• Lorne Burns, Author |

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Billet rédigé en collaboration avec Tom Rothfischer, associé en audit à KPMG au Canada et leader de notre groupe Immobilier dans la RGT.

L'année 2020 a durement éprouvé la solidité et l'adaptabilité du secteur immobilier canadien qui, au fil de 2021, continue de subir cette adversité. Les activités devenant de plus en plus connectées et complexes et les marchés, plus difficiles, il est temps pour les entreprises de revoir leur stratégie de données.

Il est plus que jamais nécessaire de passer au numérique. La pandémie a créé un nouvel élan pour les entreprises immobilières de toutes catégories, qui doivent adopter des technologies, des talents et des outils de marché adaptés qui favorisent le travail à distance et les services en ligne. Afin de survivre en cette époque de COVID-19, il est devenu essentiel de répondre à l'évolution des besoins du marché et de moderniser les processus des systèmes administratifs.

Heureusement, les entreprises immobilières du Canada ne sont pas restées inactives. Selon l'Enquête sur les données immobilières mondiales (en anglais) menée par KPMG en 2020, un tiers (32 %) des dirigeants immobiliers canadiens ont accéléré ou amélioré la mise en œuvre de leur stratégie de données, et 42 % affirment disposer d'une stratégie de données active. Il s'agit d'une hausse par rapport à notre étude de 2019 sur les technologies immobilières, d'après laquelle seulement 28 % des répondants canadiens avaient adopté une stratégie de données et recueillaient activement des données pour éclairer leurs activités. Certes, nos entreprises tirent de l'arrière par rapport aux 74 % des répondants américains qui ont aussi intégré une stratégie de données, mais il est évident que nos dirigeants immobiliers prennent conscience de l'avantage valeur d'investir dans des stratégies numériques bien définies à l'échelle de l'entreprise.

Au-delà des systèmes administratifs
Les entreprises immobilières canadiennes n'ont pas hésité à utiliser les mégadonnées. La différence entre aujourd'hui et la période précédant la pandémie dans ce secteur est que les stratégies de données vont au-delà d'un objectif opérationnel (économiser l'énergie, réduire les coûts, établir un budget, etc.) et englobent la fidélité de la clientèle. Aujourd'hui, les entreprises utilisent l'analyse des données, l'intelligence artificielle (IA) et les technologies en ligne pour renforcer les liens avec leurs partenaires et clients virtuels, ainsi que pour mieux contrôler l'exploitation des actifs, tant au sein de leurs propriétés que dans l'ensemble de leurs portefeuilles.

Les stratégies de données sont à la base des transformations des services frontaux et administratifs dans l'ensemble du secteur. Elles comprennent les mesures suivantes :
 

  • Établir des plateformes clients pour rendre les ventes plus rapides et plus efficaces.
  • Intégrer des systèmes administratifs automatisés pour gérer plus efficacement les processus essentiels.
  • Investir dans le bureau sans papier (applications mobiles, plateformes infonuagiques, plateformes collaboratives) pour que les équipes immobilières restent connectées et efficaces, quel que soit l'endroit où elles travaillent.

De plus, les entreprises ont recours à des stratégies de données afin d'assurer une maintenance prédictive plus efficace, des modèles de données plus précis et une croissance plus fiable.

Mais il ne suffit pas d'avoir une stratégie de données. Les entreprises qui étendent leurs capacités numériques doivent le faire en fonction de rôles et de responsabilités bien définies. Or, notre sondage de 2020 révèle que seulement 6 % des stratégies de données et d'analyse relèvent de chefs de l'information ou de directeurs de la technologie (contre 39 % aux États-Unis), et que seules 3 % des entreprises canadiennes ont engagé des experts en science des données pour tirer pleinement parti de cette stratégie, contre 44 % des sociétés immobilières qui engagent des spécialistes des données aux États-Unis.

Le manque d'appropriation des stratégies de données n'est qu'un des obstacles. Pour de nombreuses organisations, la capacité de saisir et d'exploiter les données est aussi entravée par des systèmes insuffisants (29 %) ou disparates (26 %), le manque de ressources, la piètre qualité des données et la difficulté de consolider ou d'uniformiser les données provenant de plusieurs sources externes. De plus, l'un des principaux obstacles à la mise en œuvre d'une stratégie en matière de données est le manque d'adhésion des dirigeants de l'organisation et la réticence des employés à abandonner des habitudes dépassées.

Amorcer l'adoption de votre stratégie
Il est encourageant de constater que la moitié des entreprises immobilières interrogées disposent d'une stratégie de données. Toutefois, le fait que le secteur tarde à intégrer les outils, les dirigeants et les spécialistes nécessaires, par rapport à d'autres secteurs, montre qu'il y a des lacunes à combler. Voici quelques premières mesures à prendre par les organisations pour élaborer et exécuter une bonne stratégie de données qui soit efficace :
 

  1. Désignez la personne qui mènera votre stratégie de données et assurez-vous qu'elle dispose de l'autorité et de l'expertise nécessaires pour apporter des changements utiles.
  2. Assurez-vous que votre stratégie de données correspond aux objectifs et aux priorités à court et à long terme de votre organisation.
  3. Définissez les technologies, l'infrastructure, les processus et le capital humain nécessaires pour lancer et intégrer la stratégie dans votre organisation.
  4. Appuyez-vous sur des cadres et des méthodologies pour déterminer comment mettre en œuvre, gérer et exploiter au mieux ces ressources essentielles.

Dans mes prochains billets, j'aborderai les moyens de favoriser une organisation axée sur les données, de mesurer le succès et de prendre en compte les bons « signaux » en matière de données.