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Le dilemme millénial

Le dilemme millénial

Le dilemme millénial

Martin Joyce | Author,

L'accès à la propriété a toujours été un important rite de passage à l'âge adulte pour les Canadiens, de même qu'un moyen d'assurer leur avenir financier. Les jeunes trouvent néanmoins que cet accès n'est pas aussi facile que par le passé.

KPMG au Canada a récemment commandé un sondage dans le cadre duquel les milléniaux devaient répondre à des questions sur la retraite et l'abordabilité des logements–certains des résultats obtenus sont saisissants. Près de la moitié des répondants âgés de 23 à 38 ans considèrent l'accès à la propriété comme un rêve impossible, même si la majorité d'entre eux espèrent devenir un jour propriétaires d'une maison. Les prix exorbitants des maisons, en particulier dans les marchés prisés de Vancouver et de Toronto et en comparaison du revenu annuel moyen, empêchent ces jeunes de se constituer un pécule appréciable.

Ceux qui ont eu la « chance » d'acheter une maison l'ont fait en s'endettant considérablement, ce qui les rend vulnérables aux ralentissements économiques et entrave leur capacité à épargner en vue de la retraite. Les milléniaux ont en moyenne besoin de 13 ans pour amasser une mise de fonds, alors qu'il n'en fallait qu'environ cinq à leurs parents, au milieu des années 1970. Ils retardent ainsi leur épargne-retraite et craignent que celle-ci ne soit pas suffisante.

Les milléniaux font donc face à un dilemme : acheter une maison ou commencer à épargner en vue de la retraite. Qui plus est, aucun de ces deux scénarios ne semble aussi prometteur qu'ils ne l'étaient pour les générations précédentes. S'ils achètent une maison, ils craignent que le prix payé soit tellement élevé que la valeur de leur maison diminuera dans l'avenir. À l'inverse, s'ils choisissent d'épargner en vue de la retraite, ils se privent d'un actif dont ils pourraient avoir besoin au moment de la retraite.

La retraite ne semble pas non plus aussi prometteuse. Une vaste majorité des répondants de tous les groupes d'âge du sondage de KPMG croient qu'il y aura un manque à gagner dans l'épargne-retraite dans 30 ans et qu'il faudra davantage de prestations gouvernementales pour répondre aux besoins financiers. Et presque tous les milléniaux croient que l'âge de la retraite sera rehaussé et qu'ils travailleront bien au-delà de l'âge de 65 ans.

En ce qui concerne leurs perspectives financières, les milléniaux sont dans une véritable impasse.

Faits saillants du sondage

  • 72 % des milléniaux disent avoir pour objectif d'accéder à la propriété, mais 46 % considèrent qu'il s'agit d'un rêve impossible.
  • Parmi ceux qui ont réussi à acheter une maison, 46 % ont obtenu l'aide de leurs parents et 38 % croient que la valeur de leur maison diminuera dans l'avenir;
  • 82 % de l'ensemble des répondants estiment qu'il leur faudra davantage de prestations de retraite dans l'avenir, 89 % estiment qu'Ottawa doit en faire plus pour protéger les régimes de retraite, et 83 % affirment que les régimes d'épargne-retraite tant publics que privés devront faire l'objet d'une refonte.