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L’heure en France : une unification tardive

L’heure en France : une unification tardive

[Décryptages - Développement durable]

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En 1891 – cas unique dans l’histoire de France – le président de la République, Sadi Carnot, et le président du Conseil, Charles de Freycinet, sont l’un et l’autre polytechniciens. Est-ce parce que l’esprit scientifique souffle au sommet de l’Etat ? Toujours est-il que, le 14 mars, le Journal officiel publie une loi dont l’article unique énonce que « l’heure légale en France et en Algérie est l’heure temps moyen de Paris ».

Un siècle après l’institution, par l’Assemblée constituante, du mètre comme unité de longueur commune à l’ensemble des régions françaises, Paris et la province se trouvaient enfin à la même heure. Jusqu’à 1891 en effet, quand il était midi à Notre-Dame, il était déjà midi six place Stanislas à Nancy et encore midi moins six quai des Chartrons à Bordeaux.

Par convention, le « midi » astronomique désigne le milieu de la journée, au mitan de la période séparant le lever et le coucher du soleil. Au début de la Troisième République, les villes françaises comportaient trois types d’horloges.

Les horloges des édifices publics et des églises étaient calées sur le midi astronomique du lieu : elles donnaient l’heure locale. Seules les villes de même longitude avaient la même heure ! C’est pourquoi il y avait près d’un quart d’heure d’écart entre Nancy et Bordeaux.

Les horloges extérieures des gares donnaient l’heure locale astronomique de Paris – dite heure temps moyen de Paris. C’était l’heure utilisée par les compagnie de chemin de fer. Dès la construction des premières voies, contraintes pour des raisons pratiques d’adopter une heure constante sur l’ensemble de leur réseau, les ancêtres de la SNCF avaient retenu l’heure parisienne comme référence unique. Cette heure ferroviaire avait pris le nom d’heure « officielle ». Certaines horloges de mairie combinaient l’heure locale et l’heure officielle, avec des aiguilles de couleurs différentes sur le même cadran.

Dans les débuts de la révolution ferroviaire, ce dédoublement des heures égarait les voyageurs. Pour leur éviter de manquer leur train, les compagnies de chemin de fer ont pris l’initiative de faire partir les rames avec trois puis cinq minutes de retard par rapport à l’heure officielle. Sur les quais, des horloges de troisième type affichaient cette heure, dite « de Rouen », en retrait de quelques minutes par rapport à l’heure officielle et sur laquelle les chefs de gare fixaient le départ effectif des trains.

A l’approche du XXe siècle, ce dispositif tricéphale s’est révélé inadapté aux nouvelles techniques de communication. C’est pourquoi il a été décidé d’unifier les trois heures françaises et de retenir l’heure locale parisienne sur l’ensemble de l’Hexagone.

Par la suite, l’heure locale de Paris a été établie par référence à celle du méridien de Greenwich, puis des heures d’été et d’hiver ont été introduites en 1917, supprimées en 1945 avant d’être rétablies en 1976. Il est envisagé de les supprimer à nouveau dans un cadre européen, par mesure de simplification. Ces réformes de l’heure suscitent chaque fois l’intérêt des Français sans cependant déchaîner de passions. Peut-être se souvient-on, dans la mémoire nationale, que c’était bien plus compliqué autrefois !
 

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