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Les paiements numériques

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Les paiements numériques

Article coécrit par Joleen Young, associée, Activités, Services-conseils – Management, KPMG au Canada

Il ne fait aucun doute que les paiements numériques sont la voie de l'avenir. Alors que le Canada s'engage dans la modernisation des modes de paiement, le gouvernement doit s'assurer que les éléments de base sont en place, que les cybercapacités sont à leur apogée et que le secteur public montre l'exemple dans ce domaine.

Tout commence en effet par la base. Pour qu'une véritable économie numérique prenne racine, tous les Canadiens doivent avoir la possibilité de faire des paiements en ligne, peu importe où ils se trouvent. Ce type d'accès est tenu pour acquis dans les grands centres urbains, où les services à large bande sont la norme. Pourtant, dans certaines régions éloignées et communautés traditionnellement mal desservies, la fiabilité et la rapidité du service laissent encore à désirer. De même, on a tendance à considérer que la majorité des Canadiens disposent du téléphone intelligent, du courriel et de la connectivité nécessaires pour faire des paiements numériques. Il faut que les sociétés de télécommunications et les autres parties prenantes de l'industrie s'unissent pour offrir à tous les Canadiens des possibilités de paiement numérique; même dans les régions où cet impératif a peu d'écho sur le plan commercial, le bien du plus grand nombre devrait prévaloir.

Nous ne pouvons pas nous permettre de présumer que la sécurité sera toujours au rendez-vous. Les systèmes de transfert électronique actuels sont exposés au vol, au détournement et à la corruption qui découlent des cybermenaces. Le gouvernement doit donc travailler de concert avec les banques, Paiements Canada et le ministère des Finances pour mieux protéger nos frontières virtuelles.

Enfin, le gouvernement doit jouer un rôle plus déterminant pour abolir l'utilisation de chèques : il doit publier des normes définitives et concrètes et fixer des échéances claires pour l'adoption de véritables mécanismes de paiement numérique, sans quoi le pays restera à la traîne. Au Canada, le montant d'un chèque peut encore aller jusqu'à 25 millions de dollars, alors que dans bien des pays, ce montant est limité à 50 000 $; on voit donc pourquoi certains acteurs canadiens ne sont pas très enclins à investir dans des solutions sans papier. Tant que la limite autorisée ne sera pas abaissée et que le gouvernement ne manifestera pas une plus grande confiance à l'égard de l'utilisation et du développement des paiements numériques, le mouvement vers la numérisation des paiements manquera d'envergure.

L'accès pour tous, une sécurité sans faille et l'exemple du secteur public : voilà les trois ingrédients essentiels pour que le Canada progresse véritablement sur la voie de l'économie numérique.