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L’évaluation d’une transaction et l’acheteur averti

L’évaluation d’une transaction et l’acheteur averti

Nous sommes en plein boum, une période prolongée de croissance économique, de faibles taux d'intérêt qui se traduisent par du capital bon marché, et de fonds de capital-investissement qui disposent de sommes records à investir. Tout cela contribue au dynamisme du marché des fusions et acquisitions (F&A) qui malgré la concurrence, a beaucoup à offrir aux acheteurs avertis et futés.

Évaluations à la hausse

La concurrence s'intensifie, il n'y a pas de doute. Auparavant, chaque actif était convoité par un acheteur, mais désormais il est courant de voir de multiples sociétés de placements privés et de multiples acheteurs stratégiques se faire concurrence pour les mêmes actions. En fait, une étude récente des transactions conclues par des sociétés de placements privés a révélé une hausse de 45 % dans les évaluations de transactions en Amérique du Nord depuis le début de la récession mondiale en 2009. Cela signifie qu'il y a 10 ans, une entreprise aurait été évaluée en moyenne à 7,7 fois le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIA). Aujourd'hui, on parle d'un multiple du BAIIA supérieur à 11, et qui ne donne aucun signe de s'essouffler. Et, compte tenu de ce qu'on observe sur le marché, on peut en déduire que les acheteurs mettent la main sur de plus grandes entreprises ou qu'ils paient le prix fort. Quoi qu'il en soit, les évaluations augmentent, et il est temps pour les acheteurs de penser autrement.

Des façons originales de livrer concurrence

Dans un marché si concurrentiel, comment fait-on pour ne pas surpayer ses acquisitions? L'une des tactiques consiste à trouver des actifs qui ne sont pas encore sur le marché pour tenter de conclure une entente exclusive. Cela dit, il y a de fortes chances que les propriétaires et le conseil d'administration de l'entreprise réagissent en lançant le processus d'achat dans l'espoir d'obtenir un meilleur prix, ce qui mettait fin à tout espoir d'exclusivité. Autre option : rechercher des actifs dans des régions où la concurrence est moins vive, comme les pays en voie de développement en Amérique du Sud, en Asie ou en Afrique. La concurrence y sera sans doute moins forte, mais pour les acheteurs peu habitués à ces marchés et ces économies, le pari est risqué.

Une troisième stratégie consiste à chercher des divisions d'entreprises ou des entités détachées, particulièrement des actifs secondaires qui pourraient prospérer sous la direction d'un nouveau propriétaire. Bien souvent, cela implique une refonte complète des services administratifs (embaucher de nouveaux dirigeants, mettre en place un système ERP, veiller à la gestion du changement, etc.). Cette option s'adresse aux investisseurs qui ont l'expérience de ce genre de transformation et qui n'ont pas froid aux yeux.

La quatrième stratégie (et sans doute la plus viable) consiste à inclure la valeur opérationnelle après la transaction dans le prix d'achat. Prenons l'exemple d'un acheteur qui s'intéresse à une entreprise dont la valeur actualisée des flux de trésorerie s'élève à 100 millions de dollars par an, mais qui, selon lui, pourrait atteindre 110 millions par an en réduisant les coûts de 10 millions de dollars. Il pourrait donc se permettre de payer plus. Cette façon de faire est on ne peut plus courante : les bons vendeurs y ont recours de façon proactive et les acheteurs avertis comptent sur ces réductions de coûts pour leur donner un avantage concurrentiel au moment de l'évaluation de l'organisation. Il reste que pour l'acquéreur, le succès de cette stratégie repose sur sa capacité à dégager les liquidités une fois la transaction conclue.

Les coûts de l'inaction

Toutes ces stratégies sont viables, mais elles ne sont pas sans risques. Se tromper sur les données financières, c'est supprimer du coup tout avantage escompté. Et c'est sans parler des éventuels revirements économiques, fluctuations du marché ou hausses des taux d'intérêt qui pourraient éroder les économies prévues.

Néanmoins, il est aussi coûteux de rester les bras croisés. Une transaction que l'on ne réalise pas équivaut parfois à une opportunité ratée pour cinq ou six ans, étant donné la nature cyclique de la vente d'actifs. Malgré la rude concurrence et les prix élevés, les acheteurs avertis réussissent toujours à tirer leur épingle du jeu et à accroître leur portefeuille de manière rentable. Bien sûr, pour cela il faut être bien préparé, ne pas avoir froid aux yeux et savoir saisir les occasions quand elles se présentent.

Quand vous êtes prêts, réalisons-le.