Un nouveau rapport de KPMG au Canada indique que l'évaluation erronée des répercussions des changements climatiques pourrait rendre plus difficile la gestion des risques liés au climat pour les entreprises et les investisseurs, entraver les efforts de transition vers une économie à faible intensité de carbone et exposer les entreprises au risque d'une révision des taux perturbatrice.

Le rapport, intitulé Do asset prices fully reflect climate risks and opportunities? (Le prix des actifs reflète-t-il pleinement les risques et les occasions liés au climat?), examine les données empiriques sur la tarification des risques climatiques par les marchés financiers et les opinions des cadres dirigeants en placement. Il étudie également les défis en matière de politiques, d'horizon temporel et de disponibilité des données et présente des conseils à l'intention des sociétés et des investisseurs pour relever ces défis.

« Bien que de nombreux investisseurs, y compris les plus importantes sociétés canadiennes, font des progrès dans l'évaluation efficace des risques et des occasions liés au climat, les complexités, les incertitudes et les lacunes en matière de données auxquelles sont confrontés les investisseurs et les émetteurs assujettis posent des défis pour les marchés des capitaux », affirme Doron Telem, leader national, Enjeux ESG chez KPMG au Canada. « À l'heure actuelle, il n'existe pas de méthode généralement reconnue pour intégrer les risques et les occasions liés aux changements climatiques dans les évaluations des sociétés. Chaque investisseur fait ses propres recherches fondamentales ou applique ses propres stratégies quantitatives. »

« En outre, les investisseurs ont tendance à sous-estimer les risques permanents liés aux changements climatiques, comme la montée du niveau des mers, puisque ceux-ci ne se matérialisent peut-être pas entièrement dans les horizons temporels traditionnels des investissements. En conséquence, les investisseurs ne tiennent pas compte de la fréquence accélérée et de la gravité des événements climatiques, ni de la probabilité élevée que ces risques soient facturés sur le marché au moment où les avoirs seront vendus », ajoute Doron.

Le rapport souligne que la transition vers une économie à faibles émissions de carbone s'accélère rapidement dans un contexte d'événements climatiques de plus en plus graves, et que la question de savoir si les marchés fixent efficacement les prix de ces risques n'est plus seulement théorique. Comme l'a souligné récemment la Banque du Canada, le risque que des pays exportateurs de matières premières – comme le Canada – prennent du retard dans la course mondiale à la réduction des émissions de carbone pourrait à son tour avoir un impact significatif sur le produit intérieur brut (PIB), surtout en raison d'une diminution de la demande étrangère et de la baisse des prix des matières premières dont les émissions sont élevées.

Un récent sondage mené par KPMG International auprès de chefs de la direction, de chefs de l'information et de stratèges en placement de premier plan dans le monde entier a révélé que les acteurs du marché ont des opinions divergentes quant à l'évaluation des risques et des occasions sur les marchés. En fait, seulement un répondant sur sept croit que les marchés boursiers reflètent pleinement les risques climatiques. Cette proportion tombe à un sur dix pour les placements non traditionnels, et à un sur douze pour le prix des obligations.

Selon les répondants au sondage, la tarification des risques climatiques est entravée par la lenteur et l'efficacité partielle des mesures prises par les gouvernements et les organismes de réglementation financière, la préférence des marchés financiers pour le court terme et l'absence de cadres normalisés de divulgation sur le risque climatique et la performance des entreprises.

Pourtant, malgré les défis, la plupart des répondants (72 %) croient que les marchés des capitaux sont en mesure de prendre en compte les risques climatiques à une échelle notable, ou commenceront à le faire au cours des trois prochaines années. Alors que bon nombre de dirigeants s'efforcent déjà de chiffrer plus efficacement les risques liés au climat au sein de leur organisation – environ la moitié des répondants ayant indiqué avoir déjà adopté une approche éprouvée en matière de tarification des risques liés au climat pour l'ensemble de leurs portefeuilles d'actifs et de passifs –, un répondant sur cinq commence à peine à faire connaître ou à évaluer les options.

« En dépit de la vague d'engagements "zéro émission nette" pris dans la période précédant la COP 26, il y a souvent un manque de données cohérentes et fiables sur les risques climatiques et les occasions qui se présentent aux entreprises, déclare Doron. Il faut également obtenir davantage de données sur la façon dont ces risques sont atténués et sur les profils d'émission de carbone de leur chaîne de valeur élargie. »

« Les sociétés subissent de plus en plus de pression pour combler ces lacunes et améliorer la présentation de l'information, notamment de la part des investisseurs, des prêteurs, des assureurs, des clients importants et des autorités de réglementation, qui cherchent tous à obtenir de l'information et des analyses plus détaillées. »

Alors que les organisations comptables et sectorielles élaborent et adoptent des approches normalisées pour guider les entreprises dans ce domaine, celles-ci présentent de plus en plus de rapports conformes au cadre élaboré par le Groupe de travail sur l'information financière liée au climat (GIFCC). Des directives récentes ont été publiées par la section canadienne du réseau de leadership des chefs des finances A4S en vue d'intégrer les risques et les occasions liés aux changements climatiques dans les évaluations d'entreprises commerciales. Cela pourrait comprendre le rajustement potentiel des flux de trésorerie, des valeurs finales et des taux d'actualisation afin de refléter les répercussions et les incertitudes que présentent les risques physiques et de transition pour les sociétés.

Selon le rapport, une autre occasion importante pour les investisseurs réside dans la tendance croissante à investir dans la transition des entreprises et des secteurs à émission plus importante afin de les faire passer du gris au vert. En plus de rechercher des rendements financiers de secteurs potentiellement sous-évalués, ces investissements peuvent avoir une incidence positive significative sur le climat. Le risque est que l'interdiction faite aux sociétés « grises » d'accéder aux sources traditionnelles de capitaux ne fasse qu'exacerber les problèmes climatiques en poussant les sociétés à recourir à un financement non réglementé qui ne nécessitera pas de divulgation transparente ni d'engagement à réduire les émissions de carbone.

« Il est important de reconnaître que les gouvernements, les organismes de réglementation et les intervenants du marché ont tous un rôle important à jouer pour relever ces défis, affirme Doron. Les marchés financiers à eux seuls ne peuvent pas gérer efficacement les risques et les occasions liés au climat si les politiques gouvernementales et la législation sur les valeurs mobilières n'offrent pas de certitude au contexte réglementaire, et n'incitent pas adéquatement la réaffectation des capitaux vers une économie à faibles émissions de carbone. »

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