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  • Sunil Mistry, Author |

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Le marché canadien du capital de risque a fait preuve de résilience en 2020.

Malgré l'incertitude mondiale alimentée par la pandémie de COVID-19, l'élection présidentielle américaine, le Brexit et les tensions commerciales et géopolitiques, le Canada a enregistré en 2020 son deuxième plus haut niveau d'investissement en capital de risque. Selon le plus récent rapport trimestriel Venture Plus de KPMG Entreprise (en anglais seulement), le financement au Canada a atteint 3,8 milliards de dollars américains en 2020, en baisse de 22 % par rapport au niveau record de 4,9 milliards de dollars américains en 2019, mais de 15 % supérieur aux 3,3 milliards de dollars américains enregistrés en 2018.

Le premier confinement dû à la pandémie l'an dernier a incité de nombreux fonds de capital-risque et de capital-investissement à se concentrer sur les transactions bien entamées et à soutenir les entreprises qui figuraient déjà dans leur portefeuille. Au fil de l'année, toutefois, les mouvements de fonds sont allés aux entreprises qui mettent au point des technologies pour lutter contre les répercussions du coronavirus, selon une tendance mondiale.

Les solutions interentreprises sont soudain devenues très en demande pour répondre aux besoins d'entreprises désireuses de mieux garder le contact avec leurs télétravailleurs et d'instaurer ou d'améliorer leurs capacités de vente en ligne ou de service numérique. Les technologies financières, notamment dans les services de paiement et de prêt, ont eu davantage le vent dans les voiles lorsque consommateurs et entreprises se sont tournés vers le commerce électronique pour éviter de manipuler de l'argent. L'essor soudain de l'enseignement à distance et de l'apprentissage en ligne a aussi suscité l'intérêt pour les entreprises de technologies de l'enseignement.

Sans surprise, c'est de loin le secteur de la biotechnologie et des sciences de la vie qui a surtout bénéficié de cette tendance. Les fonds ont afflué vers cette catégorie d'actifs auparavant sous-appréciée. L'investissement est de nature risquée, mais le jeu en vaut parfois la chandelle, comme on l'a vu cette année : la valeur d'une nouvelle entreprise canadienne a presque triplé dès son entrée en bourse.

En 2020, les premiers appels publics à l'épargne (PAPE) financés par des fonds de capital-risque et de capital-investissement ont représenté 73 % des 43 PAPE de sociétés autres que des société de capital de démarrage (SCD) et de sociétés d'acquisition à vocation spécifique (SAVS), dont le produit brut totalisait 4,85 milliards de dollars, selon CPE Analytics (en anglais seulement). Ce niveau d'activité à l'égard des PAPE témoigne de la diversité du marché canadien.

La confiance des investisseurs dans les marchés publics a permis aux fonds de capital-risque et de capital-investissement d'abandonner certains investissements. Les sorties de bourse ont dépassé 6,8 milliards de dollars au Canada l'an dernier, dont 74 % au quatrième trimestre. Par comparaison, elles représentaient à peine 1,5 milliard de dollars en 2019.

Les fonds de capital-risque misent sur les secteurs prometteurs

Les sociétés de capital-risque et de capital-investissement sont appelées à miser sur les entreprises du secteur de la biotechnologie et des sciences de la vie. Parallèlement, les technologies de services financiers, d'assurance et de gestion de patrimoine et le commerce électronique resteront vigoureux. Les sociétés, en quête d'occasions complémentaires de profiter des technologies existantes, maintiendront le rythme des transactions en 2021.

Chose certaine, les sociétés de services financiers s'efforcent de numériser leurs opérations et de mettre en œuvre de nouvelles technologies pour mieux recueillir et compiler des données sur leur clientèle, déceler et surveiller la fraude et le blanchiment d'argent et améliorer leur efficacité. Cette tendance se poursuivra cette année et l'an prochain.

Cette année, les perspectives économiques sont liées de près à la rapidité de distribution des vaccins contre le coronavirus, et les investisseurs en capital-risque sont à l'affût des entreprises et des secteurs d'activité appelés à revenir à l'avant-scène si la majorité de la population est vaccinée d'ici le milieu de l'année.

Les faibles taux d'intérêt, ainsi que le vaste potentiel en attente à la suite des récentes opérations de sortie, contribueront amplement à la vigueur du marché canadien.

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