À l'heure où le Canada affronte sa quatrième vague de COVID-19, une chose est sûre : les chefs d'entreprise canadiens sont bien préparés à surmonter toute incertitude qui les attend.

Les entreprises canadiennes ont su faire preuve de résilience et d'adaptabilité face aux mesures de confinement liées à la pandémie. En fait, elles ont dû apprendre rapidement à prendre en charge une transition généralisée au télétravail, à gérer le bien-être mental des employés et leur lassitude face à la COVID, à composer avec de constantes perturbations de la chaîne d'approvisionnement et à surveiller de près les menaces à la cybersécurité.

En effet, malgré la prolifération de nouveaux variants beaucoup plus contagieux et des taux de vaccination qui varient d'un pays à l'autre, les chefs de la direction canadiens demeurent plutôt optimistes. Selon les résultats du plus récent sondage de KPMG auprès des chefs de la direction, le degré de confiance de ces derniers quant aux perspectives de croissance de leur entreprise et de leur secteur pour les trois prochaines années demeure étonnamment élevé, bien qu'il ne soit pas encore revenu au niveau d'avant la pandémie. La grande majorité (85 %) des chefs de la direction sont confiants quant aux perspectives de croissance de leur entreprise pour les trois prochaines années, comparativement à 93 % en 2019. Leurs points de vue rejoignent ceux de leurs homologues étrangers (87 %).

La confiance des chefs de la direction canadiens revient aux niveaux d'avant la pandémie

Si chaque secteur a fait face à son lot de défis propres, tous ont dû subir des goulots d'étranglement d'expédition, une hausse des coûts de fret et/ou de matériel et une pénurie de main‐d'œuvre. Pourtant, il est encourageant de constater que plus des trois quarts (77 %) des chefs de la direction canadiens et étrangers sont convaincus que leur secteur connaîtra une croissance au cours des trois prochaines années. Cette proportion correspond à leurs perspectives d'il y a six mois et se trouve à seulement huit points de pourcentage en deçà des niveaux de 2019.

Deux raisons expliquent leur confiance : l'économie canadienne et l'innovation numérique.

Optimistes à l'égard de l'économie canadienne

Avec près de quatre Canadiens admissibles sur cinq entièrement vaccinés contre le COVID-19, l'un des taux de vaccination les plus élevés parmi les pays du G7, l'économie canadienne semble mieux placée que les autres pour traverser les futures vagues du virus[1]. L'inflation, même si elle est préoccupante, pourrait bien ralentir lorsque les goulots d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement se résorberont. Selon Économique RBC, « les ménages ont accumulé un grand pouvoir d'achat. » Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne se remettent à dépenser[2].

Il n'est donc pas étonnant que près de neuf chefs de la direction canadiens sur 10 (89 %) soient optimistes à l'égard de l'économie nationale. Cette proportion est nettement supérieure à celle de 2019 (79 %), alors que de nombreux dirigeants d'entreprise s'inquiétaient principalement des répercussions des changements climatiques, des guerres commerciales géopolitiques et de l'accroissement du territorialisme.

Aujourd'hui, les chefs d'entreprise canadiens considèrent les technologies émergentes et perturbatrices comme la plus grande menace pour la croissance. Fait intéressant, pour la première fois en quatre ans, les risques liés à la réglementation se sont hissés au premier rang des risques, ex aequo avec la technologie, alors qu'ils étaient au 10e rang en 2017. Les risques liés à la cybersécurité, à l'exploitation, à l'environnement et au climat suivent de près.

Le pouvoir de l'innovation

Les risques que posent les technologies émergentes pour la croissance ont toujours été parmi les premiers mentionnés. Nous sommes, après tout, en pleine quatrième révolution industrielle. Comme le dit si bien le futurologue et auteur Steve Brown : « La technologie des années 2020 est exponentiellement plus puissante que la technologie que nous avions à portée de main dans les années 2000 et même dans les années 2010. »

Or, la pandémie a vraiment forcé les dirigeants à s'ouvrir aux nouvelles possibilités. Ils ont réellement pu constater la puissance de l'innovation et l'importance fondamentale que revêt la connectivité numérique de leur organisation. Les chefs de la direction et leur conseil d'administration ont rapidement réalisé en quelques mois qu'une entreprise connectée et propulsée (par l'infonuagique) constituait la solution pour survivre à la pandémie.

91%

perçoivent les perturbations technologiques comme une occasion

Global 76%

Selon le sondage Perspective des chefs de la direction de KPMG, neuf chefs de la direction canadiens sur dix considèrent désormais les perturbations technologiques comme une occasion plutôt qu'une menace, comparativement à 75 % il y a quatre ans. Et, plutôt que de simplement accepter le statu quo, jusqu'à 86 % des répondants ont déclaré qu'ils créaient activement des perturbations dans leur secteur d'activité – une hausse frappante de 26 % au cours de la dernière année seulement.

Qu'en est-il des chefs de la direction ailleurs dans le monde?

Fait intéressant, seulement 76 % des chefs de la direction ailleurs dans le monde considèrent les perturbations technologiques comme une occasion plutôt qu'une menace (comparativement à 71 % il y a quatre ans), et 72 % d'entre eux disent que leur organisation crée activement des perturbations dans son secteur d'activités (comparativement à 61 % en 2020).

En fait, quatre chefs de la direction canadiens sur cinq (81 %) ont qualifié leur stratégie d'investissement numérique d'« énergique » et de « destinée à positionner l'entreprise comme pionnière ou suiveuse » (75 % à l'échelle mondiale).

Il est important de souligner ici que les répondants font partie des grandes sociétés : plus des trois quarts ont un chiffre d'affaires annuel supérieur à 500 millions de dollars américains, dont 44 % dépassent les 10 milliards de dollars américains. Bon nombre de ces géants, selon leur secteur d'activité, ont atteint ou visent la tête du peloton sur le plan numérique. Ce qui est une bonne nouvelle en soi. Or, on constate avec inquiétude que l'écart se creuse entre ces chefs de file du numérique et tous les autres, non seulement entre les sociétés canadiennes et leurs concurrents mondiaux, mais aussi entre différents secteurs d'activité au Canada et au sein même de secteurs en particulier[3].

81%

ont adopté une stratégie dynamique d’investissement dans le numérique pour être vus comme des pionniers ou des adopteurs précoce

Investir dans le capital humain

La nécessité de trouver et de conserver les compétences appropriées deviendra de plus en plus primordiale à mesure que les entreprises entameront une transformation numérique. La concurrence pour le talent n'a jamais été aussi féroce. Une étude distincte de KPMG révèle que l'incapacité de trouver et de conserver des talents est la principale menace pour les perspectives de croissance des entreprises à l'échelle du pays. Près de 70 % des entreprises, principalement des PME, ont de la difficulté à embaucher des personnes possédant les bonnes compétences[4].

76%

pensent que l’accélération du rythme de la transformation numérique ne pourra se poursuivre s’ils ne s’attaquent pas d’abord au problème de l’épuisement professionnel de leur main-d’œuvre

Il n'est donc pas surprenant que les grandes entreprises investissent dans leur propre personnel. Le tiers (32 %) des chefs de la direction canadiens investissent davantage dans le développement des compétences et des capacités de leur main‐d'œuvre, bien que cette proportion soit inférieure à celle de leurs homologues étrangers (40 %).

L'épuisement est l'une de leurs plus grandes préoccupations. Selon le sondage Perspective des chefs de la direction de KPMG, 76 % des chefs d'entreprise affirment que l'accélération du rythme de la transformation numérique en pleine pandémie ne sera pas viable si on n'aborde pas d'abord la question de l'épuisement professionnel du personnel. Cette constatation rejoint les conclusions d'un autre sondage que nous avons réalisé plus tôt cette année. Nous mettions en évidence cette préoccupation et soulignions la nécessité pour les organisations de prendre conscience que leurs employés sont avant tout humains et qu'elles doivent mettre en place les politiques et pratiques appropriées pour favoriser leur bien-être dans ce nouveau monde de travail virtuel[5].

Aller de l'avant ensemble

Notre faculté d'adaptation, les leçons que nous tirerons et l'union de nos forces seront gages de notre succès futur. La pandémie nous a confrontés à toutes sortes de nouveaux défis, défis qui ont toutefois contribué à briser les barrières et à stimuler l'innovation.

La prochaine année est remplie d'espoir et de promesses. Il y aura peut-être des obstacles en chemin, mais nous avons montré que nous pouvons et allons les surmonter.

 

[1] COVID-19 Vaccination Tracker Canada et « Tracking Coronavirus Vaccinations Around the World », The New York Times, en date du 3 septembre 2021.

[2] Économique RBC, « Forward Guidance: Our Weekly Preview », au 6 septembre 2021.

[3] Stephanie Terrill et Sanjay Pathak, KPMG au Canada. « A huge digital gulf is emerging between Canadian companies ». Toronto Star. 31 juillet 2021.

[4] « La main-d'œuvre qualifiée au Canada difficile à trouver ». Sondage de KPMG au Canada. 31 août 2021.

[5] « Treize mois plus tard, les Canadiens épuisés, mais plus loyaux ». Sondage de KPMG au Canada. 26 avril 2021.

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