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Le changement climatique affecte aussi les entreprises

Le changement climatique affecte aussi les entreprises

The growing consumer, investor and regulator pressure is sending a clear message to Canada's businesses: Get on board or be left behind.

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Bill Murphy est le leader national des Services de développement durable chez KPMG à Toronto. Roopa Davé est associée au sein des Services de développement durable chez KPMG à Vancouver.

Mise à jour : mai 2020

Nous convenons tous désormais que le changement climatique n’affecte pas seulement le climat. Les entreprises sont de plus en plus contraintes d’évaluer, de mesurer et de divulguer les risques pour leurs activités, leur réputation et, ultimement, leurs stratégies commerciales.

En fait, ces quatre dernières années, le Forum économique mondial a classé les risques liés au climat en tête de liste des menaces qui guettent les entreprises. Il a aussi observé que « les changements climatiques frappent plus fort et plus rapidement que beaucoup avaient prévu. » La pandémie actuelle n’a fait qu’amplifier ce risque en montrant comment un phénomène naturel peut entraîner, soudainement ou cumulativement, des perturbations socioéconomiques jusqu’alors inimaginables.

La pression croissante qu’exercent les consommateurs, les investisseurs et les autorités de réglementation envoie un message clair aux entreprises canadiennes : elles doivent participer, au risque de manquer la partie.

Les conséquences de l’inertie sont maintenant trop importantes pour être ignorées. Depuis des années, on observe les signes de la montée d’un « capitalisme des parties prenantes », accéléré par la crise actuelle. Les entreprises qui sous-estiment leur rôle et leur impact au-delà de la maximisation du rendement perdent des employés, des investisseurs et des acheteurs.

Dans sa lettre de 2020 aux chefs d’entreprise et aux investisseurs, Larry Fink de BlackRock a déclaré que son entreprise cesserait immédiatement d’investir dans des entreprises qui « posent un risque élevé lié au développement durable ». Un mois avant, l’investisseur activiste Sir Christopher Hohn, du fonds d’investissement britannique TCI, a lancé un appel aux principaux gestionnaires d’actifs, dont BlackRock – le plus grand gestionnaire d’actifs au monde avec près de 7 000 milliards de dollars d’investissements – critiquant au passage leur système de vote pour les résolutions relatives au climat.

De plus en plus, les grands investisseurs institutionnels, et maintenant les gouvernements, exigent de savoir comment les conseils d’administration rendent leurs entreprises plus respectueuses du climat, et sont beaucoup plus disposés que jamais à ajuster leurs décisions d’investissement s’ils n’aiment pas ce qu’ils entendent ou voient. Prenons par exemple la décision du fonds souverain de Norvège de cesser d’investir dans des exploitants canadiens de sables bitumineux, ou encore la décision de la Banque du Canada de rendre le crédit d’urgence aux grandes entreprises conditionnel aux rapports de divulgation de l’information liée au climat.

Pour une économie comme celle du Canada, qui dépend fortement de l’exploitation et de l’exportation de ressources naturelles, ces pressions et attentes ne peuvent être ignorées. Tandis que de nombreuses entreprises canadiennes réagissent et exercent leurs activités de manière plus écoresponsable, la démonstration et la communication efficaces de ce message se sont avérées difficiles. La fragmentation et l’incohérence des obligations d’information sur le climat et l’environnement imposées aux entreprises expliquent en partie cette situation.

Dans la foulée du Forum économique mondial de Davos en 2020, il ne fait aucun doute qu’un ensemble commun de mesures sociales et environnementales, et de recommandations en matière d’information verra le jour. De plus en plus, les investisseurs institutionnels attendent des entreprises un respect des pratiques exemplaires et des lignes directrices sectorielles établies par des organisations telles que le Sustainability Accounting Standards Board (SASB), et des recommandations du groupe de travail du Conseil de stabilité financière sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC).

Les organismes de réglementation du secteur financier et des valeurs mobilières sont contraints de rendre obligatoire l’adoption de ces cadres de présentation de l’information, auparavant volontaires. Les entreprises qui prennent des mesures dès maintenant pour se préparer auront probablement un avantage sur leurs concurrents d’un point de vue stratégique et réputationnel.

Les entreprises canadiennes sont-elles prêtes?

Dans le rapport Perspective des chefs de la direction 2019 de KPMG International, les chefs d’entreprise du monde entier ont cité le changement climatique comme le plus grand risque commercial, avant tous les autres risques, dont les technologies perturbatrices, le territorialisme et la cybersécurité. Selon le GIFCC, le pourcentage d’entreprises qui communiquent volontairement les risques et les occasions financières liés au climat a augmenté de près de 15 % au cours des deux dernières années.

Dans le cadre de la mise à jour des directives sur la divulgation des informations climatiques publiées en 2019, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières se sont basées sur 78 sociétés inscrites à la Bourse de Toronto. Parmi ces sociétés, 22 % ont fourni des informations standards sur les risques climatiques et 22 % n’ont fourni aucune information. Les informations fournies n’étaient généralement pas comparables et omettaient souvent des informations nécessaires pour fournir un contexte suffisant.

Comme l’a déclaré Mark Carney, nouvel envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique depuis mars 2020, « tout le monde reconnaît que les informations ne doivent pas seulement concerner les aspects statiques mais aussi ceux stratégiques ». Les administrateurs ont dès à présent la possibilité de défendre les pratiques exemplaires en matière d’informations sur le changement climatique, y compris celles recommandées et contrôlées par le GIFCC.

Par où commencer?

Premièrement, déterminez la responsabilité du traitement des risques et des occasions liés au climat dans votre organisation, tant au niveau de la direction que du conseil d’administration. La sensibilisation au climat et l’engagement de toutes les fonctions seront essentiels pour soutenir ceux qui doivent veiller à ce que les risques relatifs au climat soient bien compris. Compte tenu de la complexité des impacts climatiques, une organisation devrait faire appel à des professionnels chevronnés en matière de finances, de planification des activités et de risques, outre des spécialistes en durabilité, pour veiller à la prise en compte plus globale de la question et de ses implications commerciales.

Deuxièmement, améliorez vos processus de recensement et d’évaluation des occasions et des risques climatiques en intégrant le climat de façon plus poussée dans les processus de planification stratégique, les objectifs de l’entreprise et la prise de décision. Comme dans le cas de la crise de santé publique actuelle, envisagez d’utiliser l’analyse de scénarios pour renforcer vos processus de gestion des risques et mettre à l’épreuve la résilience de votre modèle d’entreprise en cas de crise climatique, dont sur le plan réputationnel, et élaborez dès maintenant des plans d’adaptation. Cette étape peut s’amorcer par une analyse qualitative et vous obligera à planifier sur une période plus longue que celle à laquelle vous êtes généralement habitué. Pourquoi? Parce que le sujet est en constante évolution. Voilà la nouvelle norme.

Troisièmement, examinez comment vous répondez à la demande des parties prenantes en matière d’informations sur le climat en incluant les principales informations relatives au climat dans les rapports annuels et les rapports de durabilité et en examinant la conformité aux recommandations du GIFCC.

Enfin, reconnaissez que le degré d’incertitude autour des risques climatiques complique la capacité à prendre des décisions éclairées. La collaboration avec des spécialistes et des pairs de l’industrie en dehors de votre entreprise sera donc essentielle pour élaborer des plans de scénarios qui devront être constamment mis à jour.

L’époque où l’on considérait les questions et les informations relatives au développement durable comme secondaires par rapport à la stratégie d’entreprise et aux rapports généraux est révolue.

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