À l’occasion du 16e forum annuel des dirigeants de sociétés minières de KPMG, qui a eu lieu virtuellement le 19 janvier, Roopa Davé a interviewé les dirigeants du secteur minier Randy Smallwood, président et chef de la direction de Wheaton Precious Metals Corp. et actuel président du World Gold Council, et Marcia Smith, première vice-présidente, Développement durable et affaires externes, chez Teck Resources Ltd., au sujet des défis que doivent relever les entreprises et les investisseurs.

De nombreuses sociétés minières pratiquaient l’exploitation responsable des ressources bien avant que le développement durable ne devienne la question de l’heure dans le monde des affaires.

Après tout, aucune mine ne peut être construite sans qu’il y ait un pacte social, qui découle de l’acceptation générale et continue des communautés locales, des peuples autochtones et des gouvernements envers l’extraction des ressources de leur région.

Toutefois, l’inquiétude grandissante des investisseurs à l’égard de la gestion des risques extra-financiers par les sociétés minières et la reconnaissance du rôle de l’industrie dans l’obtention de matériaux essentiels pour la transition vers une économie à faibles émissions de carbone rappellent l’importance de l’engagement de l’industrie minière envers la performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).

Dans le plus récent sondage mondial de KPMG sur les risques miniers, 91 % des répondants du secteur affirment qu’il est impératif d’établir une stratégie claire en matière d’ESG, tandis que 83 % affirment que leur succès est évalué par rapport aux cibles ESG.

Bien que 92 % des 100 plus grandes sociétés canadiennes (par chiffre d’affaires) présentent désormais un rapport sur le développement durable selon l’Enquête de 2020 de KPMG sur la présentation de l’information sur le développement durable,  l’évaluation des efforts des sociétés minières en matière d’ESG selon un nombre croissant de normes nationales et internationales pose problème. Le rapport Risques et occasions dans le secteur minier de KPMG International (tiré du sondage mondial de KPMG sur les risques dans le secteur minier en 2020), qui paraîtra sous peu, souligne que seulement 35 % des répondants à l’échelle mondiale et 27 % au Canada conviennent que les attentes et les mesures relatives aux facteurs ESG des investisseurs sont clairement comprises et uniformes dans l’ensemble du marché.

« Il peut être difficile pour les entreprises et les investisseurs de réagir à la gestion des risques et à la performance en matière d’ESG », a déclaré Roopa Davé, associée au groupe Développement durable de KPMG, lors du 16e Forum annuel des dirigeants et administrateurs du secteur minier de KPMG, qui s’est tenu virtuellement le 19 janvier.

Mme Davé a mentionné diverses initiatives visant à normaliser les référentiels d’information ESG pour satisfaire à la fois l’appétit croissant des investisseurs pour mesurer et surveiller la performance en matière de durabilité et la capacité des entreprises à y répondre.

Objectifs de développement durable de Teck

Teck Resources Ltd., une société productrice de cuivre, de charbon et de zinc pour le secteur de la sidérurgie établie à Vancouver, est « très engagée envers l’exploitation minière et la mise en valeur responsables », a déclaré Marcia Smith, première vice-présidente, Développement durable et affaires extérieures, lors du forum minier de KPMG.

« Il n’est pas exagéré de dire que la durabilité est vraiment au cœur de tout ce que nous faisons, dit-elle. Cela peut sembler une affirmation facile pour certains, mais ce n’est vraiment pas le cas. Cela fait partie de ce que nous faisons tous les jours alors que nous produisons les matériaux dont le monde moderne a besoin. »

Mme Smith a indiqué que les communautés, les peuples autochtones, les gouvernements et les investisseurs s’attendent à ce que l’entreprise respecte des normes ambitieuses et évolutives en matière d’ESG.

« Si nous n’y parvenons pas, nous ne serons pas en mesure de fournir de la valeur à nos actionnaires », a-t-elle déclaré.

En mars 2020, Teck s’est fixé comme objectif d’être carboneutre dans l’ensemble de ses opérations d’ici 2050 et a instauré plusieurs mesures pour atteindre cet objectif, notamment la réduction des émissions et l’utilisation de sources d’énergie plus propres.

« Nous sommes fiers des progrès que nous accomplissons, a déclaré Mme Smith, mais il ne fait aucun doute dans nos esprits que le travail que nous devons accomplir en matière d’ESG et de durabilité se poursuit sans relâche. Je pense que c’est tout ce qui compte : c’est un processus d’amélioration continue. »

Comment Wheaton Precious Metals voit le développement durable

Randy Smallwood, président et chef de la direction de Wheaton Precious Metals Corp., une société de Vancouver qui investit dans des sociétés minières dans le cadre d’ententes d’achat de production, a déclaré que la performance ESG est essentielle pour décider avec quelles entreprises faire affaire et dans lesquelles investir.

« Je ne peux pas souligner suffisamment l’importance d’être sélectif quant à nos investissements », a-t-il déclaré à l’occasion du forum de KPMG.

« Nous voulons nous assurer que les actifs dans lesquels nous investissons s’appuient sur de bonnes bases et de bonnes forces, a-t-il ajouté. La réussite à long terme dans n’importe quel secteur, dans n’importe quelle entreprise, exige une bonne approche, globale et solide... Les facteurs ESG jouent un rôle important dans ce domaine : c’est ce qui nous autorisera à poursuivre nos activités. »

M. Smallwood a reconnu que Wheaton occupe une position unique à titre d’investisseur et de société, qui répond à ses propres besoins en tant qu’investisseur. Ce point de vue permet à son entreprise de travailler directement avec ses partenaires du secteur minier pour s’assurer que leurs pratiques ESG sont harmonisées et qu’elles respectent les normes sur lesquelles Wheaton est également évalué.

« Chez Wheaton, nous avons une devise plus importante que tout : Plus nos partenaires sont prospères, plus nous sommes prospères à notre tour », dit-il.

Un appel à la normalisation

Mme Smith et M. Smallwood conviennent qu’il y a des défis à relever pour répondre aux attentes en matière d’ESG, compte tenu du nombre croissant de normes locales, nationales et mondiales différentes.

« Je pense que le monde doit passer à une certaine normalisation », a déclaré Mme Smith, décrivant la liste actuelle des référentiels comme « plutôt impressionnante ».

Teck vise à mieux cerner ses référentiels en choisissant ceux qui, selon elle, sont les plus pertinents pour ses opérations, comme l’initiative mondiale d’information financière (Global Reporting Initiative, GRI), le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC) et le Sustainability Accounting Standards Board (SASB, conseil des normes comptables de la durabilité). Teck est également membre de l’Association minière du Canada (AMC) qui est responsable de la norme Vers le développement minier durable (VDMD), et de l’International Council on Mining and Metals (ICMM), qui a ses propres principes ESG.

M. Smallwood, qui est également le président actuel du World Gold Council, a déclaré que les sociétés minières améliorent constamment leur performance ESG, mais convient qu’un référentiel d’information plus cohérent aidera les entreprises et les investisseurs à mesurer et à analyser leurs résultats et qu’il s’agit d’un incitatif à sa participation au World Gold Council. En fin de compte, un grand nombre de ces normes et de ces référentiels se chevauchent considérablement, et il s’agit de le comprendre et de se concentrer sur ce qui est important ou essentiel pour l’entreprise et ses parties prenantes.

« C’est une bonne façon de faire les choses, et ce sont des exigences nécessaires à la réussite », a-t-il affirmé au sujet des pratiques minières responsables. « Nous nous améliorons constamment, c’est la voie que nous suivons tous. Il est en grande partie question de la façon dont nous rendons compte de nos efforts pour montrer certains des avantages obtenus et des progrès réalisés... Il s’agit de mettre ces cadres en place. »

Bien qu’il a toujours été difficile d’évaluer l’avantage direct pour les actionnaires d’afficher un bon rendement en matière d’ESG, M. Smallwood a déclaré que les sociétés qui ont un pacte social solide ont tendance à connaître plus de succès, ce qui se reflète dans la façon dont elles sont évaluées par les investisseurs.

« Lorsqu’une société jouit d’une solide réputation, vous pouvez sentir la confiance des actionnaires et des investisseurs à l’égard de cette société par rapport à celles où les enjeux et les risques sont plus nombreux, a-t-il déclaré. Cela fait une différence pour les investisseurs. »

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