Faites vos bagages : nous partons en voyage ! - KPMG Belgium
Brexit suitcase

Faites vos bagages : nous partons en voyage !

Faites vos bagages : nous partons en voyage !

Faites vos bagages : nous partons en voyage !

Jeroen Gobbin | Partner,

Il y a quelques mois, le sort des futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE était incertain. Compte tenu des récents développements, les chances d’un Brexit sans accord grandissent de jour en jour.

Dans un scénario de no deal, en ce qui concerne l’immigration, ou simplement la migration des personnes, la perspective de voir les citoyens de l’UE traités comme des ressortissants de pays tiers, me rend un peu nerveux. Ce malaise inquiet se ressent également dans le chef des dirigeants  d’entreprise. Comment suis-je au courant ? Je suis régulièrement contacté par des entreprises qui aimeraient savoir comment faire avec leurs employés qui sont concernés. Voici des exemples de questions que je reçois : Mes employés pourront-ils franchir facilement les frontières ? Qu’en est-il des coûts de la sécurité sociale et des avantages légaux ?

Cela concerne autant les citoyens britanniques vivant et travaillant dans l’UE et les citoyens européens vivant et travaillant au Royaume-Uni que les travailleurs transfrontaliers.

Et pour aller encore plus loin : je me demande si les entreprises ont pensé au cas des employés dont le salaire net sera affecté par les fluctuations monétaires causées par le Brexit. Il ne faut pas non plus négliger l’impact sur le coût total de l’emploi pour les employeurs qui prévoient des clauses de sauvegarde pour leurs employés. Avec la variation continue des taux de change, l’addition pourrait être salée pour les employeurs. Et tout se compliquerait encore bien plus en cas d’un Brexit « dur ».

Mais avant de vous expliquer à quoi pourrait ressembler la vie en cas de no deal, je pense qu’il est important de revenir au commencement et de nous rappeler comment nous en sommes arrivés là. L’Union européenne a été créée pour unir les pays européens sur les plans économique et politique. Il s’agissait de garantir la paix, de mettre fin aux déplacements de population et de faire tomber les frontières. L’Europe, et une grande partie du monde, avait été déchirée par deux guerres dévastatrices et les peuples européens avaient besoin de stabilité et d’espoir. Dans cette optique, il est tout naturel que les personnes et la migration restent un sujet sensible dans les discussions sur le Brexit.

Alors que nous nous sommes tous habitués à la liberté de voyager, de travailler, d’étudier et de vivre dans un autre État membre, cela va changer, tant pour les citoyens de l’UE que pour les citoyens britanniques, une fois que le Royaume-Uni quittera l’UE ; et encore plus si no deal il y a . Alors, comment respecter la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE tout en préservant les droits des millions de personnes concernées ?

-- Lorsque les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en souffre --

Proverbe africain

 

Jusqu’il y a peu, bien qu’il ait toujours été incertain qu’un accord puisse être conclu, les deux parties ont toujours fait preuve de bonne volonté pour limiter autant que possible l’impact négatif pour la population. Toutefois, le Royaume-Uni ayant récemment fait part de son intention de rendre l’immigration plus difficile en cas de no deal, l’UE pourrait également décider de durcir le jeu.

Mais revenons à notre sujet et intéressons-nous aux conséquences du Brexit pour les entreprises. Concrètement, cela signifie que les citoyens de l’UE résidant au Royaume-Uni devront demander une autorisation pour continuer à résider au Royaume-Uni, avec un statut « établi » ou « préétabli » accordé en fonction de la durée de leur séjour au Royaume-Uni. Pour les citoyens britanniques vivant dans l’un des 27 États membres de l’UE, des mesures d’urgence nationales ont été mises en place pour protéger leurs droits à la date du retrait en cas de no deal. Mais si le Royaume-Uni ne prend pas les mêmes dispositions, cela causerait un impact négatif sur les droits des citoyens britanniques vivant dans l’UE.

Mais même avec des procédures (claires) en place pour protéger les droits des citoyens européens et britanniques, les choses sont loin d’être simples. La bureaucratie supplémentaire et l’augmentation des coûts, tant pour les citoyens de l’UE vivant et travaillant au Royaume-Uni que pour les citoyens britanniques vivant et travaillant dans l’UE, impacteront certainement la capacité des entreprises à recruter des talents et à répondre à leurs besoins urgents. Soyons réalistes, tout cela pourrait entraîner une pénurie de compétences, tant pour l’UE que pour le Royaume-Uni.

Quelle que soit la teneur de la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE, une chose est claire : permettre aux entreprises de continuer à employer aisément des ressortissants britanniques et européens des deux côtés de la Manche reste essentiel. Et il va sans dire que cela deviendra d’autant plus difficile dans le cas d’un Brexit sans accord.

Mes conseils aux entreprises ? Premièrement, abordez cet exercice sous les deux angles en examinant votre main-d’œuvre actuelle, y compris les travailleurs transfrontaliers. Deuxièmement, prenez en compte l’impact de la nouvelle réalité de l’immigration sur votre capacité à recruter et à retenir les bons talents au bon moment et au bon endroit. Enfin, tendez proactivement la main à vos employés concernés parce qu’ils sont certainement de plus en plus mal à l’aise à mesure que nous approchons d’un Brexit « dur ».

En d’autres termes, assurez-vous de vous munir à la fois d’un écran solaire et d’un imperméable !