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Un nombre croissant d'entreprises ont la volonté d’intégrer le partage de la valeur économique, environnementale et sociétale au cœur de leurs modèle d'affaires.  Les enjeux climatiques et sociaux ont déplacé la question du « Dans quelle mesure, faut-il… » au « Comment ? ». Quelles conditions réunir et quel rythme imposer pour cette profonde transformation ?

Des engagements RSE à un nouveau business model à impact

Parce qu'il est question, en premier lieu, de raison d'être et de stratégie, l'engagement de la gouvernance vient en tête des priorités. L'instauration d'un schéma décisionnel plus ouvert, permettant de piloter les injonctions contradictoires du temps court et du temps long à la lumière d'objectifs exprimés en termes de ROI global, s’impose.

Mais le passage à l'action suppose aussi d'embarquer tous les niveaux de l'organisation. Le leadership impulse l’élan, et c’est en faisant appel à l’intelligence collective que l’entreprise réussira à fédérer les équipes dans le projet et la définition de sa feuille de route. Si la concertation en interne est un préalable nécessaire, elle atteindra ses objectifs en articulant le sens et le réel, avec un discours de preuve nourri par des faits tangibles. Restera alors & associer à la dynamique l'ensemble des autres parties prenantes. Pour les entreprises capables d'actionner simultanément ces leviers, l'élan impulsé aboutit à la réinvention de tout le modèle. Ainsi se (re)crée la confiance à l'heure où beaucoup d'acteurs peinent à rendre crédibles leurs intentions vertueuses.    

Nouveaux référentiels de la performance extra-financière

L'évaluation des impacts revêt une importance capitale, et d’abord au regard des critères ESG. Le cadre méthodologique commence seulement à se stabiliser. Jusqu’ici, les référentiels existants n'apportaient pas la précision attendue dans la définition des indicateurs de mesure, et l'arsenal réglementaire n'offraient pas davantage de repères.

Pour autant, certains groupes sortent du rang. Par exemple en utilisant le test de matérialité en vue d'identifier et de hiérarchiser leurs opportunités et les risques extra-financiers, ou bien en formalisant une feuille de route assortie d'indicateurs spécifiques faisant l'objet de points d'étape réguliers.  

Aujourd'hui, sous la pression des investisseurs et régulateurs, deux instruments d'analyse et de comparaison des nouvelles stratégies d'entreprise gagnent du terrain. Le premier consiste à monétariser les bénéfices environnementaux, sociaux et sociétaux d'une démarche, d'un produit ou service – c’est l’objet de la méthodologie True Value TM de KPMG. Sous réserve de communiquer clairement sur les partis pris méthodologiques, cet outil se révèle précieux pour valoriser les résultats auprès des tiers et dans le champ de l'aide à la décision.

La mise en place de la taxonomie verte – référentiel européen visant à orienter les investissements et les capitaux vers les activités durables – va elle-aussi dans le sens de la transparence et de la comparabilité. Demain, les standards de la taxonomie irrigueront sans doute jusqu'aux process de développement des offres, mettant ainsi les entreprises en situation d'aligner leurs activités et leurs métiers au service d'une véritable stratégie climatique.  

Les modèles de coopération de l'innovation sociale

Incarné, mutualisé, valorisé et piloté, l'effort de transition se joue d’abord à l’échelle du territoire. Là où les entreprises peuvent contribuer à façonner leur environnement pour le bénéfice du plus grand nombre et à développer l'innovation sociétale afin de faire évoluer les modèles d'affaires.

Les dirigeants en sont de plus en plus conscients, comme en témoigne la vogue grandissante de la responsabilité territoriale des entreprises (RTE). Elle se concrétise avec l'émergence de nouvelles approches des marchés – coopération, co-innovation, coopétition, synergie entre l'économie sociale et solidaire et le secteur privé, nouvelles modalités de collaborations public-privé, etc. Leurs points communs ? L'ouverture des savoir-faire ainsi que le partage des expertises et des risques.  

La mobilité, secteur fertile en disruption des modèles et innovation sociale, fait figure de pionnier. Les opérateurs historiques y sont challengés par de nouveaux entrants adossés au numérique, et remettent à plat leur offre de services pour mieux répondre aux aspirations des citoyens. Une mécanique vertueuse, inspirante pour d'autres filières.

Progrès partagé et nouvelle prospérité

Depuis la définition de leur raison d'être jusqu'à l’ancrage de l'impact dans les territoires, les entreprises sont de mieux en mieux armées pour accomplir la mission élargie qui fonde leur responsabilité pour aujourd'hui et demain.

Contributeurs

Cet article a été rédigé en collaboration avec :




  • Laurent Choain, Associé, Responsable du secteur Transport & Mobilités
  • Meïssa Tall, Associé, Strategy & Operation
  • Axel Dupuy, Directeur, Connected Technology, Responsable des offres Technology Strategy et Sustainable IT
  • Olivier Loth, Directeur Operation & Performance Strategy
  • Myriam Deudon, Associée, Advisory – Transformation Finance et Global Business Services
  • Albane Liger-Belair, Directrice Open-Innovation - KPMG Innovation Lab