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Le carnaval : une marque de luxe ?

Le carnaval : une marque de luxe ?

[Décryptage - International]

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Il y a un siècle, au début de 1919, le Carnaval de Paris, l’une des fêtes les plus populaires de la Ville Lumière, s’apprête à renouer avec sa tradition après l’interruption de la guerre. Mais le préfet de police interdit les confettis et les serpentins qu’il estime inappropriés trois mois seulement après la fin des combats. En l’absence à l’époque d’un maire à Paris, le défilé est organisé par une association. Celle-ci n’est pas en état de résister à la décision de la préfecture. Le Carnaval de Paris amorce un déclin qui le conduira à sa disparition complète au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La Promenade du Bœuf Gras, organisée à l’occasion du Mardi Gras, s’efforce depuis une vingtaine d’années de ressusciter l’esprit carnavalesque, mais demeure une manifestation d’importance secondaire dans la capitale.

Paris est une exception. En France comme à l’étranger, les carnavals prospèrent dans la plupart des villes qui ont l’habitude de les organiser. Les racines de ces fêtes païennes remontent à l’Antiquité. D’abord combattues par l’Eglise, elles se sont installées dans le calendrier chrétien comme un moment de défoulement avant la période du Carême.

Issu du latin carnelevare, carnaval signifie étymologiquement « qui enlève (levare) la viande (carne) ». Son principe est qu’on y change de peau en se travestissant et que, n’étant plus soi-même, on peut s’affranchir, pour un temps, des règles sociales courantes. Au-delà de leur forme, les carnavals ont en commun de comporter une parade déguisée et de tolérer certains comportements jugés habituellement licencieux. 

Autre point commun, quelle que soit leur taille, les carnavals sont généralement rentables sur le plan économique. La ville de Dunkerque estime à 7,5 millions d’euros, dont 700 000 euros de produits dérivés, les retombées du carnaval sur l’économie locale. A Nice, avant du moins l’attentat de 2016, le carnaval générait quelque 30 millions d’euros de retombées économiques pour un investissement de 6,5 millions. Le carnaval de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) induit un million d’euros de revenus pour un budget de 350 000 euros. Le carnaval de Binche (Belgique) assure avec ses célèbres Gilles un revenu estimé à 4 millions d’euros. A Québec, la municipalité évalue à 20 millions d’euros les flux financiers induits par le carnaval pour une mise de fonds de 6 millions. Quant au plus renommé des carnavals, celui de Rio, ses 6 millions de spectateurs injectent près d’un milliard d’euros dans l’économie de la ville.

Issus du Vieux continent, les carnavals se sont développés outre-Atlantique à l’initiative des immigrants. Dans les pays asiatiques, la tradition des cortèges festifs est établie de longue date. Mais, comme dans le domaine du luxe, d’aucuns recherchent la caution d’une marque européenne. C’est ainsi que le Carnaval de Nice s’exporte aujourd’hui en Chine : après Macao en 2011 et Xiamen en 2017, la ville de Ningbo (8 millions d’habitants) a établi en 2018 un partenariat avec les organisateurs de la manifestation niçoise. Comme si le carnaval à la française était un produit de luxe !

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