• Lorne Burns, Author |
5 minutes de lecture

Billet rédigé en collaboration avec Gavin Lubbe, Leader national, Opérations, et Alison Glober, Associée, Services-conseils.

Tout commence par la définition de ce que vous cherchez à accomplir en transformant votre organisation. Vous pourrez ensuite procéder à rebours pour déterminer quels sont les renseignements nécessaires à l'atteinte de ces objectifs et les jeux de données qui les mettront au jour.

N'oubliez pas que les données ne sont qu'un catalyseur. En répondant d'emblée à la question « Quelles informations pouvons-nous tirer de nos données? », les sociétés immobilières peuvent ainsi se doter des compétences, des stratégies et des technologies nécessaires pour recueillir les bonnes données auprès des bonnes sources et pour les mettre à profit.

De nombreuses organisations canadiennes empruntent déjà cette voie. Selon le sondage sur les données dans le secteur immobilier mené en 2020 par KPMG aux États-Unis (en anglais), 42 % des acteurs nationaux de l'immobilier font des efforts coordonnés pour recueillir, gérer et analyser leurs données à l'échelle de l'organisation. Ils effectuent en amont les travaux nécessaires pour déterminer leur motif à devenir une organisation axée sur les données avant d'élaborer le plan d'action pour y parvenir.

Quelle que soit l'approche adoptée, les organisations qui utilisent le mieux les données sont celles qui :

  • tirent rapidement des données exactes et pertinentes de sources fiables et triées sur le volet;
  • recourent aux données pour gérer leurs propriétés plus efficacement (p. ex., grâce à l'entretien prédictif, à la rationalisation des processus ou aux stratégies de rétention des locataires);
  • mettent en œuvre des technologies de collecte de données (p. ex., au moyen de capteurs, de l'Internet des objets ou de la surveillance en temps réel) pour élaborer des stratégies énergétiques plus éclairées;
  • tirent parti des données du marché et du secteur d'activité pour orienter leurs investissements et leurs opérations dans le marché;
  • comparent leurs actifs à ceux des portefeuilles et des compétiteurs semblables à elles;
  • cherchent à trouver des façons d'utiliser les données pour améliorer l'expérience des locataires (s'il y a lieu).

Ce sont là des signes révélateurs d'un engagement à devenir et à rester une organisation axée sur les données. Le défi, évidemment, est de maintenir le cap.

Sources fiables
Pour qu'une stratégie en matière de données soit efficace, elle doit reposer sur des sources qui sont à la fois précises et actualisées – et ces sources ne se valent pas toutes. Elles ont chacune leurs propres exigences (sur le plan de la gouvernance, de la sécurité, etc.) et peuvent différer en termes de priorité et d'accessibilité.

C'est pourquoi les organisations doivent réaliser un contrôle diligent lorsqu'elles sélectionnent leurs sources. À cette fin, elles doivent analyser les vastes quantités de données qu'elles possèdent pour déterminer desquelles tirer les renseignements les plus précieux, puis élaborer une stratégie et une architecture relatives aux données en gardant à l'esprit les résultats du moissonnage de données.

Heureusement pour elles, les sociétés immobilières canadiennes ont accès à de nombreux groupes de données fiables, dont des référentiels du secteur public (Statistique Canada, bases de données des ministères, données de recensements, etc.), des référentiels publics (Google Public Data Explorer, etc.) et une pléthore de ressources en ligne du secteur privé. Peu importe les ressources qu'une organisation choisit pour en tirer des données, il est essentiel qu'elles soient bien entretenues et mises à jour régulièrement. Ainsi, l'organisation s'assurera de prendre des décisions fondées sur les informations les plus pertinentes.

Accès aux données à l'échelle de l'organisation
Les données ne sont pas faites pour rester en vase clos ni pour être cantonnées aux services informatiques. Elles doivent être intégrées et transmises à l'échelle de l'organisation afin de pouvoir accomplir leur fonction : fournir des indications fiables à tous les secteurs de l'entreprise.

Il est important que les décideurs clés d'une organisation du secteur immobilier aient accès à l'ensemble de ses données (p. ex., un « lac de données ») de manière simple et sécuritaire, de partout et en tout temps. Pourtant, seulement 12 % des répondants canadiens du sondage précité affirment que toutes leurs équipes ont accès aux groupes de données de leur organisation. C'est dire que les sociétés immobilières ont encore du chemin à parcourir.

Le fait que 70 % des entreprises canadiennes n'ont pas actuellement l'intention de partager leurs données avec les locataires en vue d'améliorer leur expérience indique que des occasions ont été manquées. Il est vrai que les sociétés immobilières doivent faire preuve de diligence à l'égard des moyens utilisés pour communiquer leurs informations (et des personnes à qui elles les communiquent). Néanmoins, il leur est avantageux de se pencher sur les façons dont le partage de données pourrait améliorer la sécurité, la satisfaction et le taux de rétention des locataires. Après tout, tout ce qui peut s'avérer bénéfique aux propriétaires, aux gestionnaires et aux occupants d'immeubles mérite d'être envisagé.

Au-delà des machines
Devenir une organisation axée sur les données ne se résume pas à s'équiper de machines et de systèmes plus intelligents. Ce qui compte, c'est d'avoir le personnel capable de choisir les bons outils et de les utiliser efficacement au sein de votre entreprise. Il s'agit là d'une occasion d'améliorer les compétences des professionnels de l'immobilier afin qu'ils utilisent pleinement les données de leur organisation – d'autant plus qu'à l'heure actuelle, seulement 35 % des entreprises canadiennes estiment que leurs employés possèdent les connaissances nécessaires pour tirer parti de leur lac de données. Et comme seulement 3 % des répondants emploient des experts en science des données pour combler leurs lacunes à ce chapitre, il y a là aussi une occasion de recruter de tels spécialistes pour assurer la mise en œuvre de votre stratégie en matière de données.

Pareille stratégie, toutefois, n'est jamais immuable. Il faut évaluer et gérer en permanence les capacités de ses effectifs pour savoir quand et dans quelle mesure la reformation, le remplacement et le perfectionnement s'avèrent nécessaires.

Un caillou à la fois
La mise en œuvre d'une stratégie en matière de données représente un investissement de temps, de capacités et de ressources. C'est là où s'applique l'adage « Qui veut déplacer une montagne commence par un caillou ». Ainsi, décomposez d'abord votre plan en portions gérables et franchissez la distance une petite étape à la fois.

Élaborer et déployer une vaste stratégie de bout en bout peut prendre des années – et il est facile de dévier de sa trajectoire lorsqu'on ne voit pas les fruits de son travail à court terme. C'est pourquoi il est important d'utiliser les données de façon à accroître progressivement la valeur qu'elles génèrent pour votre entreprise. Pour ce faire, tâchez de susciter l'enthousiasme de votre personnel pour les données, assurez-vous que les dirigeants gardent les résultats souhaités bien en vue et faites constamment le lien entre les renseignements fournis par les données et les résultats de l'entreprise.

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