• Lisa Park, Author |
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Tout récemment, on nommait KPMG au palmarès des meilleurs employeurs pour la diversité au Canada pour la quinzième année consécutive, un formidable exploit qui ne m'a pas surprise. Travaillant chez KPMG depuis longtemps, j'ai été maintes et maintes fois témoin directe des efforts que les gens sont prêts à faire pour appuyer notre stratégie d'inclusion, de diversité et d'équité (IDE). Je suis vraiment fière que le cabinet ait pris cet engagement et qu'il reconnaisse l'importance d'accepter les différences en plus de faire en sorte que chacun se sente inclus et égal aux autres. Non seulement est-ce la bonne chose à faire, mais c'est aussi un parti judicieux sur le plan commercial. En effet, les chiffres indiquent invariablement que les organisations ayant des stratégies d'IDE ciblées réalisent des profits supérieurs à la moyenne et obtiennent des taux supérieurs d'attraction, de fidélisation et d'innovation en matière d'effectifs.

Prenons les statistiques suivantes : même si plus de 90 % des organisations ont pris acte de ces faits et adopté une stratégie d'IDE, seulement 4 % de ces stratégies tiennent compte des personnes en situation de handicap, comme le mentionne la revue Harvard Business Review (en anglais) qui cite un rapport du Return On Disability Group (en anglais). Étant moi-même dans cette situation, ces chiffres sont choquants. Comment se fait-il qu'à peine 4 % des employeurs pensent à inclure l'une des plus grandes communautés marginalisées du monde? Les personnes en situation de handicap représentent près de 15 % de la population mondiale, et nous sommes plus de six millions au Canada seulement. Comment les employeurs peuvent-ils nous oublier?

(Soyons clairs, KPMG au Canada fait partie du 4 %. Bien qu'il y ait encore de travail à accomplir, la direction est visiblement engagée à inclure les personnes en situation de handicap, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je suis fière de travailler au cabinet.)

Mais voilà, la vérité est que, lorsqu'il est question des personnes en situation de handicap en milieu de travail et dans la société en général, nous sommes encore bien loin de l'égalité et de l'inclusion. Nous sommes très loin de considérer leur différence comme un atout plutôt qu'un objet de pitié. Ce manque à gagner m'est apparu nettement il y a peu lorsque j'ai dû garer ma voiture dans un espace réservé aux « personnes handicapées1 » deux fois en une semaine. Je n'arrive pas à croire qu'on emploie encore ce terme péjoratif. Le mot handicapé fait très clairement référence à ce qui est déficient et désavantagé, à ce qui doit surmonter un obstacle ou un fardeau; enfin, à une personne incapable de vivre une vie « normale ». J'aurais pensé qu'à notre époque nous serions en mesure de reconnaître que chaque personne est différente et que le concept de « normalité » est caduc.

L'autre vérité est que les personnes présentant une incapacité sont résilientes, car elles doivent faire face aux changements ou s'adapter à de nouvelles façons de faire les choses. Elles doivent être efficaces pour trouver la meilleure solution aux tâches quotidiennes afin d'économiser leurs efforts. Elles doivent chaque jour faire preuve d'inventivité pour surmonter les obstacles d'une société peu ou pas accessible qui ne favorise pas leur productivité. La résilience, l'efficacité et l'inventivité ne sont-elles pas exactement le genre de qualités que recherche tout employeur? Les personnes en situation de handicap ne mettent pas de côté ces qualités lorsqu'elles vont travailler; elles les mettent en pratique en toute circonstance. Dans un marché qui cherche désespérément de la main‐d'œuvre qualifiée, ces 15 % de la population mondiale qui sont des personnes en situation de handicap méritent plus que 4 % d'attention dans les stratégies d'IDE.

Je ne crois pas, en mon for intérieur, que l'on puisse exclure sciemment les personnes qui présentent une incapacité. Mais comme le dit ma citation préférée : « Si vous n'incluez pas quelqu'un de façon intentionnelle, délibérée et proactive, vous l'excluez involontairement. » Il me semble parfois que nous l'avons oublié. J'espère que nous nous en souviendrons bientôt.

1 L'anglais distingue nettement les termes disability et handicap, une distinction qui n'existe pas en français. L'auteure emploie ici le second terme, qui est connoté négativement.

  • Lisa Park

    Lisa Park

    Author, Director, Strategy and Operations

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