close
Share with your friends

​Les organisations n'ont jamais eu accès à autant de données. Parallèlement, de nouveaux outils et technologies leur permettent d'exploiter, de traiter et d'analyser ces données pour prendre des décisions plus éclairées. Ce phénomène a rehaussé les attentes envers la fonction Finances qui doit mieux informer les parties prenantes, y compris le comité d'audit.

La plupart des organisations étaient déjà engagées sur le chemin de la transformation numérique ou, du moins, y songeaient, avant l'arrivée de la pandémie. La COVID-19 a toutefois forcé les retardataires à emprunter cette voie, qu'elles soient prêtes ou non. Maintenant plus que jamais, une entreprise qui réussit est une « entreprise connectée ».

Pendant la pandémie de COVID-19, plusieurs fonctions Finances sont passées d'un mode d'établissement des prévisions mensuelles ou trimestrielles à un mode d'établissement des prévisions hebdomadaires, quotidiennes, voire horaires. La constatation par les comités d'audit de la difficulté de leurs organisations à générer des prévisions exactes en temps opportun a accentué le besoin de disposer des bons outils et des bons processus.

Bien que la fonction Finances nécessite toujours un système transactionnel principal, il existe d'autres technologies complémentaires qui améliorent la qualité des analyses et des points de vue. Le défi consiste à comprendre comment intégrer ces technologies dans un écosystème qui accomplira ce que vous désirez accomplir sans accroître inutilement la complexité.

Opter pour l'infonuagique

Bien que les organisations se soient empressées de créer des solutions de télétravail sur le champ, cela n'a pas nécessairement été fait de façon systématique. La migration vers l'infonuagique est une solution plus durable et flexible pour les principales applications financières, mais elle est difficile à mettre en œuvre en un court laps de temps. La priorité des fonctions Finances consiste désormais à transformer en solutions permanentes les mesures temporaires, comme l'infonuagique, instaurées pendant la pandémie.

En admettant que le télétravail constitue la nouvelle norme, les organisations doivent remplacer ces solutions improvisées par une solution à long terme plus adaptée ou investir dans de nouvelles solutions qu'elles n'ont pas pu mettre en place dans leur empressement à répondre aux besoins immédiats.

L'essor de l'intelligence artificielle

L'établissement des prévisions et l'analyse prédictive au moyen de technologies émergentes comme l'intelligence artificielle et l'apprentissage machine changent également la donne. Au début de la pandémie de COVID-19, ces solutions de pointe n'ont pas toujours donné de bons résultats puisqu'il n'existait pas de précédent sur lesquels s'appuyer : nous n'avions jamais connu une telle situation. Maintenant que nous sommes plus loin dans le cycle de la pandémie, les technologies se rattrapent. Les solutions intelligentes d'établissement des prévisions ont les capacités pour mieux identifier les inducteurs de la performance sous-jacents et prévoir avec une plus grande précision les résultats futurs.

En vue de soutenir le mandat de contrôle et de gérance de la fonction Finances, , l'intelligence artificielle et l'apprentissage machine ont un potentiel énorme en matière de gestion des risques. Avec ces technologies perturbatrices, nous nous dirigeons vers un sondage de la totalité de la population, où les outils peuvent analyser chaque transaction traitée au cours d'une année donnée. Elles peuvent identifier immédiatement les anomalies, les tendances ou les opérations inhabituelles qui méritent une investigation centrée davantage sur l'humain. Ces capacités seront utiles autant pour l'identification et l'atténuation des risques que pour l'établissement des prévisions et les analyses prospectives.

Selon les comités d'audit, l'intelligence artificielle et l'apprentissage machine ont un potentiel énorme en matière d'identification de risques éventuels et d'amélioration de l'information.

Chris Hough, associé,
Services-conseils en gestion financière, KPMG au Canada

Avoir les chaînes de blocs à l'œil

La chaîne de blocs fait beaucoup parler d'elle dans la fonction Finances. Comme il s'agit d'une technologie de registres distribués, il y a des cas d'utilisation évidents de la chaîne de blocs en finances : suivre et authentifier de façon fiable les transactions au sein d'une même organisation ou entre des organisations. Avant que ce scénario ne se concrétise, un consensus doit être établi sur les plateformes de registres distribués qui feront office de normes et sur leur utilisation. Ce processus prend du temps.

Dans le monde de l'audit, la chaîne de blocs possède un potentiel énorme pour devenir une source de données certifiables et verrouillées, mais cette évolution prendra davantage de temps que dans le cas d'autres technologies perturbatrices. Si la fonction Finances doit envisager d'étudier toutes ces technologies émergentes, elle doit d'abord profiter de l'élan à court terme que suscitent davantage l'infonuagique et l'intelligence artificielle que la chaîne de blocs.

Il est important que ces investissements en innovation soient intentionnels. Comme le rendement du capital investi est moins sûr, vous pouvez vous attendre à quelques échecs rapides, mais si vous n'investissez pas dans l'innovation, vous risquez alors d'être dépassé. Pour les organisations, trouver le juste équilibre entre les investissements et le contrôle des coûts sera la clé pour tenir le coup pendant la pandémie de COVID-19 et en sortir plus forts que leurs concurrents. En tant que responsable du budget des immobilisations et du processus d'établissement des prévisions, la fonction Finances a le rôle crucial de s'assurer que le bon profil d'investissement est maintenu et que les analyses de rentabilité sont solides.

Quelles questions les comités d'audit devraient-ils poser?

  • La fonction Finances est-elle à l'aise avec le profil de risque et le niveau de l'investissement en innovation prévu dans le plan d'immobilisations?
  • Notre personnel possède-t-il les compétences appropriées pour gérer l'innovation et les nouvelles technologies?
  • Quels sont les risques si nous prenons du retard sur nos plans de transformation numérique?
  • Existe-t-il des risques relatifs à la COVID-19 auxquels nous devrions réfléchir rétroactivement, alors que nous clôturons l'exercice?