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Revue des impacts du Brexit pour les Institutions Financières

Impacts du Brexit pour les Institutions Financières

Entretien avec Stéphane Dehaies, Partner Advisory, Référent Brexit pour les Institutions Financières.

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Stéphane Dehaies, Associé, Banque & Fintech

Associé, Banque & Fintech

KPMG en France

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Revue des impacts du Brexit pour les institutions financières : entretien avec Stéphane Dehaies, Partner Advisory, Référent Brexit pour les Institutions Financières, KPMG France

Comment êtes-vous devenu Référent Brexit de KPMG France ?

Tout d’abord en travaillant et vivant depuis plus de 10 ans entre Paris et Londres, j’ai vécu le référendum et les débats de l’intérieur tout en étant sensible aux différentes positions sur le sujet. J’ai notamment  collaboré avec de nombreux spécialistes Européens et Britanniques sur des approches pragmatiques et constructives pour gérer les impacts du Brexit et anticiper au mieux un avenir incertain.

Mais aussi par mon expérience professionnelle au service de mes clients en tant qu’ancien dirigeant effectif d’un grand groupe bancaire britannique basé au Royaume-Uni et, depuis un an, en tant qu’Associé KPMG en France, je me suis forgé des convictions sur les impacts à court et long terme de ce vote historique pour les services financiers et leurs clients, en particulier sur :

– les liens économiques étroits actuels et la réorganisation des échanges commerciaux futurs entre les 2 pays ;

– les impacts bancaires et non-bancaires de ce vote sur les devises, les financements, la fiscalité, la réglementation, les chaînes logistiques, l’infrastructure, les ressources, les scénarios de relocalisation et les structures opérationnelles requises pour limiter l’impact du Brexit pour les clients des Institutions Financières.

Malgré ces incertitudes et ces potentielles contraintes, je reste convaincu comme de nombreux clients et partenaires que le Brexit doit être également perçu comme une opportunité pour repenser nos relations commerciales, présentes et futures.

 

Où en est-on sur le Brexit ? 

Le Royaume-Uni a jusqu’au 31 octobre au plus tard pour ratifier l’accord de retrait, ou il sortira de l’Union européenne sans accord. Chacun doit donc se préparer à tous les scénarios : celui d’un accord de retrait ratifié par les deux parties, même si celui-ci a déjà été rejeté à trois reprises par les députés britanniques début 2019, mais également à un no deal s’il n’y a pas d’entente. Dans le cas d’une ratification de l’accord, la période de transition entrera alors en vigueur. En revanche, si l’accord de retrait n’est toujours pas ratifié le 31 octobre 2019, alors le scénario du no deal s’appliquera à compter du 1er novembre 2019.

De son côté, la Commission européenne a clairement fait savoir qu'elle ne renégocierait pas, même si à ce jour, il y a encore un certain nombre de sujets non résolus. Le plus complexe est celui de l'accord avec l'Irlande du Nord. Sur ce point, le nouveau Premier Ministre britannique ne semble pas être prêt à un compromis.

Même si aujourd’hui un Brexit sans accord semble le scénario le plus probable, tout est encore possible et cela dépendra de la confiance (à construire par des faits) entre les dirigeants politiques du Royaume-Uni et des représentants de l’UE pour construire de nouveaux projets cohérents et les bases d’une future relation. Mais pour les entreprises cette incertitude nécessite une analyse du risque "mouvante" et donc des choix qui ne se stabiliseront qu’après ce moment politique, avec un seul objectif qui sera de se préparer aux futures relations commerciales bi-latérales pour le bien de leurs économies et l’avenir de leurs concitoyens.

 

Quelles sont les implications pour les Institutions Financières ?

La certitude que nous pouvons d’ores et déjà avoir sur le Brexit est que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura des implications multisectorielles importantes en Europe et, dans une moindre mesure, dans le monde ; les effets se font déjà ressentir sur les Institutions Financières et sur leurs clients.

Le scénario dit du no deal auquel se prépare la majorité des Institutions Financières depuis plus de deux ans, va obliger les banques à s’adapter, entre autres, à de nouvelles contraintes, qu’elles soient réglementaires ou juridiques, mais aussi à revoir leur gestion des risques et l’optimisation de leurs ressources et infrastructures.

Ces contraintes se déclinent en impacts clients et opérationnels. Nous avons identifié plusieurs thématiques majeures sur lesquelles les Institutions Financières et leurs clients vont devoir réfléchir, qu’elles soient l’objet d’un changement temporaire ou structurel. Quelques exemples :

– les devises et les fluctuations plus volatiles de la livre sterling ainsi que la mise en place de chambres de compensation ;

– les chaînes logistiques qui fonctionnent aujourd’hui sur le principe du marché unique et qui demain ("post-Brexit") seront impactées par la mise en place de droits de douane ou autres barrières techniques ;

– les systèmes de paiement transfrontalier entre l’Europe et le Royaume-Uni ;

– les contrats qui régissent, entre autres, les accords de financement avec leurs clients et leurs partenaires commerciaux ;

– les finances, financements et les impacts sur les accès aux marchés de capitaux plus coûteux, sur les besoins en liquidité ou encore sur les besoins en fonds de roulement des entreprises dûs à l’allongement et la complexification de la chaîne d’approvisionnement ;

– le capital humain et la libre circulation des personnes et de leurs données ;

– les infrastructures technologiques ;

– la fiscalité et les réglementations ayant des impacts importants sur la structure des opérations … etc.

Les prochaines semaines seront décisives et constitueront un premier test en vue du 31 octobre. Elles seront en effet clés pour évaluer le niveau de robustesse des modèles opérationnels sélectionnés et toujours en cours d’implémentation. Il faudra donc être attentif aux surprises et aux angles morts non anticipés. Il est nécessaire d’adopter une approche agile pour faire face à cette transformation de l’écosystème britannique et de la chaîne opérationnelle des banques, et de veiller à avoir un minimum d’impact sur la continuité de l’activité, la qualité de service client et sur le niveau de rendement des Institutions Financières.

 

Comment KPMG peut-il aider les Institutions Financières ?

Nous accompagnons les Institutions Financières (Banques et sociétés d’Assurance) en France dès l’analyse de la viabilité et de la maturité des modèles de transformation en cours d’implémentation en lien avec le Brexit. Nous apportons également notre assistance dans la mise en place de modèles opérationnels cibles, et de centres d’excellence dans l’optimisation des ressources et dans la priorisation de la migration clients. Nous intervenons du design à l’exécution en BAU, et en ligne avec la stratégie identifiée par nos clients. 

Avec nos équipes cross-sectorielles et multi expertises (Stratégie, Operations, Clients, Achats, IT, RH, Juridique & Fiscal…) qui sont en contact permanent avec leurs collègues britanniques, nous recommandons de mettre en place une "taskforce" pour réaliser un Fast Scan Brexit  en 4 semaines suivant les priorités de votre métier. L’objectif est d’identifier et de prioriser les actions à mener dans les six prochains mois afin de limiter l’occurrence d’impacts du Brexit pouvant représenter un risque pour la continuité de l’activité et/ou un frein au développement commercial.

In fine, l’ambition est aussi et surtout de pouvoir transformer ces contraintes en réelles opportunités Business, réalisables à court ou moyen terme tout en préservant la qualité de la relation économique et commerciale intense de nos clients entre la France et le Royaume-Uni.


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