close
Share with your friends
La taille : un atout à exploiter

La taille : un atout à exploiter

La taille : un atout à exploiter

Dans la quête de valeur, la taille est souvent un atout. Les sociétés utilisent souvent leur taille pour réaliser des synergies de coûts ou pour conclure des ententes d'approvisionnement plus avantageuses, mais la pratique est moins courante parmi les fonds de capital-investissement. Encore faudrait-il savoir s'ils sont même en mesure de rationaliser les coûts et de créer des synergies dans les portefeuilles et, surtout, si l'effort et les perturbations potentielles en valent la peine.

En bref, la réponse est « oui », mais ce n'est pas une mince tâche.

Une foule d'options

Cela se fait pourtant. Certains fonds de capital-investissement ont réussi à créer de la valeur en dégageant des synergies opérationnelles dans les actifs du portefeuille. Prenons le fonds de roulement, par exemple. Je connais une société de placement d'envergure mondiale qui a déployé des outils et des techniques à la l'ensemble de son portefeuille, de façon coordonnée et systématique, pour gérer les comptes débiteurs, les comptes créditeurs et les stocks. La société a adopté des techniques éprouvées pour minimiser son fonds de roulement et chargé des conseillers d'intégrer des pratiques exemplaires dans l'ensemble du portefeuille. L'approche gagne en popularité, et certains s'en inspirent dans des domaines comme la cybersécurité, l'information financière, de même que l'approvisionnement direct et indirect.

L'une des meilleures façons de réduire les coûts d'approvisionnement est de regrouper les dépenses. Si les dépenses indirectes d'un vaste portefeuille de sociétés s'élèvent à 5 % du revenu, on voit l'intérêt de centraliser certains coûts d'approvisionnement : déplacements, hôtels, TI, services mobiles, personnel temporaire et autres services externalisés (p. ex., l'audit, la paie, l'entretien, etc.). Imaginez le pouvoir d'achat que représente un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars quand on s'adresse à un assureur, ou quand on cherche un détaillant capable de fournir des bottes de sécurité à un portefeuille tout entier d'entreprises de fabrication.

Surmonter les obstacles

Le chemin menant à la réduction de coûts est toujours pavé d'embûches. D'une part, les dirigeants voient d'un mauvais œil toute ingérence de l'investisseur dans les affaires internes de leur entreprise. Ils veulent les coudées franches en matière de décisions d'achats, et ils s'opposeront sans doute à toute tentative de la part du fonds de capital-investissement de leur enlever leur pouvoir d'achat. D'autre part, comme il n'y a pas assez de réussites à citer, les sociétés d'investissement ont du mal à convaincre les équipes de direction que la démarche en vaut la peine. Elles restent très sceptiques à l'égard des avantages réels d'un « club d'achat ».

Il est effectivement possible d'utiliser la taille du portefeuille pour tirer une valeur accrue d'un portefeuille de sociétés, mais cela ne se fait pas en un tournemain. Les plus avisés parmi les dirigeants de fonds de capital-investissement trouveront des moyens de surmonter les obstacles : ils donneront la tâche en impartition à un spécialiste de l'approvisionnement, offriront des incitatifs à la direction pour qu'elle accepte de laisser la société d'investissement se charger des achats, ou les deux. Quel que soit le cas, les fonds de capital-investissement ont intérêt à noter systématiquement les économies et les gains d'efficience qui découleront de ces initiatives comme preuve de leur utilité, et pour rallier toutes les parties intéressées.

Avec un peu d'introspection et beaucoup de collaboration, le pouvoir d'achat d'un fonds de capital-investissement peut se transformer en atout. On l'a vu, la centralisation des dépenses et des fonctions standard est un argument convaincant. Voilà donc une stratégie qui mérite d'être envisagée.

Quand vous êtes prêts, réalisons-le.