Les petites et moyennes entreprises (PME) au Canada ont fait preuve de force et de résilience afin de calmer les effets de la pandémie et, tout comme les grandes entreprises canadiennes, elles en ressortent confiantes et optimistes quant à leur croissance dans les trois prochaines années. Cependant, ce regain de confiance n’est pas sans risque. Afin de bien comprendre les défis qui attendent les PME, la façon dont elles comptent les surmonter et les stratégies qu’elles utiliseront pour favoriser leur croissance, KPMG a mené un sondage auprès de 500 propriétaires et décideurs de PME. Tout comme leurs homologues des plus grandes entreprises canadiennes interrogés dans le sondage Perspective des chefs de la direction de cette année, les dirigeants de PME continuent de s’adapter et d’innover, cherchent à recruter de nouveaux talents, concentrent leurs efforts sur l’agilité numérique et la cybersécurité, et veulent changer les choses sur le plan social et environnemental.

9 dirigeants sur 10

sont confiants quant à la croissance de leur entreprise

Le défi de la main-d'œuvre

Sept dirigeants sur dix cherchent à augmenter leur effectif. Il semble toutefois que ce soit plus facile à dire qu'à faire, car la capacité de trouver et de fidéliser les talents arrive au premier rang des menaces à la croissance. Nombreux sont les employés en poste qui souffrent d'épuisement provoqué par la pandémie et l'estompement des frontières entre la vie professionnelle et personnelle et qui, en conséquence, quittent leur poste à la recherche d'un salaire plus élevé et d'une plus grande souplesse.

Mary Jo Fedy

« La capacité d’attirer, de fidéliser et de former les talents est le défi le plus important. Pour y arriver, les PME devront se plier davantage aux volontés des employés en adoptant des modèles de travail hybrides et en s’attaquant aux enjeux des changements climatiques, de l’égalité et de la diversité. »

— Mary Jo Fedy, leader nationale, KPMG Entreprise

La pandémie a aussi bouleversé les méthodes de travail de nombreuses entreprises, et ces dernières ont besoin d’employés possédant des compétences numériques, particulièrement en cybersécurité et en analyse de données. Par conséquent, 68 % peinent à embaucher des personnes qui possèdent les compétences nécessaires pour les aider à assurer leur croissance. Devant ce défi, nombre d’entre elles envisagent le recrutement à l’étranger, ce qui soulève tout un éventail d’enjeux sur le plan de la fiscalité et de l’immigration.

68%

peinent à embaucher des personnes qui possèdent les compétences nécessaires pour les aider à assurer leur croissance

Poursuite de la transformation numérique

Les compétences techniques sont en forte demande, car la pandémie a accéléré la transformation numérique d’entreprises de toutes tailles qui ont dû, du jour au lendemain, passer au télétravail et étendre davantage leurs activités de commerce en ligne. Soixante-dix-huit pour cent des entreprises occupaient déjà l’espace numérique, mais la pandémie les a amenées à vouloir offrir davantage de produits et de service en ligne, et sept entreprises sur dix font déjà appel ou pensent faire appel à un fournisseur de plateforme en ligne pour rendre leurs produits et services plus accessibles.

De même, les entreprises utilisent ou prévoient utiliser des outils d’analyse de données et d’intelligence artificielle, et plus de la moitié (56 %) des dirigeants pensent que les monnaies numériques et les cryptomonnaies représentent la voie de l’avenir. Pour favoriser cette innovation, elles cherchent à s’adjoindre l’aide de tierces parties et à profiter de logiciels prêts à l’emploi. Elles envisagent aussi de s’associer à des entreprises en démarrage innovantes.

La cybermenace

L’adoption accélérée du numérique s’accompagne cependant d’une augmentation des cybermenaces. Tant les chefs de la direction de PME que de grandes entreprises considèrent que la cybersécurité représente l’un des trois principaux risques pour la croissance et, par conséquent, tournent leur attention vers la cybersécurité, la protection des données et la confidentialité. Selon un récent sondage sur la cybersécurité réalisé par KPMG auprès de PME, neuf entreprises sur dix respectent les pratiques exemplaires en matière de cybersécurité, mettent régulièrement à jour leurs systèmes et installent les correctifs, et 56 % ont élaboré des plans d’action exhaustifs et procèdent à des simulations de cyberattaques. Pourtant, 36 % des dirigeants de PME et 27 % des chefs de la direction de grandes entreprises affirment qu’ils ne sont pas bien préparés pour faire face à une cyberattaque.


36%

ne sont pas bien préparés pour faire face à une cyberattaque

Près de huit Canadiens sur dix s’inquiètent du vol de leurs données personnelles dans le cadre d’une cyberattaque contre leur institution financière, détaillants, fournisseurs de services mobiles ou Internet, ou gouvernements. Il se pourrait donc qu’une cyberattaque érode la confiance à une époque où les activités en ligne gagnent en importance. Conscients de ce fait, les leaders seront plus nombreux cette année à réserver 20 % de leur budget en TI à la cybersécurité. Le coût de la cybersécurité et de l’innovation technologique demeure toutefois une préoccupation majeure.

Prêtes à se faire acquérir

Le tiers des leaders de PME souhaitent que leur entreprise fasse l’objet d’une acquisition parce qu’ils ne disposent pas des fonds nécessaires pour réussir dans une économie de plus en plus numérique. Même si, selon les chefs de la direction canadiens , neuf grandes entreprises sur dix cherchent à faire des acquisitions au cours des trois prochaines années, de nombreuses PME ne sont pas prêtes et auraient du travail à faire pour devenir une cible adéquate en mettant de l’ordre dans leurs finances. Ces entreprises pourraient aussi choisir de s’associer à de jeunes pousses innovantes en sous-traitance ou en cotraitance, trouver de nouvelles sources de financement ou même changer du tout au tout leurs activités ou leur modèle d’affaires.

À la recherche de solutions pour la chaîne d'approvisionnement

Les dirigeants naviguent également par vents contraires en raison des perturbations continues des chaînes d'approvisionnement, qu'ils classent d'ailleurs au deuxième rang des risques pour la croissance de leur entreprise. La pandémie a mis en évidence de nombreuses vulnérabilités dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et nationales, et les perturbations, qui ont nécessité des réponses tactiques à court terme, étaient d'une ampleur jamais vue auparavant pour la plupart des responsables de chaîne d'approvisionnement.

Selon leurs dires, les dirigeants choisiraient des sources d'approvisionnement locales s'ils le pouvaient, mais il n'en existe pas. Toutefois, une majorité d'entre eux (79 %) espèrent que cette situation changera au cours des trois prochaines années et qu'ils seront en mesure d'obtenir davantage de produits au Canada afin d'éviter les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et d'accroître leur résilience opérationnelle.

« Les entreprises canadiennes ont l'intention de s'approvisionner davantage au Canada pour leurs produits, ce qui crée de belles occasions pour d'autres entreprises canadiennes, et pourrait être de bon augure pour les investissements futurs au pays. »

— Mary Jo Fedy, leader nationale, KPMG Entreprise

L'importance des facteurs ESG

Mis à part les ajustements opérationnels, la pandémie a aussi suscité une prise de conscience sur les enjeux ESG, et les parties prenantes s'attendent à voir les entreprises agir sur ce terrain. Les consommateurs souhaitent que les organisations prennent les devants pour relever les défis sociétaux comme les inégalités raciales et de genre et les changements climatiques. Même son de cloche du côté des employés; et c'est même devenu une exigence de base pour les talents que les entreprises tentent d'attirer et de fidéliser. Les investisseurs, pour leur part, exigent un engagement, un plan et des résultats mesurés, et les dirigeants s'attendent à ce que les banques ajoutent à leurs conventions de prêts des clauses sur les changements climatiques.

Les organisations sont à l'écoute de leurs parties prenantes et agissent sur le front des enjeux ESG. À preuve, 78 % disent que la pandémie et d'autres événements récents ont accru leur engagement à changer les choses sur les enjeux sociaux et environnementaux, et neuf sur dix affirment qu'ils sont au service d'une communauté diversifiée et qu'il est donc important que leur main-d'œuvre soit elle aussi diversifiée.


78%

s’engagent davantage sur le plan social et environnemental

Principaux points à retenir sur les PME :

La capacité d'attirer de nouveaux talents, les cybermenaces et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement sont autant de facteurs qui mettent en péril la croissance des PME, mais ces dernières n'ont pas dit leur dernier mot. Après avoir réussi à surmonter la pandémie, elles sont prêtes à retrouver la voie de la croissance – et à avoir un impact positif sur le monde. Les dirigeants pourraient envisager ce qui suit :

  • Améliorer leur posture de cybersécurité en adoptant les pratiques exemplaires, en procédant régulièrement à des simulations de cyberattaques, en mettant à jour leurs logiciels et en installant les correctifs tout aussi régulièrement.
  • Favoriser l'innovation technologique par des partenariats avec de jeunes pousses innovantes, soit en sous-traitance, soit en cotraitance.
  • Se pencher sur les enjeux ESG afin d'attirer et de fidéliser les clients et les employés et de satisfaire les investisseurs.
  • Financer la croissance en recherchant de nouvelles sources de financement ou en se faisant acquérir.

Communiquez avec nous

Tenez-vous au courant de sujets qui vous intéressent.

Inscrivez-vous aujourd’hui pour avoir accès à du contenu personnalisé en fonction de vos intérêts.

Inscrivez-vous dès aujourd’hui

Communiquez avec nous