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Les monuments aux morts de 14-18 : une histoire toujours vivante

Les monuments aux morts de 14-18

[Décryptages - Générations]

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Au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, la France entreprend d’honorer ses morts. Jusqu’à la Grande Guerre, la mémoire des combattants tombés au champ d’honneur est entretenue par Le Souvenir français, une association créée après la défaite de 1871. A son initiative, plusieurs centaines de monuments sont érigés en France – y compris dans les départements annexés d’Alsace-Moselle – pour commémorer les 140 000 soldats disparus sous le drapeau tricolore dans les combats franco-prussiens. L’association assure par ailleurs directement l’entretien d’environ 80 000 sépultures.

De 1914 à 1918, Le Souvenir français poursuit son action avec la création de 200 cimetières militaires et de 200 000 tombes. Mais, après la victoire, le système associatif se révèle insuffisant pour rendre hommage au million et demi de combattants morts pour la France. A la suite d’une loi du 25 octobre 1919 invitant les communes à prendre, avec l’aide de l’Etat, « toutes mesures de nature à glorifier les héros morts pour la patrie », cette responsabilité est de facto transférée aux municipalités.
Comme la loi prévoit par ailleurs l’obligation pour les mairies de tenir à jour un registre recensant les victimes militaires de la guerre, des monuments aux morts comportant les noms des soldats disparus sont érigés dans la quasi-totalité des communes françaises. De 1919 à 1925, quelque 35 000 mémoriaux sont inaugurés dans l’Hexagone, où figurent par ordre alphabétique – tous grades confondus – les noms des enfants de la commune tombés sur le champ de bataille.

Ces monuments comportent la mention « Morts pour la France », à l’exception des départements d’Alsace-Moselle où lui est généralement substituée la formule « Morts à la guerre », la plupart des disparus étant tombés sous l’uniforme allemand. Lors des cérémonies commémoratives du 11 novembre, on prend l’habitude – conservée jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale – de réciter leurs noms.
L’envergure des monuments dépend des ressource financières des communes, complétées par les dotations de l’Etat et les souscriptions locales. Les plus modestes se limitent à une stèle, dont le prix de revient est d’environ 1500 francs, soit environ 1500 euros d’aujourd’hui. Beaucoup optent pour des obélisques d’un coût d’environ 6000 francs.

Les communes les plus fortunées retiennent des monuments plus élaborés comportant des poilus, des figures allégoriques de la victoire ou des représentations de la famille, dont le montant atteint plusieurs dizaines de milliers de francs. Leurs emplacements sont très divers : à proximité ou à l’intérieur d’un cimetière, au voisinage de la mairie ou de l’église, ou sur une place consacrée à cette commémoration.
La loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat interdit de faire figurer des croix autres que la croix de guerre, à l’exception des mémoriaux érigés dans les cimetières ou sur l’emplacement d’anciens cimetières. Cette dernière disposition est retenue par certaines communes à forte tradition religieuse.

A raison d’une dizaine d’inaugurations quotidiennes dans les années 1920, la construction des monuments aux morts assure aux sculpteurs une période faste avant la Grande Crise. La Seconde Guerre mondiale ne leur offrira pas de nouvelle embellie. Les morts de 1939-1945 verront leurs noms gravés sur la même pierre que ceux de leurs aînés. La construction de monuments à la gloire des combattant de 14-18 ne s’achève cependant pas totalement avec le second conflit mondial. A la suite de divers contretemps administratifs, ce n’est que le 11 novembre 1954 qu’est posée place du Trocadéro à Paris la première pierre du monument signé par Paul Landowski « A la gloire de l’Armée française 1914-1918 ». Et ce n’est que le 11 novembre 2018 qu’est dévoilé sur la façade du cimetière du Père-Lachaise le premier monument comportant les noms des 94 415 Parisiens morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
 

Les monuments aux morts de 14-18 : une histoire toujours vivante

Monument aux morts, Péronne

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