• Lesley Luk, Author |
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Il y a un peu moins d'un an, alors que la COVID-19 resserrait son emprise sur tous les aspects de notre vie, KPMG publiait un article explorant les effets que la pandémie était susceptible d'avoir sur le secteur des médias et du divertissement (M&D). Nous écrivions notamment que « dans un souci d'équilibre entre le travail et la famille, la santé et le bien-être, les gens pourraient être portés à accorder une plus grande place aux loisirs, et donc aux médias et au divertissement qui en constituent une part importante ».

Une année – très difficile – plus tard, la situation s'est révélée en grande partie vraie. Certains segments ont été aussi durement touchés que d'autres secteurs, en particulier ceux qui reposent sur des rencontres sociales, tandis que d'autres ont plutôt profité de la hausse de la consommation de médias à domicile, segment qui a subi les mêmes restrictions ayant mis fin aux activités liées aux salles de spectacle, aux événements sportifs et à d'autres événements publics.

Bien entendu, les restrictions liées à la COVID ainsi que les risques pour la santé et la sécurité continuent de créer des problèmes relatifs à l'exploitation et à la répartition des risques par rapport aux coûts. Malgré le retour inévitable à la socialisation lorsque celle-ci sera de nouveau sécuritaire, il est peu probable que la popularité du modèle d'offre directe aux consommateurs (diffusion en continu) recule. Et les perspectives de ce retour à la socialisation sont de plus en plus favorables puisque la distribution les vaccins s'accroît chaque jour.

Pourtant, toutes ces perturbations entraînent un bouleversement persistant du secteur, et de nouveaux gagnants voient le jour, souvent au détriment des joueurs traditionnels. En conséquence, la volonté d'effectuer des transactions est forte et s'accompagne d'une grande confiance, puis n'oublions pas que les marchés du crédit sont grand ouverts.

Afin d'avoir la perspective la plus claire possible sur cette situation, j'ai passé quelques minutes avec Peter Graham, l'un des associés du groupe Services-conseils transactionnels. Il partage ses réflexions et, compte tenu des occasions, il indique les éléments qui devraient être pris en considération par les sociétés du secteur des médias cherchant à conclure des transactions au cours des prochaines années (le texte a été modifié par souci de clarté et de concision).

Lesley Luk : Quels types d'activités de fusion et d'acquisition observez-vous actuellement dans le secteur des médias?

Peter Graham : Évidemment, au début de la pandémie, le niveau d'incertitude était extrême. Beaucoup de décisions d'investissement ont été reportées et ce fut très tranquille en matière de transactions pendant l'été 2020. Quelques transactions ont été conclues, soit celles qui avaient été négociées avant la pandémie, mais c'est à peu près tout. Ensuite, à l'automne, le rythme s'est accéléré et nous avons vu bien des transactions de toutes sortes. Les premiers appels publics à l'épargne ont été particulièrement nombreux depuis l'hiver dernier.

Les portes sont grandes ouvertes en ce moment, mais elles pourraient se refermer très rapidement. Les marchés financiers et les marchés du crédit sont solides, puis les clauses restrictives sont raisonnables. Nous constatons également une saine concurrence entre les prêteurs, ce qui se traduit par d'excellentes conditions d'emprunt. Mais il n'y a aucun moyen de savoir combien de temps cela va durer. Les valorisations sont élevées, il s'agit donc d'un marché vendeur : un vendeur peut généralement attirer plusieurs acheteurs intéressés et sérieux, ce qui permet une forte valorisation et un processus préférentiel. Si le processus est effectué dans une certaine atmosphère concurrentielle, vous pouvez habituellement obtenir un bon prix. S'il ne s'agit pas d'une vente, vous pouvez toujours obtenir des fonds selon des valorisations intéressantes, par exemple pour que la société demeure fermée ou pour vendre une participation à un investisseur.

Il faut saisir la bonne occasion! Et être préparé!

L. L. : Alors, comment une entreprise se prépare-t-elle pour une transaction?

P. G. : Vous devez d'abord être réaliste et faire une évaluation honnête de toutes vos options stratégiques. Le recours à un conseiller vous permettra de remettre en question votre réflexion. Par exemple, si vous décidez de vendre et d'offrir votre entreprise sur le marché, comment allez-vous présenter les caractéristiques uniques de la trajectoire de croissance de l'entreprise – votre historique de votre valeur en fait – jusqu'à maintenant et pour le futur? Faites évaluer votre entreprise par des parties externes et vous comprendrez les différents facteurs de valeur. Pouvez-vous dès maintenant mettre en œuvre des stratégies d'augmentation de la valeur qui généreront un produit de vente plus élevé? Le fait de mettre en œuvre une restructuration opérationnelle visant à réaliser des économies, d'acquérir des entreprises complémentaires et d'améliorer la gestion du fonds de roulement afin de réduire les liquidités immobilisées dans le bilan sont des exemples de mesures qui permettent de rehausser la valeur.

L. L. : Ça fait beaucoup de choses à penser. Pour ceux qui prévoient une transaction d'ici les cinq prochaines années, quels sont les trois principaux éléments à retenir ou les principales mesures à prendre?

P. G. : La première chose à faire est de s'assurer que les différentes parties prenantes sont d'accord avec votre historique de valeur. Ensuite, ne laissez aucun facteur de valeur de côté et concentrez-vous à améliorer ces facteurs pendant que vous préparez votre entreprise en vue d'une vente potentielle. Enfin, à titre de conseiller financier, je vous rappelle l'importance de disposer de données réelles et d'informations financières fiables qui viendront valider votre histoire et votre plan d'affaires aux yeux des investisseurs. Étant donné que l'incertitude fait diminuer les valorisations, les données réelles contribuent à accroître la confiance des investisseurs dans le cadre du processus d'évaluation de votre entreprise.

Votre société du secteur des médias envisage d'abandonner certaines activités ou de vendre dans un avenir proche? Vous avez des questions? Communiquez avec Peter et vous obtiendrez toutes les réponses et tous les conseils dont vous avez besoin.