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L’achat de l’Alaska : une bonne affaire

L’achat de l’Alaska : une bonne affaire

[Décryptages - International]

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En 1867, les Etats-Unis ont acheté à l’Empire russe l’ensemble de ses territoires nord-américains, qui constituent aujourd’hui l’Alaska. Après avoir proposé un prix de 5 millions de dollars, Washington a fini par accepter de payer 7,2 millions de dollars, soit 180 millions de fois le prix d’un exemplaire du New York Times en ce temps. Ce montant est équivalent à 120 millions de dollars d’aujourd’hui, soit 80 millions de fois le prix actuel du grand quotidien new-yorkais. Cette transaction pour un montant qui paraît rétrospectivement dérisoire s’explique par le contexte géopolitique de l’époque.

Au cours de la guerre de Crimée, dont la Russie est sortie vaincue par la France et le Royaume-Uni en 1856, le tsar Alexandre II a pris conscience que ses possessions en Amérique du Nord auraient été indéfendables si la Royal Navy avait décidé de s’en emparer. Tout juste monté sur le trône et animé d’un esprit réformiste et pragmatique, le jeune empereur décide de se séparer de ce territoire réputé pauvre en ressources naturelles, peu peuplé et difficile à protéger.

La logique géographique voudrait que l’Alaska soit cédé au Canada, alors encore colonie britannique. Mais Alexandre ne souhaite pas traiter avec son ancien ennemi de la guerre de Crimée. C’est donc vers les Etats-Unis qu’il se tourne. La guerre de Sécession (1861-1865) retarde les discussions. Une fois la paix revenue, elles peuvent s’engager.

Le gouvernement américain, irrité par l’attitude anglaise parfois favorable aux Etats du Sud pendant la guerre civile, ne souhaite pas voir le Royaume-Uni étendre son influence en Amérique du Nord. Il accueille favorablement le projet du tsar et l’encourage même. A Washington, le Secrétaire d’Etat Steward s’enthousiasme pour cette acquisition. Il est soutenu par les pêcheurs américains de baleines qui craignent de voir leur activité freinée si l’Alaska revient au Canada. Mais, au Congrès, beaucoup s’interrogent sur l’intérêt d’acheter un territoire de 1,6 million de km2, difficilement accessible, non contigu et tout juste peuplé de 10 000 habitants. La vente est cependant conclue le 30 mars 1867, puis ratifiée en 1868 après une longue bataille parlementaire.

Pendant trente ans, les Américains penseront avoir fait une mauvaise affaire. Mais la découverte de mines d’or dans les dernières années du XIXe siècle puis de riches ressources en hydrocarbures au cours du siècle suivant change la donne. Aujourd’hui, l’Alaska compte 730 000 habitants et assure 17% de la production pétrolière américaine.

Cette réussite a encouragé les Etats-Unis à poursuivre leur politique d’acquisition de territoires. Après avoir acheté, dans la mer des Caraïbes, les îles Vierges au Danemark en 1917, Washington a suggéré secrètement à Copenhague, en 1946, de lui vendre le Groenland pour 100 millions de dollars de l’époque, soit 1,2 milliard de dollars d’aujourd’hui. Dix fois le prix de l’Alaska !

L’achat de l’Alaska : une bonne affaire

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