Bikers on the road

Semaine de la mobilité : quelques tendances

Semaine de la mobilité : quelques tendances

Semaine de la mobilité : quelques tendances

Olivier Vanneste | Partner,

Au moment d'écrire ce blog, je me trouve dans le train entre Louvain et Aalter. Je viens d'avoir une réunion avec un client dans le centre de Louvain et j'utilise volontiers le train comme un bureau mobile pour trier mes e-mails. Depuis un an et demi, j’ai la possibilité d’opter pour le moyen de déplacement qui me convient le mieux, alors qu'auparavant, j'aurais systématiquement pris la voiture. Mon gain de temps est considérable.

À l'occasion de la semaine de la mobilité, sur la base de mon expérience personnelle et des projets de mobilité que nous avons réalisés pour nos clients, j’aimerais partager avec vous un aperçu de plusieurs tendances que nous observons dans les entreprises, en matière de mobilité. Ces tendances font que de plus en plus de travailleurs ne plébiscitent plus toujours la voiture de société.

1) Flexibilité accrue

Trop d'entreprises disposent encore d'une politique de rémunération et de mobilité fixes. Dans la plupart des cas, les travailleurs n'ont pas le choix : ils doivent accepter la voiture de société liée à leur catégorie et ne sont généralement pas en mesure d'opter pour un autre préférence.   

Cette situation est en train de changer radicalement dans de nombreuses entreprises pour diverses raisons. Premièrement, l'augmentation du coût des voitures de société en raison des normes WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures) et du coût croissant de l'impôt sur les sociétés entre en ligne de compte. Deuxièmement, la plupart des employeurs reconnaissent que la flexibilité est nécessaire pour les travailleurs : la possibilité de choisir une autre voiture (éventuellement plus petite), un vélo et d'autres formes de mobilité alternative devient une priorité au sein d'une politique de rémunération et de mobilité attrayante.      

Toutefois, la mobilité flexible n'est pas toujours facile à mettre en œuvre rapidement. Une mobilité et une rémunération flexibles ne doivent pas impliquer une gestion administrative supplémentaire trop lourde pour les RH et les équipes. Cependant, il s'agit d'une tendance que nous ne pouvons pas arrêter. Les travailleurs doivent pouvoir déterminer leur moyen de transport pour se rendre au travail ou chez le client. Différents facteurs peuvent entrer en considération.

2) Enfin un peu de clarté ? Le budget mobilité

Les principaux écueils rencontrés par la mobilité alternative sont le manque de clarté et le vide juridique. La nouvelle législation sur le budget mobilité représente un premier grand pas dans la bonne direction. Jamais une loi n’a suscité autant de discussion que celle sur le budget mobilité. Chaque jour, nous recevons des questions de la part d'entreprises sur l’implémentation concrète de ce texte. La possibilité d'échanger le budget mobilité contre un large éventail de mobilité alternative (ce qu'on appelle le deuxième pilier) est particulièrement révolutionnaire. Nous bénéficions enfin d’éclaircissements sur la nature fiscale de certains avantages qui n'existaient pas auparavant, tels que les tickets privés pour les transports publics, la trottinette électrique, le covoiturage ou la location à court terme de voitures.

Mais pourquoi le budget de la mobilité peine-t-il à s'imposer ? La législation très formelle et certaines ambiguïtés empêchent encore la plupart des entreprises de la mettre en œuvre. Certaines sociétés optent donc pour une alternative : ils mettent en place un budget mobilité, mais en dehors du cadre légal.

3) L'essor des applications de mobilité innovantes

Les applications de mobilité vous permettent de changer rapidement de moyen de transport. Les travailleurs utilisent ces applications pour réserver facilement un billet de train ou, par exemple, pour s'inscrire à un réseau de vélo partagé. Elles sont très conviviales pour l’employé et réduisent l'administration pour l'employeur. Il s'agit d'un élément décisif dans un plan de mobilité. Grâce à un plan de mobilité flexible, un travailleur réserve une certaine somme sur une application ou une carte de mobilité. Le travailleur peut alors opérer sa sélection. Les possibilités de ces applications ont été considérablement élargies ces derniers mois : beaucoup plus de fournisseurs, de planificateurs d'itinéraires multimodaux, de gestion de différents budgets etc. La large gamme d'applications et les différentes possibilités ne facilitent pas la décision de l'employeur. Conjointement, les autorités remettent également de l'ordre dans le chaos belge concernant l’offre des billets et des transports publics. Par exemple, la ville de Bruxelles prévoit de lancer sa propre application et de s'assurer que vous pouvez payer tous les transports publics à Bruxelles avec un seul ticket. Un pas de plus dans la bonne direction!

4) La popularité du leasing de vélos

Le leasing de vélos connaît un véritable essor. Dans presque tous les plans cafétéria, le vélo est proposé en tant qu’alternative. Les travailleurs obtiennent parfois un vélo lorsqu'ils passent à une catégorie de voiture inférieure. Dans d’autres cas, les employeurs donnent aussi un vélo en leasing à tous les employés. Il n'y a donc que des avantages : plus de mobilité verte, des travailleurs satisfaits, un traitement fiscal et parafiscal optimal, de meilleures infrastructures cyclables grâce aux pistes cyclables  et, surtout, la qualité supérieure de l'offre (et du service) d'un nombre toujours croissant de sociétés de leasing. Attention cependant ! Nous ne recommandons pas d'établir un plan de leasing de vélos de cette façon. Il est important de bien examiner au préalable toutes les conséquences juridiques et pratiques, sinon, des surprises peuvent attendre l'entreprise (et le travailleur).

5) Incitations pour convaincre les derniers sceptiques

Dans une entreprise, la mise en œuvre d'un plan de mobilité flexible très avantageux ne garantit pas que les travailleurs laissent la voiture de société à la maison. KPMG l'a compris lorsqu'elle a introduit un nouveau plan de mobilité en 2018. La mobilité alternative est aussi un « changement d'état d'esprit ». Moi non plus, je n'aurais jamais imaginé prendre le train ou un autre moyen de transport. Maintenant, j’ai acquis ce réflexe et à chaque réunion, je me demande quelle est la meilleure option, train ou voiture.

Priorité avant tout à la communication et à la clarté. Les travailleurs doivent connaître les alternatives dont ils disposent et quelles conséquences impliquent leurs choix. Les applications de mobilité innovantes sont très utiles à cet égard.

Mais pour convaincre tout le monde, un système d'incitants s’avère déterminant. Chez KPMG, par exemple, un travailleur reçoit une prime de 5 EUR par jour s'il utilise le train, le tram ou le bus. Le travailleur doit remplir un calendrier de mobilité en ligne. Ce coup de pouce transforme le plan en un véritable succès. Mais il existe également d'autres encouragements possibles, comme un petit-déjeuner pour les cyclistes, un événement spécial de mobilité, l'entretien gratuit des vélos etc. Les possibilités sont infinies.