des Mobility Control Hubs fournissant des solutions I.T. de suivi / monitoring de la mobilité dédiées aux Autorités Organisatrices de Mobilité (AOM) et éventuellement aux plateformes de MaaS.
gg

Impact macroéconomique associé

En cas de succès, la transformation de l’écosystème aura un impact significatif sur l’ensemble de l’économie française à horizon 2040.

+59%

C’est l’augmentation des revenus cumulés estimée de la filière automobile d’ici 2040

La transformation progressive de l’écosystème pourrait entraîner une forte croissance de ses revenus cumulés, pouvant atteindre jusqu’à 267 milliards d’euros supplémentaires (majoritairement issus d’activités encore inexistantes en 2018). 

Une telle transformation reste conditionnée à la réalisation progressive d’investissements massifs pour un total de 140 milliards d’euros, qui devront être portés à la fois par les acteurs du public et du privé.

A contrario, l’inaction entraînerait notamment une baisse massive des revenus et des emplois de la filière, de l’ordre de 60% des valeurs 2018 sur l’ensemble de la période. 

-60%

C’est la baisse des revenus estimée passant de 458 milliards en 2018 d’euros à 190 milliards de CA en 2040

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