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Le Canada doit prendre soin de nos licornes technologiques et les conserver

Le Canada doit encourager et conserver ses licornes

Rédigé par Elio Luongo et Sunil Mistry pour le Globe and Mail

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​Elio Luongo est chef de la direction et associé principal, KPMG au Canada. Sunil Mistry est associé, KPMG Entreprise, Technologie, médias et télécommunications (TMT), KPMG au Canada.

Voilà un refrain qu'on entend beaucoup trop souvent : Silicon Valley accueille de nombreux entrepreneurs en technologie qui n'ont pas réussi à obtenir du soutien pour faire progresser leurs idées et qui se sont finalement tournés vers le voisin du sud pour y trouver des investisseurs... et qui ont fini par emporter avec eux leur génie et leur capital.

Les choses commencent toutefois à changer, et davantage de Canadiens parviennent à trouver le financement qu'il leur faut pour développer leurs idées et qu'elles restent au pays.

Le plus récent rapport de KPMG International sur les fonds de capital de risque indique que la somme record de 4,6 milliards USD a été investie au Canada en 2019, soit une augmentation de 500 % au cours de la dernière décennie. Le Canada est désormais le troisième plus grand marché pour le capital de risque après les États-Unis et la Chine en ce qui a trait à la valeur globale des investissements, et après les États-Unis et Israël en ce qui a trait au PIB.

Dans l'ensemble, le pouvoir économique passe rapidement du secteur des ressources à celui des technologies. Les données, la propriété intellectuelle et la puissance de traitement sont en train de devenir la nouvelle devise. Il nous faut offrir le bon environnement et les incitatifs nécessaires pour que la croissance du capital de risque se maintienne, mais aussi pour nous assurer qu'un plus grand nombre de jeunes pousses parviennent à maturité au Canada.

Bonne nouvelle : le marché technologique du Canada est maintenant plus indépendant et plus autonome que jamais.

La croissance du Canada en tant que centre de haute technologie est propulsée par un talent exceptionnel, une solide infrastructure, le soutien du gouvernement, et des évaluations raisonnables qui ont donné de solides rendements. Les investisseurs canadiens et étrangers y voient aussi un pays de plus en plus ouvert à une époque où de nombreux autres pays se tournent vers leur marché intérieur et resserrent leurs frontières.

Pourtant, le secteur technologique canadien est encore largement caractérisé par des entreprises qui sont vendues à des entités de plus grande taille, pour la plupart étrangères, avant même qu'elles n'atteignent leur vitesse de croisière. Malgré sa position de troisième plus important marché de capital de risque, le Canada tire de l'arrière pour ce qui est du nombre d'entreprises en démarrage qui atteignent le statut de licornes (soit des entreprises dont la valorisation atteint le milliard de dollars). Au cours des deux dernières années, le monde a assisté à la naissance de 204 licornes. Seules deux d'entre elles étaient canadiennes, la fintech montréalaise Nuvei Technologies et l'entreprise en démarrage en intelligence artificielle Coveo Solutions de Québec. Ces dernières étaient par ailleurs les deux seules licornes canadiennes à voir le jour au cours des cinq dernières années.

Un vent de changement se lève toutefois : le Canada possède désormais les éléments nécessaires à la création ici même d'un grand nombre d'entreprises prospères qui conserveront leur siège social au Canada. Ces entreprises sont essentielles à notre future économie. Elles créent des emplois de grande qualité, favorisent encore plus d'innovation et sont la source de nouveaux investissements.

Et ce potentiel ne se limite plus seulement aux centres de haute technologie habituels que sont Toronto, Vancouver, Montréal et Waterloo, en Ontario, mais il s'étend à tout le pays dans des villes telles que Halifax, Ottawa, Saskatoon et Edmonton.

Nous observons trois tendances qui déterminent l'avenir des licornes au Canada.

1. Une plus grande capacité à conserver la société en sol canadien. Les entrepreneurs ont de plus en plus tendance à conserver une plus large part de leur entreprise en cours de financement. Jusqu'à récemment, la petite taille et la faible empreinte du capital de risque au Canada se traduisaient par une plus grande prise de risque pour les investisseurs. Pour se prémunir de ces risques, les entrepreneurs du secteur technologique devaient laisser aller une plus grande part des actions de leur entreprise pour attirer le capital de départ et de développement dont ils avaient besoin.

Par conséquent, avant que de nombreuses entreprises ne parviennent au stade du financement, leurs créateurs ne sont tout simplement plus en possession d'une part suffisante de leur entreprise pour lui donner une nouvelle impulsion, particulièrement quand une offre de vente attirante est déposée sur la table.

Le succès grandissant du secteur canadien a permis de réduire le risque pour les investisseurs et d'attirer non seulement davantage de capital de départ, mais aussi, plus récemment, une part plus élevée de capital de croissance qui vise à faire passer les jeunes pousses à la vitesse supérieure. Ce nouvel environnement apporte aux entrepreneurs la capacité de conserver une plus grande part de leur entreprise aux étapes du financement.

2. Des talents en plus grand nombre. Le nombre de personnes de talent en technologie au Canada est en constante augmentation. Nos collèges et universités font en effet du bon travail et produisent suffisamment de diplômés qui possèdent les compétences les plus recherchées. Mais comme dans la plupart des pays, le nombre de diplômés ne suffit pas à la demande et il faut encore grossir leurs rangs pour parvenir à combler les lacunes. De tout temps, cette réalité est un enjeu plus important pour les entreprises en démarrage qui ont plus de difficulté à conserver leurs employés quand de plus grandes organisations, des deux côtés de la frontière, peuvent leur offrir de meilleurs salaires.

Les récents changements à nos politiques d'immigration ont toutefois donné un avantage décisif au Canada, qui est désormais en mesure d'attirer les esprits les plus éminents et les plus brillants du monde, particulièrement dans le secteur des technologies. En fait, l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a dit du système canadien que c'était une référence pour d'autres pays, et qu'il peut se vanter d'afficher la plus forte proportion d'immigrés ayant un niveau d'éducation élevé parmi les pays de l'OCDE.

3. Accès aux talents en gestion. Si la découverte et la fructification d'une idée sont les étapes les plus importantes pour une entreprise en démarrage, la capacité de faire passer l'entreprise au niveau supérieur exige la présence de personnes qualifiées et expérimentées aux postes de directeur des finances, directeur du marketing, et autres postes de direction clés qui devront élaborer des plans d'affaires, se charger de répondre aux exigences des autorités de réglementation, et ainsi de suite. Bien que la maturation croissante du secteur au Canada stimule la capacité, il reste encore beaucoup à faire.

Il est essentiel que le Canada continue d'alimenter cette source de talents en parallèle avec les talents du secteur technologique.

Les entrepreneurs en technologie du Canada sont à l'œuvre dans un monde qui est très largement différent de celui qu'ont connu leurs prédécesseurs il y a quelques années à peine. La convergence d'idées novatrices, de succès commerciaux, d'une forte infrastructure, d'un bassin grandissant d'investisseurs, du soutien gouvernemental et d'une source de talent sans égale a donné au secteur une nouvelle assurance qu'il peut être compétitif et réussir.

L'assurance que nous verrons un nombre toujours plus grand d'entrepreneurs conserver les rennes de leur entreprise et bâtir une culture propice aux licornes au Canada.

https://www.theglobeandmail.com/business/commentary/article-its-time-for-canada-to-nuture-and-keep-its-own-tech-unicorns/

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