• Shane Doig, Author |
4 minutes de lecture

À titre de nouveau leader national du secteur de l'énergie chez KPMG au Canada, j'ai l'honneur de collaborer avec des organisations de ce secteur en vue de stimuler plus avant l'innovation à l'échelle mondiale. En fait, je suis certain que le Canada continuera d'être une source essentielle et écoresponsable de ressources stables qui soutiendront la transformation d'énergie à l'avenir.

L'innovation et la transformation sont depuis longtemps des thèmes récurrents dans le secteur de l'énergie au Canada et, maintenant plus que jamais, notre industrie est à l'avant-garde. Toutefois, de nombreuses entités du secteur de l'énergie et des services énergétiques sont toujours en mode de reprise post-pandémique. Elles doivent donc continuer de se concentrer sur la reprise de leur situation financière avant de faire un pas de plus dans le nouveau monde de l'énergie.

Il est certain que la pandémie mondiale a mis à l'épreuve la résilience du secteur de l'énergie. Des acteurs de toutes tailles sont encore aux prises avec les fluctuations du marché, la volatilité des prix des produits de base, les obstacles liés à la chaîne d'approvisionnement, l'évolution rapide de la réglementation et la pénurie de main‐d'œuvre. Et même si certaines entreprises ont bénéficié du soutien du marché des capitaux d'emprunt, le Canada a perdu nombre de bons joueurs au cours des derniers bouleversements.

Malgré tout, le prix du pétrole a rebondi (prix pour le moins volatil), le prix du gaz naturel demeure à un niveau attrayant et les producteurs montrent des signes d'optimisme, comme en témoignent les budgets de dépenses en capital de 2022. Pour satisfaire les investisseurs et maintenir le cap durant la transition énergétique, les conversations doivent porter sur la répartition des capitaux. Les flux de trésorerie d'exploitation (notez l'utilisation de l'expression préconisée pour les PCGR; je me conforme au Règlement 52-112 maintenant en vigueur) devraient-ils être utilisés pour la réduction d'autres dettes, des programmes de forage et d'expansion, la poursuite de l'abandon des puits, le remboursement de capital aux investisseurs ou, plus que jamais, la carboneutralité et les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (EGG)? Le défi posé par l'affectation des capitaux a-t-il déjà été plus difficile à relever?

Vers la carboneutralité
Le Canada demeure déterminé à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Ainsi, les acteurs du secteur de l'énergie ont l'occasion de combler la demande de pétrole et de gaz d'ici là et d'assurer leur position dans la transition énergétique à venir. Le statu quo n'existe plus et les entités devront s'adapter à la demande toujours croissante de nombreux tiers en vue de respecter les engagements climatiques du Canada, quel que soit le point de vue de chacun à ce sujet. Les entreprises devront se pencher attentivement sur le chemin qu'elles traceront à mesure que nous nous rapprocherons de la carboneutralité. Cela complique davantage l'affectation de capitaux, en perpétuelle concurrence.

À mesure que l'objectif zéro émission nette se concrétise, certaines entreprises pourraient trouver avantageux d'investir dans d'autres sources d'énergie établies, comme l'énergie éolienne, solaire ou nucléaire. Celles qui cherchent à s'éloigner davantage de leur activité principale devraient le faire avec prudence, car s'aventurer dans un nouveau secteur, même s'il est similaire, peut présenter des risques et des défis considérablement différents. Les entreprises doivent aussi se méfier du désinvestissement comme outil de réduction de l'empreinte carbone. Nous avons constaté que le désinvestissement qui touche les sables bitumineux se fait dans des parcs ou des installations en aval, ce qui réduit les émissions de l'entité. Mais est-ce que cela fait vraiment avancer la transition énergétique? La perte de flux de trésorerie d'exploitation pourrait avoir une incidence négative sur les fonds nécessaires à la mise en œuvre d'une stratégie globale de réduction du carbone.

Les crédits carbone, quant à eux, ne sont pas une nouvelle stratégie, mais ils se développent rapidement. Et parce qu'il y a une limite physique à la quantité de carbone qui peut être éliminée, réduite, piégée ou stockée, les crédits pourraient jouer un rôle clé dans les années à venir. Toutefois, la prudence est de mise. Les capitaux devraient-ils être investis dans des crédits de réduction ou compensatoires? Devraient-ils être davantage utilisés pour des technologies de captage du carbone et d'atténuation du méthane ou pour l'amélioration des installations de traitement et de raffinage? Ou dans le méthanol, l'hydrogène, les technologies d'énergie thermique et dans la liste sans cesse croissante des technologies propres que le secteur encourage et développe? Chose certaine, l'investissement dans des technologies ou des processus opérationnels de base qui réduisent les émissions de méthane et de carbone aura un impact plus durable que l'achat de crédits.

Aller de l'avant en maintenant l'équilibre
La transition énergétique n'a pas la même signification pour tous les acteurs. Certains chercheront des occasions à saisir, tandis que d'autres intensifieront leurs efforts pour trouver des options énergétiques différentes. D'autres encore rechercheront des partenariats qui les aideront à opérer ce changement. Cependant, tous ont en commun la nécessité d'entreprendre le parcours post-pandémique avec des finances équilibrées pour que la transition énergétique repose sur des bases solides.

La transition approche, et elle sera ardue, c'est clair. Heureusement, notre industrie maîtrise le rodéo, et, grâce au Stampede de Calgary et autres, nous aurons l'occasion de participer à des événements de classe mondiale cet été.

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