​Traduction française de l'article paru dans le Toronto Star.

Les entreprises et les gouvernements se sont fixé d'ambitieux objectifs de carboneutralité. L'heure est venue de passer à l'action.

Notre Terre existe depuis 4,6 milliards d'années. Elle est peuplée d'humains depuis seulement une fraction de cette durée. Pourtant, au cours des 250 dernières années, nous avons détruit plus de 50 % de ses forêts et nous avons atteint un point de non-retour en ce qui a trait à la durabilité.

Au Canada, les grandes entreprises et les gouvernements ont pris conscience de l'urgence climatique et se sont fixé d'ambitieux objectifs de carboneutralité. Qu'il s'agisse des fonds de pension ou du secteur pétrolier, des municipalités ou du gouvernement fédéral, la volonté de changement est là. Il suffit d'observer le nombre croissant de canicules, de feux de forêt, de sécheresses et d'inondations pour comprendre pourquoi c'est si nécessaire.

C'est une chose d'établir des stratégies, c'en est une autre de mettre en œuvre des solutions, particulièrement lorsqu'il s'agit d'engagements à long terme où il est difficile de savoir exactement comment les changements seront apportés. Malgré les bonnes intentions et la pression croissante des parties prenantes pour agir, la plupart des dirigeants seront plutôt portés à approuver des résolutions qu'à déployer de réelles solutions.

Ce ne sont pourtant pas les solutions viables qui manquent. Les entreprises canadiennes de technologies propres sont axées sur l'innovation et l'entrepreneuriat. Notre pays compte 13 des 100 plus grandes entreprises mondiales de technologies propres, tout juste derrière les États-Unis. Mais l'écart entre innovation et mise en œuvre demeure, et un trop grand nombre de grandes entreprises échouent à faire adopter leurs produits de manière générale.

On ne peut cependant pas atteindre la carboneutralité sans technologie climatique. Même si bon nombre des organisations canadiennes qui devraient adopter de telles technologies s'efforcent de trouver des moyens de réduire les émissions de leurs parcs de véhicules, de rendre leurs immeubles plus écoénergétiques et d'avoir accès à une énergie plus propre, elles ne savent pas nécessairement comment apporter les changements nécessaires à grande échelle.

Les sociétés en sont assurément conscientes : elles s'efforcent d'atteindre de nouveaux objectifs ESG tout en maintenant leur avantage concurrentiel, en acquérant de nouvelles parts de marché et en réduisant les risques pour leurs investisseurs, leurs actionnaires, les autorités de réglementation et leurs clients. Elles savent qu'elles devront travailler avec de jeunes entreprises pour atteindre leurs objectifs de durabilité. Or, il demeure difficile de rapprocher les grandes sociétés et les jeunes entreprises.

Les sociétés ont tendance à éviter de s'associer à de jeunes entreprises en raison de différents obstacles réels ou perçus, comme la méconnaissance des technologies disponibles ou la crainte du risque de travailler avec des technologies non éprouvées ou émergentes. Mais face à des preuves scientifiques indéniables, les normes mondiales sont en train de changer et l'adoption du principe du « risque zéro » pourrait en fait représenter le plus grand risque.

Voilà où se trouve l'écart important. Il en va de même pour les gouvernements, qui doivent en plus composer avec les règles d'approvisionnement et les accords commerciaux. Pour de nombreuses jeunes entreprises en sous-effectif, ces exigences ne font que creuser l'écart.

KPMG et le MaRS Discovery District ont d'ailleurs récemment uni leurs forces pour tenter de le combler. La nouvelle collaboration, appelée l'accélérateur de lutte contre les changements climatiques, vise à permettre aux sociétés de passer plus rapidement des projets pilotes aux déploiements à grande échelle.

Le projet jumelle des clients de KPMG avec des partenaires de coentreprise de MaRS et allie le modèle d'architecture d'innovation de KPMG à l'expérience d'adoption de l'innovation de MaRS. Il visera à identifier les entreprises qui disposent de technologies de réduction des GES prêtes à être déployées. L'objectif est d'aider les gouvernements et les sociétés à adopter les technologies canadiennes et à les adapter pour avoir un impact significatif et mesurable sur les changements climatiques.

Les jeunes entreprises qui feront partie de cette collaboration offrent des solutions prometteuses. Par exemple, BrainBox AI, une entreprise montréalaise, peut réduire de 25 % les coûts énergétiques d'un bâtiment, qu'il soit ancien ou neuf, et peut aussi réduire de 40 % son empreinte carbone en optimisant les systèmes CVC à partir de données prédictives allant des prévisions météorologiques locales aux tendances d'utilisation antérieures. La technologie fait économiser de l'argent aux clients et n'exige aucun changement à la structure d'un bâtiment existant, ce qui signifie que ce dernier peut facilement être réaménagé ou que la technologie peut être intégrée à la planification et à la construction.

Les systèmes de l'entreprise ont été installés dans plus de 100 millions de pieds carrés de biens immobiliers dans plus de 20 pays.

Il y a aussi Peak Power, une jeune entreprise qui peut brancher des immeubles à des sources d'énergie distribuées — comme des bornes de recharge pour véhicules électriques et des unités de stockage d'énergie —afin d'optimiser leur consommation d'énergie. Elle a déjà recruté des clients à New York, en Californie et à Toronto, où il est facile d'imaginer une croissance de la demande en raison des nouvelles normes vertes.

« Nous devons convaincre le secteur de suivre notre exemple », déclare Imran Noorani, chef de la stratégie.

Certains objectifs fixés par les entreprises et les gouvernements seront atteints naturellement, mais nous ne pouvons pas rester passifs quant à la durabilité environnementale et économique de notre avenir. La meilleure façon d'atteindre nos cibles ambitieuses consiste à établir de solides partenariats entre les jeunes entreprises innovantes, les grandes entreprises et les fonctions d'approvisionnement des gouvernements. Nous devons favoriser leur rapprochement afin de mettre en œuvre les changements requis.

Yung Wu est chef de la direction de MaRS Discovery District et Armughan Ahmad est président et associé directeur du groupe Solutions numériques chez KPMG au Canada. Torstar, la société mère du Toronto Star, s'est associée à MaRS pour mettre en valeur l'innovation dans les entreprises canadiennes.

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