Au terme d'une année difficile, le secteur pétrolier et gazier canadien a connu non seulement l'incertitude et les bouleversements causés par la pandémie, mais aussi les occasions qui se présentaient. Si bon nombre d'exploitants n'ont pas survécu à la crise, ceux qui s'en sont tirés sont devenus plus forts et plus efficaces. L'adoption du télétravail a mené à la transformation numérique des exploitants. En outre, la préoccupation pour les enjeux ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) a accéléré la transition énergétique. Des professionnels de KPMG ont analysé ces sujets et d'autres perspectives du secteur pétrolier et gazier canadien en vue du rapport - palmarès 2021 des exploitants, un classement annuel des principales sociétés pétrolières et gazières ouvertes du Canada.

Faits saillants

Trouver un juste équilibre

Dans cet aperçu sectoriel, Michael McKerracher, leader national du groupe Énergie de KPMG au Canada, affirme que si l'économie mondiale se redresse graduellement, les exploitants pétroliers et gaziers ne doivent pourtant pas baisser la garde. À cause de l'incertitude du marché, ils doivent équilibrer leurs investissements et tâcher en priorité d'assainir leur situation financière. Les investisseurs réclament une amélioration de la performance ESG ainsi que des stratégies pour amorcer la transition énergétique, et les exploitants sont à même d'automatiser les systèmes administratifs et de profiter de l'analyse de données pour prendre de meilleures décisions. M. McKerracher doute que l'achat de crédits de carbone soit une bonne stratégie à long terme; il miserait plutôt sur la réduction de la dette à long terme, les dividendes durables et le financement de programmes de carboneutralité. « La production restera nécessaire pendant des décennies, précise-t-il, mais la conjoncture restera difficile. »

Créer de la valeur pour l'actionnaire

Grant Brown, directeur général de Financement corporatif KPMG inc., constate que les investisseurs, encore ébranlés par la volatilité des dernières années, sont peu portés au risque et que l'époque où ils misaient avant tout sur l'accroissement de la production et des réserves pétrolières et gazières est bien révolue.

Gérer le risque financier

Michael McKerracher fait remarquer que la dette constitue le principal risque financier des exploitants canadiens. Ces dernières années, l'attrait des capitaux à faible intérêt a entraîné la disparition de certains d'entre eux, devenus incapables de refinancer et de reporter leur dette faible en fonds américains. Désormais, en plus de rembourser leur dette, les exploitants devront gérer la volatilité des prix et les perspectives de croissance à long terme de la demande. Au cours des prochaines années, le secteur misera probablement sur des activités de moindre envergure afin d'optimiser les flux de trésorerie, plutôt que sur des activités axées sur des résultats à long terme.

Nouvelles transactions

Grant Brown souligne la croissance des fusions-acquisitions au Canada : la valeur des transactions est passée de 5 milliards de dollars en 2019 à plus de 10 milliards de dollars en 2020, et la tendance s'est poursuivie en 2021. Outre les facteurs traditionnels (proximité des actifs, effet de levier opérationnel, regroupement de champs et accès aux capitaux), M. Brown relève aussi les exigences d'un marché difficile : « Les sociétés doivent trouver des façons de réaliser des gains d'efficience et d'autres façons d'assurer leur croissance. »

Ayant survécu aux difficultés de la pandémie, les dirigeants du secteur pétrolier et gazier canadien peuvent maintenant s'attaquer aux changements nécessaires pour assurer leur prospérité future.

Michael McKerracher

Attirer les capitaux

Grant Brown note que les efforts de reprise après la pandémie ont raréfié les capitaux : le financement par actions est passé de 11,9 milliards de dollars en 2016 à seulement 722 millions de dollars en 2020. Les questions ESG ont également influencé les marchés des capitaux. Si certains exploitants voient une occasion dans la tendance mondiale à viser la carboneutralité, il importe de se rappeler que la transition énergétique prendra du temps.

Gérer le risque d'exploitation

La pandémie a obligé les exploitants à passer en mode survie, fait observer Narmin Vasanji, associé, Services-conseils, Management. Avec l'adoption du télétravail, bon nombre d'entre eux ont donc dû trouver des façons d'accroître l'efficacité opérationnelle au moyen de la transformation numérique. Les exploitants commencent maintenant à considérer la technologie et l'automatisation comme un avantage concurrentiel : ils s'emploient notamment à faire passer le progiciel de gestion intégrée à l'infonuagique et à gagner en efficience en automatisant les processus financiers.

Incidence totale

Atin Prakash, directeur principal, Services mondiaux en développement durable, note que la pandémie a fait passer au premier plan les facteur ESG, désormais intégrés à la gestion des risques financiers. On est de plus en plus conscient que la diversité et l'inclusion ont pour effet d'améliorer la gestion des sociétés, qui deviennent plus adaptables et capables de prendre de meilleures décisions.

Modalités de travail

Shesta Babar, directrice, Services-conseils, Ressources humaines et changement opérationnel, souligne l'incertitude causée par une réduction de 20 % des emplois entre février et mai 2020, la transition numérique, la préoccupation accrue pour les enjeux ESG et le brusque passage au télétravail. Une fois les processus d'affaires stabilisés, toutefois, les sociétés pétrolières et gazières se sont employées à attirer et à fidéliser les talents. Elles se concentrent maintenant sur les changements climatiques et sur la transformation numérique, cette dernière suscitant une nouvelle demande d'experts en science des données.

Amorcer la transition énergétique

Comme on s'attend à ce que les sociétés atteignent la neutralité des émissions polluantes d'ici 2050, elles doivent absolument évaluer comment elles respecteront cet engagement, fait observer Michael McKerracher. La demande de pétrole et de gaz se maintiendra pendant des décennies et, pour être durables à long terme, les sociétés devront gérer les flux de trésorerie tout en réduisant leurs émissions. Leur succès dépendra de l'intégration d'un programme de transition à leur stratégie globale et de réductions significatives des émissions dans le cadre de leur exploitation. Et si certaines sociétés investissent dans l'énergie éolienne ou solaire, l'abandon de leur activité de base (produire du pétrole ou du gaz) n'est peut-être pas la meilleure stratégie pour les exploitants pétroliers et gaziers canadiens.

« Le pire est passé », constate Michael McKerracher, et l'économie commence à se redresser.

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Visitez le site Daily Oil Bulletin pour télécharger le rapport complet, y compris le classement des sociétés (en anglais).

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