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L’orange de Noël : une tradition perdue

L’orange de Noël : une tradition perdue

[Décryptages – Générations]

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Les enfants d’aujourd’hui seraient déçus s’ils ne trouvaient que des oranges au pied du sapin. Depuis le début de l’usage des cadeaux de Noël au XVIIIe siècle jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, leurs aînés se sont pourtant réjouis de s’en voir offrir une fois par an ce jour-là.

Sous l’Ancien Régime, les orangers foisonnent autour de la Méditerranée mais c’est sous serre qu’on les cultive ailleurs en France. De ce fait elles sont chères. Seuls les aristocrates les plus fortunés peuvent se permettre d’en acheter régulièrement. L’orange est un produit de luxe que, dans le peuple, on réserve à la fête de Noël.

Cette pratique de l’orange de Noël se prolongera jusqu’à ce que le développement des transports et les importations rendent le fruit accessible à tous les consommateurs. A partir du milieu du XXe siècle, on cesse d’en faire cadeau. Les enfants du baby-boom mangent des oranges tout au long de la saison. La tradition d’en offrir à Noël se perd.

Les oranges conservent cependant un statut particulier parmi les fruits : on continue d’en promettre à ceux que la prison menace. L’orange de Noël serait-elle restée synonyme de luxe derrière les barreaux ? En vérité nullement. L’expression "apporter des oranges" trouve son origine dans le bal des Quat'zarts organisé jusqu’en 1966 par les étudiants des Beaux-Arts de Paris. En 1892, le bal se tient au Moulin-Rouge. Selon l’usage que les étudiants des Beaux-Arts partagent avec les internes en médecine, on s’encanaille. Mlle Royer, dite Sarah Brown, jeune modèle, est surprise dans un déshabillé qui lui vaut des poursuites judiciaires, ainsi qu’à plusieurs de ses camarades, bien que la fête se déroule dans une salle privée.

Au moment du procès qui s’ensuit, le poète Raoul Ponchon s’exclame : "Ô ! Sarah Brown ! Si l'on t'emprisonne, pauvre ange / Le dimanche, j'irai t'apporter des oranges." Autant que la rime, c’est l’image festive qu’a alors l’orange qui explique le choix de ce fruit par le poète. La jeune femme n’ayant été condamnée qu’à une peine de principe avec sursis, Ponchon n’apportera pas ses oranges, Mais contrairement à celles de Noël, les siennes survivent dans le langage.

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