• Sunil Mistry, Author |
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Les investissements en capital de risque au Canada ont été astronomiques au début de l'année, et même s'ils ont légèrement ralenti durant la saison estivale, c'est un trimestre qui devrait figurer dans les annales.

Les investissements canadiens en capital de risque se sont chiffrés à 2,62 milliards de dollars américains au troisième trimestre et sont classés au troisième rang des investissements les plus importants jamais enregistrés pour un trimestre, selon le rapport Venture Pulse de KPMG Entreprise pour le troisième trimestre de 2021. Ainsi, 202 opérations ont été recensées pour le troisième trimestre, ce qui est un nombre impressionnant compte tenu du fait que durant les mois de juillet et d'août, plusieurs avocats, comptables et conseillers étaient probablement à leur chalet (ou à leur camp, selon l'endroit au Canada où l'on habite) en train de se reposer.

Le ralentissement des activités d'investissement en capital de risque correspondait à ce que l'on observe normalement pour un troisième trimestre où l'activité est modérée, mais l'année 2021 a été toute sauf normale. La première moitié de l'année a été particulièrement vigoureuse en matière d'investissement : au Canada, l'investissement en capital de risque s'est élevé à 10,1 milliards de dollars américains. Cette situation est attribuable à certains facteurs comme le fait que la demande refoulée était considérable, que les multiples avaient atteint des sommets vertigineux et que les réserves de trésorerie avaient enfin été employées à des fins d'investissement.

Maintenant que tous les employés sont retournés au bureau, on s'attend à ce que les activités s'amplifient au cours des prochains mois. Comme un nombre important d'opérations d'investissement en capital de risque et de capital-investissement sont déjà en cours, les activités pourraient atteindre des sommets jamais vus au quatrième trimestre.

Activités liées aux PAPE
La taille des opérations croîtra probablement à mesure que les jeunes pousses canadiennes prendront de l'envergure. On remarque qu'il y a beaucoup plus de capital de croissance au Canada et que les jeunes pousses qui auraient habituellement déjà procédé à la vente de leur entreprise poursuivent des rondes de financement de séries C et D plus importantes.

Les activités liées aux stratégies de sortie pourraient également devenir monnaie courante au cours des prochains mois alors que des entreprises envisageront de procéder à un premier appel public à l'épargne ou de poursuivre d'autres occasions de fusion et acquisition. Nous avons déjà constaté que les entreprises qui souhaitent devenir une société ouverte par suite d'une évaluation qui leur a attribué une valeur élevée s'affairent à de nombreux préparatifs. Par conséquent, je m'attends à ce qu'il y ait au moins quelques PAPE au cours de chacun des trois prochains trimestres.

Parallèlement, le monde virtuel qui s'impose de plus en plus rend les jeunes pousses canadiennes plus intéressantes et plus accessibles aux investisseurs du monde entier. Au cours des 20 derniers mois, beaucoup d'affaires ont été menées par vidéoconférence, et par conséquent, les investisseurs en capital de risque se sont rendu compte qu'ils pouvaient aller au-delà de leurs alentours pour dénicher de bonnes occasions, ce qui fait qu'ils investissent maintenant à l'étranger. Ainsi, il pourrait y avoir plus d'investissements en capital de risque en provenance des États-Unis, de l'Asie et d'ailleurs canalisés vers les entreprises canadiennes. Qu'il s'agisse d'une caisse de retraite, d'un fonds spéculatif, d'une société de capital-investissement ou d'un acteur important d'un secteur donné qui achète un plus petit concurrent, les investissements dans de jeunes pousses canadiennes seront probablement de différentes tailles et proviendront de diverses régions. Le succès des quelques PAPE qui ont été grandement médiatisés au cours des dernières années a démontré à tous que les jeunes pousses canadiennes ont la capacité de croître, et qu'elles n'ont pas besoin de s'installer dans la Silicon Valley pour donner un essor à leurs entreprises.

Secteurs à surveiller : technologie de la santé et technologie financière
Les investissements en capital de risque au Canada demeureront solides et seront orientés vers un large éventail de secteurs. Les investissements seront stimulés en majeure partie par la technologie de la santé, la biotechnologie et la technologie financière. Par ailleurs, c'est le moment opportun pour investir davantage dans la technologie de la santé parce que les entreprises de ce secteur ont la capacité pénétrer un marché assez rapidement grâce à la transformation numérique rapide des soins de santé pendant la pandémie mondiale. Le développement et le déploiement des vaccins contre la COVID-19 ont démontré que la paperasserie a constitué un frein aux activités des entreprises du secteur des soins de santé depuis des années et qu'une fois éliminée, les investissements affluent.

La technologie financière continuera également d'attirer des investissements, surtout dans des domaines comme le traitement des paiements. Les entreprises qui n'avaient pas de présence en ligne avant la pandémie (p. ex., certains détaillants) ont dû passer au mode connecté, créant de ce fait une occasion favorable pour les entreprises de services de traitement des paiements. Ainsi, vous pouvez vous attendre à ce que chaque semaine de plus en plus d'entreprises de ce genre procèdent à des rondes de financement. L'entreprise qui réussira demain à amasser 100 millions de dollars est probablement une entreprise que vous ne connaissez même pas aujourd'hui.