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Le numérique et la confidentialité

Le numérique et la confidentialité

Le numérique et la confidentialité

Tandis que le Canada concrétise ses ambitions numériques, la protection et la confidentialité des renseignements personnels gagnent en importance. C'est vrai autant pour les entreprises du secteur privé que pour les organismes du secteur public.

L'importance de la sécurité et de la confidentialité des données n'est pas nouvelle. Leur prépondérance est cependant mise en lumière par la recrudescence des cybermenaces et les grandes initiatives de données qui visent à transformer notre manière de travailler et d'interagir dans le nouveau monde numérique des services. Le témoignage le plus frappant de cette évolution est le règlement général sur la protection des données (« RGPD ») de l'Union européenne, qui impose à toutes les entités appelées à gérer des données européennes des normes de responsabilité et de transparence plus strictes que jamais. Les gouvernements d'un peu partout dans le monde emboîtent le pas en adoptant des approches similaires.

Le RGPD et la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (« LPRPDE ») du Canada sont clairs : la confidentialité et la sécurité des données ne peuvent plus être perçues comme secondaires ou comme une simple obligation de conformité. La législation doit être interprétée parallèlement aux nouvelles attentes. Les organisations doivent traiter les données qui leur sont confiées dans l'intérêt du plus grand nombre, et non seulement pour respecter les dispositions des lois. De nos jours, les entreprises et les organismes publics de toutes sortes doivent être prêts à prouver à leurs clients, aux organismes de réglementation et au grand public qu'ils font preuve de responsabilité et de transparence dans leur utilisation de l'actif informationnel le plus important des Canadiens : leurs renseignements personnels.

L'avenir numérique est une affaire de confiance. Les entreprises qui se démarqueront seront celles qui intègreront de manière proactive la confidentialité et la sécurité à leurs nouvelles technologies, à leurs pratiques d'affaires et à l'architecture de leur technologie émergente. Ce seront aussi celles qui concluront des contrats explicites avec les clients sur la façon dont leurs données sont recueillies, gérées et utilisées, et celles qui proposeront une valeur claire et équitable à leurs clients en échange de leurs données – en leur offrant des primes, une expérience bonifiée ou des services personnalisés, sans qu'ils aient à sacrifier leurs valeurs ou leurs attentes en matière de confidentialité.

Le gouvernement du Canada n'échappe pas à ces attentes. On pourrait croire qu'à cause de la nature obligatoire de leur collecte de données, nos autorités prendraient un soin encore plus grand des énormes volumes de données sur les citoyens qui sont utilisées pour définir les politiques, les services publics et les progrès internes. Pourtant, comme l'indique le rapport Moi, ma vie, mon portefeuille publié en 2018 par KPMG, les Canadiens sont de plus en plus inquiets de la façon dont leurs données sont recueillies et utilisées par le secteur public. Si le gouvernement souhaite renforcer la confiance des citoyens et établir avec eux un partenariat de partage de données fructueux, il doit faire preuve des plus hauts niveaux de transparence, de responsabilité et de respect.

La bonne nouvelle, c'est que le gouvernement du Canada a démontré qu'il a la ferme intention d'adopter une stratégie nationale à l'égard des données sur la base de ces principes fondamentaux, qui sont à l'image des valeurs canadiennes. Un projet de révision de la LPRPDE étant en cours, il est probable que le Canada relèvera encore la barre pour rester à la hauteur des attentes des consommateurs et des exigences de nos partenaires européens.

À mesure que la transformation se poursuit, nous devons avoir une image complète des risques d'aujourd'hui et des comportements des Canadiens.