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PAPE ou désinvestissement

PAPE ou désinvestissement

PAPE ou désinvestissement

Désinvestissement ou transformation en société ouverte? Voilà une question simple aux ramifications complexes. Certes, lancer un premier appel public à l'épargne (PAPE) est une option viable pour un fonds de capital-investissement qui cherche à générer des liquidités d'un actif de leur portefeuille qu'il n'est pas prêt à abandonner. Mais comme on le sait, toute décision majeure concernant le portefeuille doit être prise en pleine connaissance de cause.

Le PAPE est un projet dont on ne saurait nier le bienfondé. Vu les conditions du marché, il est plus difficile pour les fonds de rentabiliser leur investissement avec un modèle de financement par emprunt. Aussi, l'appel public à l'épargne est un moyen de libérer des capitaux de l'actif tout en conservant la propriété.

Le véritable coût de la transformation en société ouverte

Cela dit, la transformation en société ouverte n'est pas une panacée en période de difficultés. D'ailleurs ceux qui se sont lancés dans l'aventure d'un PAPE vous le diront sans doute, on ne fait qu'échanger un type de problèmes contre un autre. Peu importe l'objectif, un million ou un milliard de dollars, une transformation en société ouverte signifie de nouvelles règles et procédures, et des actionnaires et des autorités de réglementation à satisfaire. Autrement dit, un terrain inconnu pour les fonds habitués à plus d'autonomie et à vendre des acquisitions quand les conditions semblent favorables.

Le coût d'une transformation en société ouverte doit aussi être mis en balance au moment de décider entre un PAPE et un désinvestissement. Avocats, placeurs, banques et auditeurs, tous ces intervenants doivent être payés et la facture monte vite. Les reports et les annulations représentent des coûts élevés et imprévus que doit assumer l'organisation, et c'est la principale raison pour laquelle on en dresse la liste. Et il n'y a pas que les coûts logistiques à prendre en compte; il y a la bonne volonté du public et l'obligation d'information continue.

Économies d'échelle

Vouloir transformer son entreprise en société ouverte est une chose; être prêt à assumer les coûts, les obligations de conformité qu'implique un tel projet, et à supporter l'attention du public, c'est tout autre chose. À lui seul, le contexte d'information financière, radicalement différent, représente un défi de taille si on est mal préparé. En effet, le projet exige de solides compétences en matière d'information financière, sans parler des contrôles, de l'infrastructure informatique, des ressources humaines et de la structure de gouvernance – autant d'éléments qu'on ne saurait mettre en place du jour au lendemain.

Les entreprises de petite taille s'estimeront peut-être plus agiles et capables de réussir la transition, mais la simplicité des opérations ne garantit pas nécessairement un PAPE sans heurts. Si la taille importe peu, il existe néanmoins un seuil relatif applicable à toutes les organisations.

Cela ne veut pas dire qu'on doit se garder de lancer un PAPE, simplement, qu'un tel projet exige beaucoup de préparation et une évaluation objective de la capacité de votre entreprise à relever les défis qu'il comporte. Avant de lancer un PAPE, il faut procéder à une évaluation de l'entreprise et prendre le pouls de la situation. Il est essentiel de s'instruire sur ce que signifie être une société ouverte avant de s'engager dans ce projet. Votre service des finances est-il solide? Quelles sont ses compétences en matière d'information financière? Votre infrastructure informatique est-elle évolutive? Votre équipe est-elle à la hauteur? Avez-vous tous les comités nécessaires étant donné votre structure de gouvernance? Une fois que vous avez évalué vos capacités, vous pouvez déterminer si la transformation en société ouverte est une solution et établir un échéancier réaliste (ainsi que des budgets) pour mener à bien le projet.

L'évaluation n'est utile que dans la mesure où vous avez établi clairement vos objectifs à long terme. Si vous prévoyez de vendre l'acquisition dans peu de temps, le désinvestissement est sans doute la meilleure option. La radiation de la cote est un processus tout aussi coûteux et fastidieux, sans compter qu'un changement de stratégie, quand on a des comptes à rendre à des parties prenantes du public, n'a rien de facile.

Sous la loupe

Bref, les fonds de capital-investissement sont habitués à acheter des actifs, à les transformer puis à les revendre en empochant de gros profits. Tout cela change dès que le public prend une participation dans l'entreprise et qu'il y a obligation de rendre compte au public. Rappelons que l'attention du public peut réduire le rendement d'une entreprise identique à une autre sur le plan des activités, à part la présence de parties prenantes.

On en revient à la question posée au début : désinvestissement ou transformation en société ouverte? Couper le cordon ou prendre un risque dans l'espoir de faire de gros profits? Les deux options ont des avantages et les deux exigent une bonne planification. L'organisation doit non seulement déterminer l'approche qui lui convient, mais aussi elle doit aussi considérer objectivement sa situation et s'assurer d'être fin prête pour l'aventure.

Quand vous êtes prêts, réalisons-le.