close
Share with your friends

Nous ne reviendrons jamais à notre ancienne façon de travailler, du moins, pas dans un avenir prévisible. À mesure que les répercussions de la pandémie se font sentir, il devient évident que le passage au télétravail et aux équipes hybrides n’est plus une solution temporaire, mais plutôt un indicateur de la nouvelle réalité.

Dire que les choses ont évolué de façon fulgurante serait un euphémisme. En l’espace de quelques semaines, voire de quelques jours, des organisations de tous les secteurs ont été contraintes d’abandonner les modèles de bureau traditionnels et de passer à une main-d’œuvre numérique. Pour ce faire, il a fallu équiper le personnel pour qu’il puisse travailler à domicile, sécuriser l’accès à distance aux systèmes du lieu de travail et mettre en œuvre de nouveaux processus et technologies pour protéger et gérer le personnel qui était toujours en service.

Mis à part quelques difficultés de croissance, le rapport Perspective des chefs de la direction canadiens en 2020 de KPMG révèle que les chefs d’entreprise nationaux se préparent à constituer des équipes hybrides et à faire du télétravail leur nouvelle réalité après la pandémie. Plus précisément, notre sondage de suivi montre que 84 % des répondants investissent dans de nouvelles technologies qui permettront d’améliorer l’efficacité et la productivité, ce qui représente une augmentation de 12 % par rapport au sondage mené avant la pandémie en janvier 2020.

Il est intéressant de noter que les chefs de la direction mondiaux sont moins nombreux (67 %) à partager l’intention d’investir dans les technologies et qu’ils recherchent un meilleur équilibre lorsqu’il s’agit d’investir dans le perfectionnement des employés (33 % contre 16 % au Canada). Le sondage n’a pas révélé la raison de cette différence, mais selon les études antérieures de KPMG (voir la série « L’avenir numérique du Canada » en 2019), les organisations canadiennes ont tendance à adopter une attitude de suiveur face aux technologies émergentes. Il y a donc peut-être un certain rattrapage à faire.

Et c’est ce que les entreprises canadiennes envisagent de faire. Comme le souligne notre sondage de suivi, 80 % des chefs de la direction canadiens voient dans la révolution du télétravail une occasion de miser sur leur utilisation des outils numériques de collaboration et de communication, tandis que 60 % affirment que leurs efforts pour doter leurs employés de capacités d’automatisation et d’intelligence artificielle se sont considérablement intensifiés au cours des derniers mois.

Faire les choses à l’envers

Les investissements dans la technologie de la main-d’œuvre augmentent, mais on ne peut pas en dire autant de la formation et du perfectionnement des employés. Selon notre sondage de suivi, si 84 % des chefs de la direction canadiens ont l’intention d’acquérir de nouvelles technologies, seuls 16 % des chefs de la direction canadiens prévoient d’investir davantage dans le perfectionnement des compétences et des capacités de leur main-d’œuvre.

Je suis fermement convaincu que la technologie est le catalyseur et que les humains sont les transformateurs. Par conséquent, nos dirigeants canadiens devraient investir dans les deux. L’occasion est belle pour perfectionner et renouveler les compétences de notre personnel, c’est-à-dire lui permettre d’acquérir les compétences nécessaires pour s’épanouir dans la nouvelle réalité. Je parle ici de compétences numériques et techniques, en plus des apprentissages qui permettent de développer l’esprit créatif et l’intelligence émotionnelle.

Armughan Ahmad
Associé directeur canadien et président,
Solutions numériques, KPMG au Canada

Recrutement et rétention

Les défis liés à la recherche et à la rétention des talents se sont intensifiés en raison de la pandémie. Au début de l’année 2020, dans notre sondage mené avant la pandémie de COVID-19, les talents représentaient le dixième risque émergent en importance pour la croissance des entreprises. Aujourd’hui, ils représentent le troisième risque en importance pour les chefs de la direction canadiens. Les homologues étrangers semblent encore plus inquiets quant à la recherche de talents pendant la pandémie, les répondants à l’échelle internationale désignent ce risque comme étant le plus important (alors qu’il se situait au 12e rang en janvier 2020).

Permission d’échouer

La création d’une main-d’œuvre numérique consiste autant à miser sur la technologie et les talents qu’à créer une culture qui favorise l’innovation. À cet égard, notre sondage avant la COVID a montré que 85 % des chefs de la direction canadiens conviennent qu’il est important d’instaurer une culture du travail dans laquelle les employés se sentent plus à même de prendre des risques sans craindre l’échec afin d’assurer leur pérennité. En outre, près d’un tiers (30 %) ont mentionné que les initiatives qui échouent rapidement devraient en fait être célébrées et considérées comme des étapes nécessaires vers la réussite. Cette perspective rejoint les recherches menées par Amy Edmondson, professeur de leadership à la Harvard Business School, qui évoque la sécurité psychologique comme un facteur clé de l’innovation.

Les dirigeants à qui nous parlons sont satisfaits de l’empressement et de la rapidité avec lesquels leurs organisations se sont adaptées. Cependant, ils s’inquiètent du sort de leur personnel à long terme. La résilience est une question qui préoccupe beaucoup.

Doron Melnick, Associé leader national intérimaire,
Ressources humaines et changement organisationnel,
KPMG au Canada

Concevoir la nouvelle réalité

La pandémie a démontré que de nombreux Canadiens peuvent travailler de manière productive depuis leur domicile. Néanmoins, il est intéressant d’aborder les facteurs physiques, psychologiques et sociaux qui jouent un rôle dans la conception de notre nouvelle réalité afin de permettre aux organisations de bien se positionner dans le nouveau monde du travail.

Pour de plus amples informations sur chacun de ces sujets, veuillez télécharger notre publication Perspective des chefs de la direction, édition 2020. 

Contenu connexe

Communiquez avec nous