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«Nous devons apprendre à avoir une activité économique avec la COVID-19.»

Interview avec Andreas Aebi

Dans une interview, le Président du Conseil national Andreas Aebi parle de la façon dont il entend mener le Parlement ainsi que des défis qu’il va devoir relever avec ses collègues au sein de la Chambre basse au cours de la nouvelle année.

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Andreas Aebi, président du Conseil national

Andreas Aebi, président du Conseil national

L’année passée a été singulière à de nombreux points de vue. La pandémie de coronavirus a exigé beaucoup de la Suisse sur les plans sanitaire, politique, social et avant tout aussi économique. À quels défis le Parlement se voit-il confronté pour la nouvelle année?

Pour que l’institution qu’est le «Parlement» fonctionne et puisse accomplir ses missions, il est important que les membres du Conseil restent en bonne santé. Nous faisons tout pour les protéger au Palais du Parlement, en prenant les mesures nécessaires. Les séances des commissions peuvent aujourd’hui aussi se tenir par Skype Business. Et nous étudions la possibilité d’un vote à distance pour les parlementaires.

Toutefois, il ne faut pas oublier une chose: les contacts virtuels ne remplacent pas l’échange direct entre les membres du Conseil. L’un des défis consiste donc à préserver la cohésion du Parlement en dépit de cette situation difficile. 

Dans votre rôle de président du Conseil national, comment souhaitez-vous poursuivre en 2021? Selon quels principes avez-vous l’intention de diriger le Parlement et quelles sont pour vous les priorités?

Je veux diriger le Conseil national de façon efficace et impartiale. Il en va de même pour les sessions de la Délégation administrative (DA) et du Bureau du Conseil national.

La DA est comparable au Conseil d’administration d’une entreprise; elle se compose de la tête des deux Conseils. Au sein du Bureau, outre la présidence du Conseil, les fractions sont représentées. Ces deux structures sont d’importants organes de direction du Parlement. En temps de crise, leur rôle est encore plus significatif. Elles prennent des décisions stratégiques, organisationnelles et opérationnelles, et le Bureau prend aussi des décisions de contenu (programme de la session).

Je souhaite par ailleurs reprendre les contacts interpersonnels avec l’étranger, en particulier avec les présidentes et présidents parlementaires de l’espace UE.

L’année dernière, l’économie suisse a fortement souffert de la crise du coronavirus. Par le biais de crédits COVID-19, le Conseil fédéral a notamment apporté des aides aux entreprises suisses sous la forme de liquidités. À quels thèmes économiques vous attelez-vous cette année?

À tous. Je ne pense pas qu’un thème économique spécifique se détache. Nous devons apprendre à avoir une activité économique avec la COVID-19. Pour cela, il faut aussi réactiver ou redéfinir l’aide pour les cas de rigueur.

Le plan de sauvetage de plusieurs milliards approuvé à l’été par le Parlement n’est rien d’autre qu’une énorme contribution de solidarité de la société. Avec nos impôts, nous contribuons tous à atténuer les conséquences économiques, sociales et sociétales de la pandémie. Même si nous parvenons à enrayer le virus, cette crise se fera sentir encore longtemps, d’autant plus que le monde entier est concerné. Cette perspective m’inquiète. Même si, comparé à d’autres pays, la vie sociale n’est pas totalement mise sous cloche.

La crise du coronavirus met-elle en évidence un fossé grandissant entre l’économie la politique? Si tel est le cas, comment peut-on combler celui-ci?

Je ne constate pas de fracture croissante. Il me semble que la collaboration est plus étroite qu’auparavant, car dans cette crise, nous sommes davantage tributaires les uns des autres. Ainsi par exemple, les banques suisses ont proposé, sans entraves bureaucratiques, de verser des crédits d’aide. Nous devrons encore intensifier la collaboration, faute de quoi nous ne serons pas en mesure de maîtriser la crise et ses conséquences.

Qu’attendez-vous pour la Suisse en 2021 du point de vue des relations avec l’Europe?

La discussion va certainement avancer. Le Conseil fédéral a remanié le mandat de négociation, une nouvelle secrétaire d’État a repris la barre. Toutefois, nous ne savons pas encore dans quelle direction va aller le gouvernement. Pour des raisons de tactiques de négociation, il ne dévoile pas son jeu.

À n’en pas douter, les commissions de politique extérieure des Conseils s’exprimeront avec compétence, et les proeuropéens tout comme les eurosceptiques tenteront de faire pression. J’espère cependant que le Conseil fédéral pourra négocier dans le calme – les indiscrétions ne l’aident pas ici. Mais n’oublions pas une chose: le Brexit est au premier plan pour l’UE.

Quels sont vos objectifs personnels pour cette année de mandat de président du Conseil national?

Je mettrai tout en œuvre pour diriger le Conseil de façon neutre et irréprochable, et pour représenter au mieux l’institution du «Parlement» vis-à-vis de l’extérieur.

Je m’efforcerai de pratiquer une collaboration optimale avec le Conseil fédéral et l’administration fédérale. Par ailleurs, pendant cette année de présidence, je veux susciter un grand nombre d’expériences positives, dans la droite ligne de ma devise: cohésion, confiance et satisfaction. Je serais heureux qu’un maximum d’autres personnes essaient de le faire aussi.

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