• Tom Rothfischer, Author |
6 minutes de lecture

Ce billet a été rédigé en collaboration avec Alison Glober, associée, Services-conseils, et Gavin Lubbe, leader national, Services-conseils — Management, Opérations et KPMG Lighthouse.

Seule une transformation amènera les sociétés immobilières à être « axées sur les données ». Et le titre de ce billet, « La planification à rebours », signifie qu'il leur faudra d'abord définir ce qu'elles veulent accomplir. Elles pourront ensuite procéder à rebours pour déterminer quels renseignements seront nécessaires pour atteindre leurs objectifs, et quels jeux de données leur permettront de mettre leurs visées en évidence.

Souvenez-vous que les données ne sont qu'un catalyseur. En déterminant d'emblée ce qu'elles doivent tirer de leurs données, les sociétés immobilières peuvent se doter des compétences, des stratégies et des technologies nécessaires pour recueillir les renseignements pertinents auprès des bonnes sources afin de les mettre à profit.

De nombreux cabinets canadiens empruntent déjà cette voie. Dans mon dernier billet, j'ai parlé de certains résultats provenant de la plus récente version du sondage annuel de KPMG sur les données immobilières à l'échelle mondiale. Les répondants canadiens (que le rapport principal ne traite pas en détail) nous ont appris que 42 % d'entre eux déploient un effort coordonné pour recueillir, gérer et analyser des données dans l'ensemble de leur organisation. Ils effectuent donc en amont les travaux nécessaires qui détermineront pourquoi axer leur organisation sur les données avant même d'élaborer le plan d'action pour y parvenir.

Quelle que soit l'approche adoptée, les organisations qui utilisent le mieux ces données sont celles qui :

  • tirent rapidement des données exactes et pertinentes de sources fiables et triées sur le volet;
  • recourent aux données pour gérer leurs propriétés plus efficacement (p. ex., pour l'entretien prédictif, la rationalisation des processus ou les stratégies de rétention des locataires);
  • utilisent des technologies de collecte de données (p. ex., la surveillance en temps réel, des capteurs et des systèmes basés sur l'Internet des objets) pour élaborer des stratégies énergétiques encore plus intelligentes;
  • tirent parti des données du marché et du secteur d'activité pour orienter leurs investissements et leurs opérations dans le marché;
  • comparent leurs actifs à ceux de compétiteurs et à des portefeuilles qui leur sont semblables;
  • cherchent des façons d'utiliser les données pour améliorer l'expérience des locataires (s'il y a lieu).

Ces signes révèlent un engagement à devenir, et à demeurer, une organisation axée sur les données. Le défi, évidemment, est de maintenir le cap.

Des sources fiables
Pour qu'une stratégie en matière de données soit efficace, elle doit reposer sur des sources à la fois précises et actualisées – et ces sources ne se valent pas toutes. En effet, chacune peut varier en matière de priorité et d'accessibilité, et comporter des exigences qui lui sont propres (p. ex., sur le plan de la gouvernance et de la sécurité).

C'est pourquoi les organisations doivent réaliser un contrôle diligent lorsqu'elles sélectionnent leurs sources. Pour y arriver, elles doivent analyser les vastes quantités de données qu'elles possèdent pour déterminer desquelles tirer les renseignements les plus précieux, puis élaborer une stratégie et une architecture relatives aux données en gardant à l'esprit les résultats du moissonnage de celles-ci.

Les sociétés immobilières canadiennes ont accès à de nombreuses banques de données fiables, dont des référentiels du secteur public (p. ex., Statistique Canada, bases de données ministérielles et de recensements), des référentiels publics non gouvernementaux (p. ex., Google Public Data Explorer et l'Organisation mondiale de la santé) et une mine de ressources en ligne du secteur privé. Peu importe les ressources qu'une organisation choisit, il est essentiel qu'elles soient bien structurées et mises à jour régulièrement. Ainsi, l'organisation s'assurera de prendre des décisions fondées sur les renseignements les plus pertinents.

Un accès à l'échelle de l'organisation
Les données ne sont pas faites pour demeurer en vase clos ni pour être exclusives aux services de TI. De fait, elles doivent plutôt être intégrées et transmises à l'échelle de l'organisation afin de pouvoir accomplir leur fonction : fournir des indications fiables pour tous les secteurs de l'entreprise.

Il est important que toute personne qui prend des décisions importantes dans une société immobilière ait accès aux données (du « lac de données », par exemple) de manière simple et sécuritaire, peu importe l'origine de celles-ci. À ce chapitre, il est possible de faire mieux, puisqu'à peine 12 % des sociétés immobilières canadiennes qui ont participé au sondage ont affirmé que l'ensemble de leurs équipes avaient accès aux banques de données de leur organisation.

De même, le fait que 70 % des entreprises canadiennes n'aient pas l'intention de partager leurs données avec leurs locataires en vue d'améliorer l'expérience de ceux-ci indique qu'elles passent à côté d'occasions. Il est vrai que les sociétés immobilières doivent faire preuve de diligence à l'égard des destinataires de leurs renseignements et des moyens de communiquer ceux-ci. Néanmoins, il leur est avantageux d'étudier comment partager les données de façon à améliorer la sécurité, la satisfaction et le taux de rétention des locataires. Car, tout ce qui peut se révéler bénéfique aux propriétaires, aux gestionnaires et aux locataires d'immeubles mérite d'être envisagé.

Au-delà des machines
Devenir une organisation axée sur les données ne se résume pas à s'équiper de machines et de systèmes plus intelligents. Ce qui compte, c'est d'employer une main-d'œuvre capable de choisir les bons outils de données et de les utiliser efficacement au sein de votre entreprise. Voilà une occasion d'améliorer les compétences des professionnels de l'immobilier pour qu'ils profitent pleinement du corpus de leur organisation, d'autant plus que seulement un tiers (35 %) des sociétés immobilières canadiennes indiquent que leurs employés possèdent les connaissances nécessaires pour tirer parti de leur lac de données. Et comme à peine 3 % des organisations font appel à des experts en science des données pour combler les lacunes à ce chapitre, recruter d'autres spécialistes des données qui assureront la survie de votre stratégie sera tout aussi efficace.

Pareille stratégie, toutefois, n'est jamais immuable. Il faut évaluer et gérer en permanence les capacités de son effectif pour savoir quand et dans quelle mesure la reformation, le remplacement et le perfectionnement se révéleront nécessaires.

Au bout du compte, la mise en œuvre d'une stratégie en matière de données représente un investissement de temps, d'effectifs et de ressources. Comme Confucius l'a dit : « L'homme qui déplace une montagne commence par transporter de petites pierres. » En d'autres termes, il faut d'abord décomposer son plan en étapes simples, que l'on franchira une à une jusqu'au but ultime.

Adopter, puis mettre à exécution une vaste stratégie exhaustive en matière de données peut prendre des années – et il est facile de dévier de sa trajectoire lorsqu'on ne peut constater les fruits de son travail à court terme. C'est pourquoi il est important d'utiliser les données de façon à accroître progressivement la valeur qu'elles génèrent pour votre entreprise. Pour y arriver, il faudra susciter l'enthousiasme des membres de votre personnel envers les données, s'assurer que les dirigeants gardent les objectifs bien en vue, et faire constamment le lien entre les renseignements fournis par ces données et les résultats de l'entreprise.

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