• Steve Hills, Author |
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Le Canada est l'un des pays les plus ouverts à la légalisation du jeu. Néanmoins, une restriction de longue date sur les paris sportifs continue d'exclure quelque 14 milliards de dollars de l'économie légale chaque année : l'interdiction de parier sur un seul événement à la fois. Or, avec le projet de loi C-13 qui entre en phase finale d'approbation, la situation est sur le point de changer, et de transformer de façon définitive le paysage canadien des paris sportifs.

Depuis des années, les parieurs sportifs au Canada doivent avoir recours aux paris par reports, c'est-à-dire qu'ils doivent parier sur plusieurs événements à la fois et gagner tous leurs paris afin de pouvoir réaliser des gains. S'ils veulent parier sur des événements sportifs uniques, les Canadiens ont actuellement trois options : les preneurs de paris étrangers, illégaux, ou de certains États américains. Il y a environ deux ans et demi, les États-Unis sont entrés en territoire similaire avec l'abrogation par la Cour suprême de la Professional and Amateur Sports Protection Act, ouvrant la voie à la légalisation des paris sportifs dans certains États. Depuis, les opérateurs ont beaucoup investi pour acquérir de nouveaux clients, lancer de nouveaux produits et créer des partenariats stratégiques. Cependant, ces changements ont aussi montré que les opérateurs doivent tout de même trouver un juste équilibre et composer avec les cadres réglementaires, ce qui serait également le cas ici au Canada. Étant donné l'augmentation massive des dépenses en réponse à la pandémie de COVID-19, le moment ne pourrait pas être plus opportun pour la création de nouvelles possibilités pour les économies provinciales.

Selon la Canadian Gaming Association (en anglais), les 14 milliards de dollars susmentionnés sont répartis comme suit : 10 milliards de dollars vont au marché noir et les 4 autres milliards aboutissent dans des comptes à l'étranger par l'entremise de divers sites de jeu en ligne. Au Canada, les paris sportifs au moyen de produits de loterie liés au sport qui sont gérés par les provinces représentent la somme relativement faible de 500 millions de dollars. Le projet de loi C-13 vise à modifier le Code criminel en abrogeant tout simplement l'alinéa qui énonce l'interdiction de pari sur les épreuves uniques.

L'ouverture du marché des paris sportifs rapporterait d'énormes sommes d'argent aux économies provinciales et créerait des possibilités d'emploi au moment précis où on en a le plus besoin. Comment les acteurs de l'industrie devraient-ils réagir? D'abord, ils doivent reconnaître que ce changement n'affectera pas l'ensemble des 14 millions de dollars – le marché noir et les options à l'étranger ne disparaîtront pas, et de nombreux parieurs auront développé une fidélité à leurs plateformes en ligne et autres options de jeu privilégiées. Ils peuvent toutefois s'attendre à voir graduellement la couleur d'une part importante de ces revenus à mesure que le marché s'ouvre et que de nouveaux produits de pari sont offerts, ne serait-ce que parce que la plupart des Canadiens auront tendance à préférer les activités légales aux activités illégales.

Pour l'instant, toutefois, les autorités provinciales régissant les jeux ainsi que les acteurs commerciaux devront trouver un équilibre entre les nouveaux investissements dans les produits à événement unique et la capacité de les mettre sur le marché rapidement, tout en veillant à ce que les changements qu'ils apportent soient conformes à la nouvelle loi. Et bien qu'il y ait encore de l'incertitude quant au moment de l'approbation du projet de loi final, une chose est certaine :

Les paris sont ouverts.

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