• Lisa Park, Author |

4 minutes de lecture

La semaine dernière marquait la Semaine nationale de l'accessibilité, au cours de laquelle nous avons non seulement célébré les contributions des Canadiens handicapés, mais aussi souligné les efforts des personnes, des communautés et des milieux de travail qui s'emploient à éliminer les obstacles à l'accessibilité et à l'inclusion. Bien qu'il s'agisse surtout d'une semaine pour prendre conscience des défis que pose un environnement inaccessible aux personnes handicapées, c'est aussi l'occasion d'insister sur le fait que nous bénéficions tous d'une société et d'une économie inclusives et accessibles.

Je suis atteinte de sclérose en plaques depuis presque aussi longtemps que je travaille chez KPMG, mais ma mobilité n'a commencé à se détériorer qu'il y a 7 ou 8 ans. C'est alors que j'ai réalisé à quel point notre société peut être inaccessible. Les obstacles sont partout : des trottoirs qui se terminent abruptement aux boutons d'accessibilité placés au mauvais endroit, en passant par les installations qui n'ont pas de cabines de toilette adaptées ou qui n'ont pas de rampe d'accès devant la porte. Il y a des jours où j'arrive à surmonter ces obstacles sans problème, mais je ne vous cacherai pas qu'il y a aussi beaucoup de jours où il m'est tout simplement plus facile de rester à la maison et de vivre en isolement. C'est dans ces moments que je me sens le plus handicapée, comme si je ne faisais pas partie de la société ou que je n'avais pas d'importance.

Si la dernière année et demie nous a tous éprouvés à bien des égards, elle a aussi permis de prouver qu'une entreprise qui prend un engagement envers l'inclusion est une entreprise plus forte et plus à même de s'adapter au changement. Chez KPMG, la collaboration avec nos « réseaux d'employés » nous a permis d'offrir notre soutien à nos employés, à nos clients et à nos communautés pendant cette période extrêmement difficile et a démontré que nous sommes plus forts ensemble.

L'un des réseaux qui ont vu le jour durant la pandémie est le Comité consultatif sur l'accessibilité (AAC), que je préside et qui est composé d'employés de KPMG qui s'identifient soit comme personnes avec un handicap, soit comme proches aidants d'une personne ayant un handicap. Les membres du comité ont pour mission de se soutenir les uns les autres et de sensibiliser le personnel de KPMG aux mesures à prendre pour rendre notre milieu de travail encore plus accessible aux personnes handicapées, qu'il s'agisse de notre infrastructure, de notre technologie ou de nos installations. Notre premier grand événement de sensibilisation, dont je me souviendrai toujours comme l'un de mes plus grands moments de fierté en 20 ans de carrière chez KPMG, a eu lieu le 3 décembre 2020. Il s'agissait du premier sommet de KPMG sur la Journée internationale des personnes handicapées.

Bien que personne ne cherche intentionnellement à exclure les personnes handicapées de la société, les obstacles à l'accessibilité les empêchent d'y participer. Ironie du sort, les mesures de confinement découlant de la COVID-19 se sont avérées être un énorme soulagement pour moi. Tout d'abord, l'isolement était soudainement différent. Je ne me sentais plus seule ou handicapée, parce que tout le monde était coincé à la maison. Je n'avais plus l'impression de ne pas contribuer à la société à cause du manque d'accessibilité, parce que presque rien n'était accessible à personne. J'ai commencé à recevoir des invitations à de plus en plus d'événements et conférences virtuels, événements auxquels je n'étais jamais invitée à cause de mon emplacement ou de mes problèmes de mobilité. Quand vous me voyez à l'écran, vous ne savez pas que je suis dans un fauteuil roulant. La stigmatisation que je ressentais souvent n'existait plus. Curieusement, le confinement m'a fait sentir incluse et que mon handicap n'avait pas d'importance.

Bien entendu, je suis consciente que les mesures de confinement associées à la COVID-19 ont eu des répercussions différentes sur chacun d'entre nous. Elles ont apporté un certain soulagement aux personnes ayant un handicap ou qui comme moi ont une déficience physique, mais elles ont aussi représenté des défis, notamment pour les proches aidants de personnes ayant un handicap ou pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale et qui dépendent fortement de soutien social qui n'était plus disponible.

Quand nous reviendrons à la « normale », j'espère vraiment que les gens se souviendront du sentiment d'isolement qui découle du fait de ne pas pouvoir participer pleinement à la société. Le sentiment que rien ne vous est accessible. C'est un sentiment auquel les personnes ayant un handicap font face tous les jours parce que notre société n'est pas pleinement accessible, alors que ça ne devrait pas être le cas.

Et s'il y a une chose que je pourrais demander aux lecteurs, ce serait ceci : de plaider en faveur d'une meilleure accessibilité. De remarquer les obstacles et de demander, par exemple, l'installation de rampes d'accès dans les immeubles qui ne sont autrement accessibles que par des escaliers. De demander le rapprochement des boutons d'accessibilité afin qu'une personne en fauteuil roulant ou avec une poussette puisse réellement les utiliser. Ou si vous travaillez ou visitez un espace public en cours de rénovation, demandez des salles de bain accessible s'il n'y en a pas déjà. De simplement remarquer les obstacles et de les signaler. Ces simples gestes pourraient faire une réelle différence.

Nous sommes tous touchés par la situation actuelle, alors rendons la société plus accessible à tous.

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