• Huey Lee, Author |
5 minutes de lecture


​Si vous êtes un aigle, libre et majestueux, qui survole le monde des rampants, vous n'avez probablement pas besoin de lire ceci. Votre entreprise est à l'abri d'une crise financière, vos activités ne souffrent pas d'une pandémie, vous voguez allègrement sur les flots de la prospérité.

Pour le reste d'entre nous, les difficultés financières post-pandémie ont une tout autre allure. Comme j'habite et je travaille en Colombie-Britannique, je me pencherai sur le marché de cette province. Certes, on y trouve quelques grosses pointures : rien que depuis un an, de nouvelles entreprises technologiques évaluées à plus d'un milliard de dollars chacune ont vu le jour. Mais dans le cas des entreprises moyennes (revenu brut entre 50 M$ et moins d'un milliard de dollars), nombreuses sont celles qui n'en mènent pas large. Dans plus de la moitié des secteurs d'activité de la province, les niveaux d'emploi sont encore inférieurs aux niveaux pré-pandémie. Et comme l'inflation érode la confiance des entreprises, les dirigeants sont aux prises avec des problèmes importants.

Lors d'un récent sondage de KPMG au Canada, on a demandé à des dirigeants de moyennes entreprises canadiennes quelle était leur préoccupation la plus pressante. Les répondants ont cité avant tout l'inflation, la hausse des taux d'intérêt, l'épuisement lié à la pandémie et le risque de futures restrictions, suivis de près par la rareté de la main-d'œuvre, les difficultés liées à l'approvisionnement et la hausse des prix de l'énergie. Voici un aperçu des résultats de ce sondage en ce qui concerne la Colombie-Britannique :

  • 71 % des répondants estiment que leur entreprise subirait des pressions importantes si le taux de base augmentait de 1 %;
  • 43 % croient que la pandémie les a obligés à se restructurer et à réorganiser leurs opérations en raison de la hausse des coûts et des problèmes d'approvisionnement;
  • 91 % ont été touchés par l'absentéisme d'employés lié au variant Omicron;
  • 86 % ont subi une baisse de la demande des consommateurs;
  • 90 % ont dû adopter de nouvelles technologies numériques.

Devant ces chiffres, il faut se rendre à l'évidence : face à tous ces irritants, la plupart des moyennes entreprises ne sont pas des aigles. Elles font plutôt penser à des autruches, qui se cachent la tête dans le sable en croyant à tort que lorsqu'elles regarderont de nouveau autour d'elles, la situation se sera tassée. En effet, seulement 32 % des chefs d'entreprise britanno-colombiens trouvent leur entreprise assez ouverte ou transparente pour aborder ses difficultés financières avec des parties externes, comme des spécialistes en redressement d'entreprise.

Malgré tout, quelles que soient les fluctuations des menaces existantes, les deux principales ne sont pas près de disparaître. Premièrement, l'inflation : elle est réelle, et non passagère. Deuxièmement, les taux d'intérêt : ils augmentent rapidement, au lieu de reculer, et pas seulement au Canada. À mon avis, l'arrivée de la prochaine récession n'est qu'une question de temps.

Mais je dis souvent à mes clients : Vous avez réussi à traverser la pandémie et, avec la fin de l'aide gouvernementale liée à la COVID-19, vous disposez d'une ressource en moins. On ne peut pas reporter indéfiniment des décisions difficiles et des discussions dérangeantes. Quand annoncerez-vous à vos parties prenantes que vous avez adopté un plan pour affronter la nouvelle réalité?

Le plus difficile est peut-être d'admettre qu'on est en mauvaise posture. Si vous répondez par l'affirmative à au moins deux des questions suivantes, vous êtes peut-être en mode « autruche » :

  1. Avez-vous utilisé la PCU, la SUCL ou d'autres soutiens de l'État pendant la pandémie?
  2. Êtes-vous en manquement (ou presque) à l'égard des clauses restrictives de votre banque?
  3. Avez-vous accru votre dette pendant la pandémie?
  4. Vérifiez votre boîte vocale : votre banque ou vos fournisseurs tentent-ils de vous joindre?
  5. La crise de la chaîne d'approvisionnement vous a-t-elle pris au dépourvu au point où vous avez du mal à mettre votre produit sur le marché?
  6. Avez-vous du mal à trouver et à conserver les talents nécessaires pour faire fonctionner votre entreprise?

Bon, d'accord : l'État a adopté une approche aléatoire pour aider les entreprises mais, ce faisant, il a aussi soutenu artificiellement bon nombre d'entreprises « zombies » que le marasme systémique de leur secteur a peut-être acculées naturellement à la faillite. Les subventions et les mesures de protection ont maintenant pris fin, sans assurance que d'autres seront offertes à l'avenir.

Face à une menace, l'autruche peut fuir à une vitesse pouvant atteindre 70 km/h. Mais au lieu de vous cacher la tête dans le sable ou de tenter d'échapper aux tendances macroéconomiques, je vous invite plutôt à être proactif.

Faites comme le phénix, cet oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres.

Qu'est-ce que cela suppose en pratique? Il s'agit de trouver et de déployer les outils et les stratégies qui vous aideront à vous adapter, à vous renflouer et à prospérer. Je recommande toujours l'approche de l'amélioration rapide de la performance (ARP), qui permet d'obtenir un diagnostic rapide, indépendant et objectif de votre entreprise grâce à notre vaste expérience en redressement d'entreprise et à nos analyses fondées sur des données. L'ARP vous aidera à définir rapidement vos options en bénéficiant directement des points de vue éclairés de nos spécialistes. Bref, l'ARP vous permet d'intervenir dans l'avenir de votre entreprise au lieu de vous laisser emporter par les difficultés. Elle consiste souvent à explorer quatre scénarios possibles :

  1. Une transaction (vendre la totalité ou une partie de l'entreprise)
  2. Des améliorations opérationnelles (réparer l'entreprise)
  3. Une réduction des opérations (fermer une partie ou la totalité de l'entreprise)
  4. Une réinvention (entrer en mode « phénix »)

En affaires, les aigles réussissent, mais ils sont rares. Les autruches échouent et, malheureusement, elles sont nombreuses. Quant aux phénix, ils se situent entre les deux. Ils établissent un plan de reprise post-pandémie pour maximiser le BAIIA et la capacité de générer des liquidités. Et ils évaluent proactivement leur situation avec les intervenants importants. On a besoin de phénix plus nombreux.

Quel type d'oiseau êtes-vous? Lequel voulez-vous être? Si vous êtes incertain, passez-moi un coup de fil.

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