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La C.-B. mène en matière d’innovation

La C.-B. mène en matière d’innovation

La C.-B. mène en matière d’innovation

Walter Pela | Author,

L'une des plus étonnantes conclusions de la dernière enquête Perspective des chefs de la direction canadiens de KPMG est que les répondants disent avoir beaucoup moins confiance qu'avant en leur capacité à innover et à générer des perturbations (plutôt qu'à les subir) au sein de leur marché et de leur secteur d'activité respectifs. L'an dernier, une forte proportion d'entre eux, soit 96 %, s'estimaient confiants, alors qu'ils ne sont plus que 69 % cette année. Il est toutefois encourageant de constater que leur niveau de confiance est plus élevé que celui de leurs pairs à l'échelle mondiale dans leur capacité à réagir aux perturbations (73 % contre 69 %) et à prendre rapidement de l'expansion (45 % contre 32 %).

Bien que 75 % des chefs de la direction canadiens veulent aider leurs employés à oser l'innovation sans craindre l'échec, ils sont à la traîne de leurs homologues étrangers, dont 84 % en disent autant. Ce n'est pas que les sociétés canadiennes n'innovent pas ou qu'elles fassent preuve de complaisance ou même d'une prudence exagérée par rapport aux autres, assurément. Le plus souvent, c'est qu'elles posent un regard différent sur l'innovation.

Il n'en demeure pas moins qu'il y a encore beaucoup de place à la croissance et à l'amélioration. À mon avis, nous pouvons nous inspirer du milieu des technologies de la Colombie-Britannique pour montrer la voie à suivre à cet égard.

Comme nous l'avons souligné dans le Bulletin du secteur des technologies de la Colombie-Britannique, publié en novembre 2018 et rédigé en collaboration avec la BC Tech Association et BC Stats, ce secteur a crû de manière stable au cours de la dernière décennie, tandis que les autres secteurs de la province ont connu d'importantes fluctuations. Comptant plus de 10 000 entreprises, le secteur des technologies de la Colombie-Britannique joue un rôle majeur dans la croissance de la province. Englobant les médias interactifs et numériques, les écotechnologies, les sciences de la vie, les technologies de l'information et des communications, les services informatiques et les services d'ingénierie, ce secteur représente plus de 100 000 emplois pour les Britanno-Colombiens (des emplois qui paient environ 84 % de plus que la moyenne provinciale) et plus de 17 milliards de dollars de PIB.

Qui plus est, l'emplacement stratégique de la Colombie-Britannique en tant que porte d'entrée vers l'Asie ouvre de nouveaux marchés à nos entreprises technologiques et lui donne des occasions de concurrencer et de collaborer à l'échelle mondiale. Des leçons et des ouvertures qui en découlent, d'autres provinces et secteurs au pays peuvent ensuite en tirer profit. Même s'il faut de toute évidence consentir davantage d'investissements, le secteur a réalisé de remarquables progrès depuis quelques années grâce au lancement de produits technologiques et aux travaux de recherche de calibre mondial.

Ce n'est surtout pas le moment de freiner notre élan.

Il y a certains défis de taille à relever, comme avoir accès aux talents et former une main-d'œuvre de classe mondiale. Sur ce point, le discours des entreprises technologiques de la Colombie-Britannique fait écho à celui des autres entreprises du Canada : la plupart (63 %) des chefs de la direction canadiens estiment que l'incapacité de trouver les employés dont ils ont besoin constitue un obstacle majeur à la croissance, selon l'enquête de 2019. Pour comble, moins de la moitié (44 %) des chefs de la direction au Canada ont l'intention d'amener plus de 40 % de leur personnel à se perfectionner en informatique, contre 80 % des répondants à l'échelle mondiale, ce qui est plutôt décourageant.

La formation d'alliances stratégiques est l'une des avenues de croissance où les entreprises technologiques de la Colombie-Britannique se montrent exemplaires. Après tout, leur secteur se compose déjà d'un regroupement fondamental d'industries, d'établissements universitaires et d'institutions gouvernementales qui travaillent de concert pour parvenir à des fins mutuellement avantageuses. Les incertitudes économiques et politiques ont fait en sorte que le tiers des chefs de la direction canadiens privilégient les alliances stratégiques avec des tiers comme principale stratégie de croissance plutôt que les fusions-acquisitions, les coentreprises et la croissance interne. Aussi, en matière d'alliances, c'est la qualité et non la quantité qui prime pour eux.

En définitive, le rapport Perspective des chefs de la direction canadiens de 2019 révèle que notre pays est riche en visionnaires qui ne manquent pas d'ambition, mais il souligne également le décalage des organisations canadiennes par rapport à leurs contreparties étrangères. Que ce soit par manque d'expérience en matière de nouvelles technologies ou en raison de la légendaire prudence des Canadiens, toujours est-il que nos entreprises peinent à se rallier à la nouvelle « norme » numérique. Nous faisons des progrès, mais il est maintenant temps de passer à l'action en investissant dans des programmes de transformation de la main-d'œuvre et des stratégies innovantes pour combler cet écart.